mercredi 1 avril 2015

Eligius Episcopus

 Composition de l'auteur

Il avait, sous sa lourde mitre,
Non pas l’air d’un pitre,
Mais l’air de bon aloi :
Évêque il fut, sous la dentelle ;
Il n’aimait point la bagatelle,
Grand Saint Éloi. 

Il se sépara de son père,
Il quitta sa mère,
Et, porté par sa foi,
Il s’en fut voir le roi de France
Pour s’occuper de ses finances,
Grand Saint Éloi.

Il fut maître en orfèvrerie,
Mais sans ladrerie ;
Sans tricher sur le poids,
Il mesura l’or à son aune
Et put produire un double trône,
Grand Saint Éloi.

Il fonda quelques monastères,
Mais pas bien austères ;
Les maîtresses du roi
Y vinrent chanter des cantiques
Sous la lumière monastique,
Grand Saint Éloi. 

Pour mieux honorer le dieu triple,
Il eut un disciple :
Un Barbare, je crois,
Que meurtrirent les Infidèles,
Que la Vierge prit auprès d’elle,
Grand Saint Éloi.

Il rencontra, près de sa forge,
Le guerrier Saint Georges ;
Il lui offrit des noix,
Avec un peu de vin d’Alsace
Qui fait du bien par où il passe,
Grand Saint Éloi.

Pour s’en aller au cimetière,
Il fut mis en bière
Dans du très humble bois ;
Dagobert vida quelques pintes,
Tout en chantant cette complainte,
Grand Saint Éloi.

Cochonfucius

3 commentaires:

  1. Le Beausset, en remplaçant la femme du charpentier par le vieil orfèvre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime beaucoup cette composition. L'on dirait une litanie...

      Supprimer
    2. C'est d'après

      Rose Blanche, d'Aristide Bruant :
      -----------------

      Alle avait, sous sa toque d’ martre,
      Sur la butt’ Montmartre,
      Un p’tit air innocent ;
      On l’app’lait Rose, alle était belle,
      A sentait bon la fleur nouvelle,
      Rue Saint-Vincent.

      All’ n’avait pas connu son père,
      A n’avait plus d’mère,
      Et depuis mil neuf cent,
      A d’meurait chez sa vieille aïeule
      Où qu’a s’él’vait, comm’ ça, tout’ seule,
      Rue Saint-Vincent.

      A travaillait, déjà, pour vivre,
      Et les soirs de givre,
      Sous l’ froid noir et glaçant,
      Son p’tit fichu sur les épaules,
      A rentrait, par la rue des Saules,
      Rue Saint-Vincent.

      A voyait, dans les nuits d’ gelée,
      La nappe étoilée,
      Et la lune, en croissant,
      Qui brillait, blanche et fatidique,
      Sur la p’tit’ croix d’ la basilique,
      Rue Saint-Vincent.

      L’été, par les chauds crépuscules,
      A rencontrait Jules
      Qu’était si caressant
      Qu’a restait, la soirée entière,
      Avec lui, près du vieux cim'tière,
      Rue Saint-Vincent.

      Mais le p’tit Jul’ était d’ la tierce
      Qui soutient la gerce,
      Aussi, l’adolescent
      Voyant qu’a n’ marchait pas au pantre,
      D’un coup d’ surin lui troua l’ ventre,
      Rue Saint-Vincent.

      Quand ils l’ont couchée sous la planche,
      Alle était tout’ blanche
      Mêm’ qu’en l’ensev’lissant,
      Les croqu’-morts disaient qu’la pauv’ gosse
      Était claquée l’ jour de sa noce,
      Rue Saint-Vincent.

      Supprimer