mardi 18 août 2015

Dame océane

Toile de Rafal Olbinski

Sirène, ma sœur océane, percluse de solitude,
La vraie Pénélope, c'est toi, attendant depuis
Trop de siècles du destin la mansuétude.
Ton éternelle tristesse est plus profonde qu'un puits

Car ton cœur de femme aimerait battre pour une âme ;
Ton amour est si grand, si fort, qu'il comblerait
Le désir d'une multitude ; voilà bien ton drame,
Qui est de brûler à vide, toi qui donnerait

Du plaisir tel que nul n'en a jamais goûté.
Sache que plus d'un marin s'est laissé dérouter,
Dans l'espoir de te voir, te proclamer sa flamme

Et mourir ensuite, pour avoir enfin vécu
L'apothéose. Te voir, c'est déjà être vaincu.
Même Neptune te respecte et te tient pour une Dame.

ML, Le chemin des étoiles

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