vendredi 14 août 2015

La voix du corps

Toile de Vicente Romero Redondo

Que me servirait d'être belle en étant creuse ?
En plus de l'esprit, ce serait gâcher la chair.
Celle qui se la joue poupée cache une âme de gueuse ;
Il n'y a guère que les hommes pour n'avoir pas ce flair.

Il n'est poule de luxe qui ne finisse poule au pot.
Je ne veux point faire de mon corps l'étui du vide ;
La flétrissure du temps aura le dernier mot,
Quoi que l'on fasse ; un jour arrive la première ride

Et dans la chevelure le premier fil d'argent ;
Je m'y prépare doucement, quoique ayant encore
Du temps devant moi ; mais quand viendront ces agents,

Ils n'ôteront rien de mon trésor intérieur
Sur qui je veille afin que rien ne l'édulcore.
J'aime mon corps, mais le dedans lui est supérieur.

Coécrit avec Marie-Louise

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