dimanche 29 mars 2015

Métro, boulot, décibels

Toile de Michael Cheval

Éreintés, fourbus, vidés, l’âme loqueteuse à l’issue d’une journée de travail alimentaire qui à Paris, plus qu’ailleurs, compte double, les passagers du wagon se laissèrent aller au soulagement salutaire qui succède aux tensions et aux contractions. Certains reprenaient leur livre à la page marquée du matin ; quelques uns égrainaient les touches de leur portable tel un chapelet et d’autres s’abandonnaient à une douce somnolence, bercés par les cahots du métro qui avalait sa ration de rails et de stations. Quand soudain, une trompette au son discordant et éraillé, à vous râper les nerfs, se mit à massacrer un air immémorial, accablant les uns et crispant les autres. Il n’y eut de réel concert que la résignation de tous et la commune hâte de retrouver le logis.

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