dimanche 22 mars 2015

Une pie bavarde

Toile de Joseph Caraud (1821-1905) Distraction

Ce tableau de Joseph Caraud me rappelle Hansel, une pie que mon frère et moi avions recueillie et apprivoisée lorsque nous étions enfants. Quand nous l'entendîmes m'appeler par mon prénom pour la première fois, allant jusqu'à imiter l'intonation de ma mère, découvrant par là même que l'oiseau savait parler de manière parfaitement articulée et compréhensible, nous lui apprîmes à répéter certaines expressions qui, on s'en doute bien, ne furent pas nécessairement des plus lissées.
Hansel, que nous libérions souvent de sa volière, avait pris l'habitude de visiter les jardins du voisinage, d'aller et de venir comme en territoire conquis, avec cette dégaine de sans-gêne et de m'as-tu-vu que la pie partage avec la corneille. Un jour, elle vint se poser sur le rebord de la fenêtre qui s'ouvrait sur la cuisine d'une voisine. La bonne dame salua le visiteur par ces mots : « Bonjour Hansel, comment vas-tu ? » ou encore « Que désires-tu ? ». L'insolent volatile lui répondit alors « Ferme ta gueule, idiote ! » L'outragée s'en plaignit auprès de nos parents mais le mal était fait et la réplique définitivement acquise.

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Nous avions également un geai qui imitait les klaxons de voitures... plus une corneille qui savait aboyer et qui se faisait une joie d'aller donner des coups de bec dans le postérieur du chien, quand celui-ci dormait paisiblement dans sa niche. La gente emplumée a parfois des drôles d'idées...

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