dimanche 22 mars 2015

Je me souviens

Toile de Paul Chocarne-Moreau (1855-1931)

Je me souviens d’un pont qui menait à l’école,
D’une vitrine ornée de cochons par milliers,
De la magie qu’avaient les chemins familiers
Et des fourmis courant au bas des herbes folles.

Je me souviens d’un maître aimant les paraboles,
Des leçons de latin d’un moine régulier
(Capable d’expliquer un pluriel singulier),
Et d’un grand-­père usant d’un langage frivole.

Je me souviens d’avoir aimé les animaux
Et les arbres du soir agitant leurs rameaux,
Et les petits gâteaux au parfum de cannelle.

Je me souviens de vous, mes compagnons de jeux,
Je me souviens du jour limpide ou orageux,
Je me souviens… La vie me semblait éternelle.

Cochonfucius

Toile de Paul Chocarne-Moreau (1855-1931)

1 commentaire:

  1. Hommage au révérend père Michel (Pays de Poésie, 14-8-13)
    ------------------------------------------------

    J’ai eu pour précepteur un moine un peu mystique :
    L’ordre bénédictin lui conférait le ton
    Des penseurs de jadis, parfois énigmatiques.
    Maigre, il était, comme un coureur de marathon.

    Tous deux, nous suivions des parcours épisodiques.
    « Père Michel » était, en religion, son nom.
    Il aimait qu’on s’instruise, il aimait qu’on s’applique,
    Et, marmot que j’étais, je ne disais pas non.

    Nous parlions d’Écriture au hasard des chemins ;
    Le son de l’angélus faisant joindre nos mains,
    Parvenait jusqu’à nous sur ses ailes de brise.

    Il expliquait toujours, il plaisantait souvent,
    Où est-il, aujourd’hui ? On a jeté au vent
    Sa cendre que la terre a noblement reprise.

    RépondreSupprimer