dimanche 9 août 2015

Pierre Abélard (toujours à Saint-Denis)

Toile d’Eleanore Fortescue-Brickdale (1872-1945)

Abélard, qui connaît à présent tes discours ?
Plus parlant à nos cœurs est celui d’Héloïse,
Te demandant pourquoi tu l’avais entreprise
Pour un jour lui ôter ton marital secours.

Mais bien que ta carrière ait ainsi tourné court,
Tu gardes sur notre âme une honorable emprise.
A ce monde inhumain quand nous sommes en prise
La nostalgie nous prend de ton simple parcours.

Et quand je pense à toi, je te donne raison,
Car je connais aussi une froide saison
Où ne vit que la fleur d’un amour impossible.

Je n’ai pas fait retour, quand même, au célibat.
Autant qu’il est un cœur qui contre le mien bat,
Je ne vais certes pas devenir impassible.

Cochonfucius

2 commentaires:

  1. Une variante (Pays de Poésie, 1-7-13)
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    Abélard, dont le peuple admirait les discours
    A pour amante pris la très sage Héloïse,
    Et l’histoire nous dit combien cette entreprise
    Les laissa tous les deux sans joie et sans secours.

    Bien que leur aventure eût ainsi tourné court,
    Héloïse resta sous cette étrange emprise.
    A leur sort inhumain ces deux âmes en prise
    Ne perdirent contact, au long de leur parcours.

    Et quand je pense à eux, je leur donne raison,
    Car, n’ayant plus de fruits dans leur froide saison,
    Ils cultivaient la fleur des amours impossibles.

    J’admire même un peu leur double célibat.
    Chacun de leurs deux coeurs, qui contre l’autre bat,
    A le droit de ne pas demeurer impassible.

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  2. Magnifique ! Merci Cochonfucius pour ces deux belles compositions qui sont un bel et digne hommage à ces deux amants mythiques.

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