samedi 15 août 2015

Promenade champêtre

Toile de Vicente Romero Redondo

Un jour du mois de juillet, nous nous promenions
Dans la campagne, sur un chemin champêtre
Qui longeait un grand champ de blé ; nous le prenions
Car bordé, d'un côté, de magnifiques hêtres,

À l'ombrage si bienfaisant et très apprécié,
Mais aussi parce que l'on y trouvait de belles fleurs.
Tu portais alors de vieilles spartiates rapiécées
Mais auxquelles tu accordais une grande valeur.

En voulant cueillir une mauve musquée en bordure
D'un fossé, tu glissas ; l'une des sandales lâcha,
L'autre suivit, toi, goûtant à la morsure
Cruelle d'une ronce rampante, ce qui ne t'empêcha

Pas de chercher à récupérer tes chaussures,
Riant, gloussant, tout en frottant ta jambe meurtrie ;
Disant que ce n'était là qu'une égratignure,
Que tu serais quitte pour une légère boiterie,

Ce dont tu avais l'habitude, ayant maintes fois
Perdu tes chaussures en voulant aller trop vite ; *
Qu'il n'y avait donc pas lieu qu'on s'en apitoie
Et que la petite ballade reprendrait sa suite.

ML, La douceur angevine

* Voir le billet du 9 février 2015, Berlue

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