dimanche 18 octobre 2015

La louve

Toile d'Eve Ventrue

Louve solitaire à qui la meute est étrangère,
Je peux menacer l'homme mais nourrir son enfant ;
J'épargne l'agneau que berce la pauvre bergère
Autant que la biche qui veille sur son petit faon.

Si je suis de l'amour maternel le symbole,
J'ai tendance à l'exercer sans discernement ;
Quand mon cœur s'enflamme, je suis loin d'être une molle ;
Je demeure loyale et fidèle obstinément.

Jalouse et possessive, nul n'est aussi féroce
Que moi ; je ne crains pas de me montrer atroce
Contre quiconque s'en prend aux élus de mon cœur ;

De la nuit, je deviens l'animal maléfique
Et revêt ma signification héraldique ;
Cruelle et définitive, telle est ma rancœur.

Le spectre à trois faces

Blason Alexandre Louis Jules Lebrun (1780-1812) : de sable, à la louve arrêtée d'or la tête en rencontre soutenue du même et surmontée de deux billettes d'argent ; à la bordure dentelée du même : franc quartiers des barons tirés de même.

Blason de Charles-François Lebrun (1739-1824), Duc de Plaisance : de sable, à une louve arrêtée d'or, soutenue du même, surmontée de deux billettes d'argent ; au chef cousu d'azur semé d'étoiles d'or. 

Blason d'Antoine Dubois (1756-1837) : Coupé : au I, parti de sinople à une fleur de lotus d'argent et du quartier des Barons et des Officiers de la Maison de l'Empereur ; au II, d'or à la louve au naturel allaitant un enfant de carnation, le tout soutenu d'une terrasse de sinople.

Blason de la ville de Plaisance sous le Premier Empire : de gueules à la louve arrêtée et soutenue d'argent, surmontée de deux billettes du même: au chef cousu des bonnes Villes de l'Empire qui est de gueules à trois abeilles en fasce d'or.

2 commentaires:

  1. Du Troll de la Lisière.

    La louve

    Aux matins frêles des lacs de neige,
    Aux matins froids aux reflets grèges,
    Aux soleils, frissons de l'hiver,
    Je suis la louve solitaire.

    J'allais sur mes terrains de guerre,
    Cachée, chassant sur mes chemins.
    Soudain, sur un socle de pierre,
    Il m'est apparu un grand chien

    Et moi la louve, moi la reine,
    Et moi la faim, et moi l'instinct,
    J'ai posé ma tête de fauve
    Dans la fourrure du grand chien

    Et le chien, au midi frileux,
    A suivi ma piste et ma chasse
    Et j'ai cru voir dedans ses yeux
    Le reflet d'un éclair qui passe.


    Il faut croire qu'il était fou
    Quand il me suivit dans la neige.
    N'étant qu'un chien, il se crut loup
    Et prit sa patte dans mon piège.

    Mais moi la louve, moi la reine
    Et moi la faim, et moi l'instinct,
    J'ai ouvert le piège de fer
    Et mordu sa cuisse de chien

    Mais au nid, au doux crépuscule
    Entre chien et loup, au palais,
    Couchés sur notre lit d'épines,
    Moi, la louve, j'ai léché ses plaies.

    Aux matins frêles des lacs de neige,
    Aux matins froids aux reflets grèges,
    Aux soleils, frissons de l'hiver,
    Je reste la louve solitaire,
    Solitaire, solitaire, solitaire...

    Barbara (1973)

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    1. Je ne connaissais pas cette composition. Je vais l'écouter sur Youtube. Merci pour ce complément. Bonne journée le Troll, bon pied bon œil tout le long de la lisière d'Héraldie. En passant (et tout à fait sérieusement), écrire ne vous a jamais tenté ?

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