dimanche 27 septembre 2015

Félonie du temps

Toile d'Eve Ventrue

Me voici à l'apogée de mon existence,
L'âge d'or de la vie, avant le basculement
Vers la lente descente qui, malgré ma résistance,
Me condamne à disparaître finalement.

Jeunesse impétueuse, peu à peu tu t'estompes
Pour passer le relais aux jours de plate raison,
Avant de confier ton âme au dieu psychopompe
Qui te guidera vers ton éternelle maison.

Ne vaut-il pas mieux mourir dans la fleur de l'âge
Pour échapper à la nécessité d'être sage ?
Je marche sur le fil du rasoir à tout instant.

J'ai beau le remplir de moi et m'emplir de lui,
J'ai beau me dire que dans mon cœur le soleil luit,
Le temps me trahit et me dévore tout autant.

Le spectre à trois faces
Ombre et poussière
(Toile d'Alfredo Araujo Santoyo)

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