mardi 11 août 2015

Une égratignure

Peinture d'Alberto Pancorbo

J’égratigne ma chair aux épines des roses
En marchant, tout distrait, dans mon jardin, le soir.
Jardin à l’abandon, seule la pluie l’arrose,
Certains endroits pourtant sont toujours beaux à voir.

L’herbe en se flétrissant n’est pas au désespoir,
Blonde et inanimée au sol elle repose.
Les vitres du salon deviennent des miroirs
Où un autre jardin d’autres fleurs se compose.

Le ciel de ce dimanche est un beau ciel d’été,
Un ciel pour gens heureux (et nous l’avons été
Au moins quelques instants, échangeant des paroles) ;

Soyons heureux ce soir, demain il fera jour,
L’hirondelle en allée ne revient pas toujours,
Mais soyons fous un peu, car cette vie est folle.

Cochonfucius

1 commentaire:

  1. Pays de Poésie, 9-12-13 :
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    Il n’est pas oublié, le parfum d’une rose
    Que j’ai cru respirer, m’endormant, l’autre soir.
    La suite du sonnet, l’écrire ici je n’ose
    Où tous les habitants du monde iront la voir.

    De soi-même on n’a deuil, pitié, ni désespoir.
    Pour profiter du jour, un vieillard se repose
    Sitôt que c’est possible, ou, tel un vieux miroir,
    Fait surgir des reflets dans ses vers et sa prose.

    L’hiver de notre vie ne va pas vers l’été.
    D’avoir été heureux (et nous l’avons été),
    C’est de quoi mitiger ce crépuscule sombre.

    Lisons donc de beaux vers dans ce restant de jour,
    Ils ne sont point gravés au marbre pour toujours,
    Ils sont comme la neige amoncelée dans l’ombre.

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