dimanche 20 septembre 2015

Frôlement

Toile d'Istvan Sandorfi

Est-ce bien ici, en ce lieu et en cet instant
Qu'est le bout du chemin et la Porte des Étoiles ?
Moi qui marche à tes côtés depuis si longtemps,
Je n'ai pas réussi à enlever le voile.

Pourtant, je la sens proche, je l'ai déjà frôlée ;
Je dois trouver en moi-même la clef, la formule
Pour l'ouvrir. Dans quelle histoire je me suis enrôlée !
Mais c'est sans regret ; ici, plus rien ne stimule

L'âme qui cherche un monde à sa vraie dimension ;
Mais j'ai bien compris que cette terre est en moi-même
Et que pour y entrer, je suis mon seul problème.

Cette société crispée nous met sous haute tension ;
Elle flatte nos basses pulsions et du reste n'a que faire ;
Des chaînes avalées, à chacun de s'en défaire.

Le spectre à trois faces
Recrachez vos chaînes !

4 commentaires:

  1. Justine, je réalise que c'est la 200e composition du Spectre à trois faces ! Quand je pense que tu voulais abandonner...

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    1. J'en suis moi-même très étonnée et presque incrédule. C'est vrai que j'ai eu du mal à trouver mon style, mon rythme, et j'ai effectivement failli renoncer à l'écriture car je ne me sentais pas à la hauteur, encore moins pour tenir dans la durée (cela dit, et ne t'en déplaise, je ne me sens toujours pas à hauteur). Mais Marie-Louise et toi m'avez retenue, stimulée et motivée, me conseillant d'écrire ce que je pensais, à ma manière, très à rebrousse-poil. Nous eûmes alors l'idée du Spectre. Puis-je confier aux lecteurs de ce blog que tu en as souvent été la principale Muse ? Enfin, les encouragements de Curare ont fini par me décider à garder la plume. Elle a eu les mots qu'il fallait. Venant d'une maîtresse du sonnet, je me suis sentie honorée. Je l'en remercie.

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  2. Ma bonne Amie, je me souviens... Tu te demandais : « Mais qui me liras ? Qui d'ailleurs lit encore de la poésie de nos jours ? Elle fait partie des oubliettes de l'Histoire des hommes. Comme tant d'autres choses d'ailleurs. » Je t'ai répondu : « Les hommes auront toujours besoin de poésie. Jamais elle ne mourra car elle est la vie même. Peu importe qui nous lira, l'essentiel est d'écrire. Les mots voyagent, au-delà de ce que l'on peut imaginer. La Terre est ronde et la mer revient toujours au rivage. Écris, ma Belle, écris. Je te lirai et j'aimerai ça ! » J'aime toujours ça. Merci.

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    1. Je te remercie pour ces bons mots, que tu m'as si souvent répétés, inlassablement (à la mule que je suis). Je réalise le côté magique de l'écriture, son pouvoir de nous faire changer d'échelle. L'écriture nous expose, c'est vrai, et j'y ai souvent vu comme une forme d’exhibition. Mais si personne n'écrit, si personne ne joue de la musique, ne chante ni ne peint... si personne ne fait rien, à quoi bon vivre alors ? Juste pour mener une vie biologique et triviale ? Nous aurions pu rester dans les cavernes alors ! Et n'est-ce pas ce que se proposent certains esprits régressifs : de retourner à l'âge de pierre ? Et n'est-ce pas à quoi se destine un monde techniciste, rationnel, froid et sec ? Un monde sans âme.

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