samedi 17 octobre 2015

Élévation

Toile d'Igor Morski

La chute de l'homme dans la matière ne peut produire
Que le désert de l'âme où règne la sécheresse du cœur ;
Ainsi, le monde est en voie de s'autodétruire,
Fort de ses raisons et de son esprit vainqueur,

Se consommant lui-même à belles dents carnassières
Sur lesquelles crisse déjà le sable du néant.
Plus rien ne le retient car plus aucune glissière
Ne le contient plus ; il est devenu fuyant.

La progression linéaire de l'espèce humaine
Arrive à son terme ; dès lors, tout la ramène
À la question du sens, sans cesse réactivée

Par les impasses et les insolubles problèmes
Générés par la continuité du système.
Nous n'irons plus de l'avant sans nous élever.

ML, Le chemin des étoiles

4 commentaires:

  1. Eh bien! Je me demande au nom de quoi vous pouvez affirmez cela de façon aussi péremptoire, Dame Marie-Louise?

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    1. Je ne crois pas être péremptoire, n'étant pas fataliste. J'observe toutefois que notre société patine sur elle-même, rivée à l'idée d'une croissance matérielle qu'elle s'imagine et voudrait perpétuelle, tandis que les ressources de la planète ne sont, quant à elles, pas inépuisables. Un changement d'échelle s'impose et une refondation personnelle et collective de nos valeurs. Je suis en train de lire « Les Quatre Fléaux » de Lanza del Vasto (un auteur que j'ai découvert récemment, par l'entremise de Marc) et j'y lis ceci :

      « Nous ne croyons pas à l'Aveugle Fatalité. Nous croyons à la justice de Dieu et à la fatalité qui découle de l'aveuglement coupable. À quoi reconnaît-on la Justice de Dieu ? À ceci : que chacun se l'applique avec passion et l'ajuste à son cas. Chacun récolte ce qu'il a semé et, grâce à Dieu, au centuple. C'est au semeur de connaître la semence, la semence ne se trompe jamais et pousse selon son espèce. Chacun est mesuré par la mesure dont il se sert. Celui qui s'attache à son corps ira là où vont les corps, sous terre. Celui qui aime son magot enferme son amour dans le caveau et dans la caisse. Celui qui use de l'épée périt par l'épée. Celui qui enchaîne les esclaves se rive à l'autre bout de la chaîne. Celui qui adore une idole finit par lui ressembler. Celui qui cherche la libération par les machines se prend à l'engrenage. Celui qui désintègre l'atome finit désintégré. »

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    2. Lanza del Vasto se prend-il pour Dieu avec de tels propos? Les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres et sa justice non plus, nous somme juste capables d'établir et appliquer la justice humaine qui a bien des difficultés à être juste.

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    3. Je ne pense pas qu'il se prenne pour Dieu et vous ne le croyez pas vous-même. Il ne fait que rappeler, à sa manière, la loi de cause à effet. L'avenir nous en dira plus sur les effets réels du fatum que les hommes se sont donnés. Si je me trompe aujourd'hui, j'en serai la première heureuse demain. Si le pire est toujours possible, le meilleur est tout aussi probable puisque dans l'univers tout est finalement positif.

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