mardi 31 mars 2015

Mais les mots ne suffisent pas

Toile de Bente Schlick

Je dis 
Qu'il faut affiler son esprit, 
Non pas pour se la ramener, 
La dignité en serait le prix, 
Mais pour n'être pas mené. 

Je dis 
Qu'il faut n'avoir pas la langue de bois, 
Ce serait sinon plaire aux imbéciles 
Par qui la liberté est aux abois 
Et dont l'âme sèche boit les mots stériles. 

Je dis
Qu'il faut recracher toutes les chaînes,
Couper les fils des marionnettistes
Qui par eux nous font danser sans peine
La danse des pantins apathéistes. 

Je le dis pour moi essentiellement ; 
Le matin, en sortant dans le monde ; 
La résistance se fait verbalement ; 
Entre-eux, les mots se fécondent.

Mais les mots ne suffisent pas...

5 commentaires:

  1. Tu dis vrai, les mots ne suffisent pas. Ils se laissent dire... On s'en paye facilement (les politiques sont rompus à cela). Moi-même, il m'est arrivé de m'en payer, du moins d'en avoir le sentiment. Et certaines fois, quand j'ai voulu les faire marcher, il n'y avait plus de sol...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quand tu parles ainsi, c'est que l'ombre est passée. Je comprends ton silence...

      Supprimer
  2. "La résistance se fait verbalement" néanmoins, les mots sont des instruments redoutables, ils sont les vêtements des pensées.

    RépondreSupprimer
  3. Oui... Mais ce soir, mes pensées sont loqueteuses, voire nues... J'en ai composé un sonnet et ai dû m'arracher chaque mot. Il fait nuit sur Chelsea. Belle nuitée, Dame Pierrette. J'apprécie votre enthousiasme et votre fraîcheur d'esprit.

    RépondreSupprimer
  4. Merci ma Justine. Ta composition me fait penser aux "Masters of puppets" d'Esther, qu'elle évoque régulièrement. Je la salue. Et toi aussi, mon amie. Mes pensées t'accompagnent. Les tiennes, je le sais, ne me quittent jamais :-)

    RépondreSupprimer