dimanche 27 septembre 2015

Pénélope

Toile de Valery Vetshteyn

Te prenais-tu pour Ulysse et moi une nouvelle
Circé voulant te transformer en taureau
Docile, sans plus de volonté ni de cervelle ?
Car c'est souvent ainsi que finissent les héros

Quand la volupté les avachie dans la couche
D'une femme n'ayant de la déesse que le vernis,
Qui craque sitôt son affaire faite, et dont la bouche
Profère de belles paroles mais que son cœur dénie.

Je n'étais pas davantage la naïve Calypso
Qui crut garder pour elle l'homme sauvé des eaux ;
J'ai toujours vu dans tes yeux la mer et son large.

Aujourd'hui, à mon corps défendant, je crois bien
Me rapprocher d'une Pénélope, ne voulant rien
Désirer du monde que de vivre en sa marge.

ML, Les nuits de Chelsea

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