dimanche 28 juin 2015

Semailles

Toile de Karen Noles (Native American), Wind Whispers

Mes mots sont des graines sur lesquelles souffle mon âme ;
Ils contiennent le germe de ce que j'ai de meilleur ;
Ils disent, mes amis, combien je me sens femme ;
Car l'amitié m'est douce, vous en êtes les veilleurs.

Que nos mots soient tel le pollen de la fine fleur
De nos pensées afin que celles-ci se fécondent
Entre elles et portent au loin de l'amour la chaleur
Autant que la lumière ; là où le cœur abonde,

L'esprit surabonde ; car l'honneur rendu au corps
Doit de même se marquer à l'être, sans discord.
La noblesse, c'est se tenir debout dans l'instant

Car sans cette justesse-là, il n'est point de justice ;
C'est par la pleine présence que nous sommes les prémices
D'un monde partagé car c'est en nous qu'il attend.

ML, Le chemin des étoiles

2 commentaires:

  1. De Johannes Renatus.

    Dame Marie-Louise, il émane de vos compositions une grande douceur, souvent romantique, parfois un peu libertine, toujours reposante pour l'esprit de votre serviteur (surtout si ce dernier vient de quitter Dame Justine !). Cela fait longtemps que je désirais vous exprimer le plaisir que j'ai à vous lire. Voilà qui est fait.
    Bien à vous,
    JR

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    1. Johannes Renatus, vous m'honorez. Cela me touche. Je vous en remercie. Mais vous n'en manquez pas une pour faire de l'esprit, toujours très élégamment d'ailleurs :-) J'aime la finesse de votre humour. Il est vrai que Justine a son propre style, où transparaît son tempérament qu'elle a parfois impétueux. Je dis parfois car dans la vie, c'est une femme d'une grande gentillesse et d'une tendresse infinie, veillant jalousement sur ceux qu'elle aime. L'écriture, je ne révèle rien, est pour elle, comme pour beaucoup d'entre-nous, un exutoire parfois, un acte équilibrant sûrement, un besoin toujours. Nous ne publions pas tous nos échanges mais sachez que nous conversons beaucoup par l'écrit, même si nous nous côtoyons. Les mots que l'on écrit gagnent en intensité, et plus encore quand ils sont lus directement à la personne. Peut-être par ce côté un peu solennel de la chose ? Oui, la poésie est peu à peu devenue une manière naturelle de nous parler. Il nous arrive de rire de nos exaltations. Vous parliez de romantisme. Il est vrai que ce mot souffre d'une connotation qui ne rend pas toujours justice à sa nature véritable, du moins telle que moi-même je l'entends : la vie est un roman, à nous d'en faire aussi une romance. Point n'est besoin de vivre des choses extraordinaires, c'est-à-dire sensationnelles ; non, l'extraordinaire est à trouver au cœur même de la vie courante et anodine. La vie est si précieuse et le temps nous est compté. C'est pourquoi nous cherchons à dilater l'instant, à n'en pas perdre une seule miette. Certes, une seconde sera toujours une seconde, mais c'est l'esprit qui détermine son contenu ou plutôt la manière de vivre ce contenu. Pourtant, les mots résistent, comme la matière. La poésie est une orfèvrerie. Je vous avoue qu'à cet effet, je me sens plus souvent chaudronnière :-) Justine était allée plus loin en se qualifiant elle-même un jour de ferrailleuse... Elle était sincère mais injuste à son égard. Mais bon, c'est un cheminement, un apprentissage aussi. Vous faites également une petite allusion au côté libertin de mes compositions... Je suis loin d'être une femme prude, vous savez :-) ce serait de la dernière hypocrisie et surtout un beau gâchis (comme dirait quelqu'un de ma connaissance :-)

      Bien à vous JR.
      Marie-Louise

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