jeudi 13 août 2015

Épitaphe

Toile de Vitto Campanella

Je ne suis qu'un ego serti dans une ombre
Que l'instant emporte sans lui laisser de répit ;
Je ne suis qu'un passant dans le couloir sombre
Des jours incertains qu'attendent les soirs décrépis.

Les pauvres mots que je dépose sur la table
Ne font pas cuire le riz ni ne remplissent la coupe ;
S'ils émeuvent ou amusent, ils sont incapables
De recoudre une vie que le malheur découpe.

Pourtant, dans le fond, je n'ai vraiment que les mots
Pour panser les blessures de mon âme et ses maux.
N'est-ce pas leur magie qui nous porte ou nous déporte ?

N'est-ce pas leur lame qui nous saigne et nous tue ?
Ne sont-ce pas eux qui nous font aimer la vertu ?
Et eux encore qui engendrèrent les amours mortes ?

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