dimanche 18 octobre 2015

Le hibou

 
Peinture de Filipe Pagliuso

Je suis l'oiseau de Minerve, alias Athéna,
Réputé pour ma sagesse et ma vigilance,
Tels sont les deux attributs que l'on me donna ;
Et c'est précisément grâce à ma clairvoyance

Que la bonne déesse me prit sous sa protection
Et que m'adoptèrent devins et devineresses ;
Malgré mon air, je m'honore d'une telle élection
Sans que cela me mette dans un état d'ivresse.

À la nuit tombée, mon vol présage une heureuse
Nouvelle ; mais les âmes superstitieuses et peureuses
Voient en moi le funeste présage de la mort.

Je suis à la nuit ce que l'aigle est au jour ;
Je perce l'obscurité et voit tout à l'entour ;
Le crépuscule m'est une aube, sans faire d'oxymore.

Marie-Louise & Justine, Meubles héraldiques

Armoiries de la Alcuin Society (Vancouver, Colombie-Britannique, Canada)
Divisé en chevron d’azur sur argent, en chef deux livres ouverts d’argent, 
leur tranche d’or, en pointe une presse à main d’azur. 

1 commentaire:

  1. Le hibou dit à l’aigle un jour :

    Vainement au soleil tu vas faire ta cour,
    Lorsqu’il s’éloigne, à ta paupière
    Laisse-t-il un peu de lumière ?
    Pas la moindre, et ton œil fatigué de clarté
    Se ferme dans la nuit, voilé d’obscurité.
    Et mes deux yeux sont des étoiles,
    Qui me montrent l’oiseau sur la branche endormi :
    Le crépuscule est mon ami ;
    Aux déserts du chaos je me fraye une route,
    J’illumine son front par les ombres noirci.
    Oui, répondit l’aigle, mais aussi,
    Quand il fait jour, tu n’y vois goutte.
    Excentriques de tous les temps,
    Qui faites l’impossible en raison comme en style,
    Pour vous un seul prodige est toujours difficile,
    C’est d’avoir un peu de bon sens.

    Chateaubriand, Le génie du christianisme

    RépondreSupprimer