jeudi 26 février 2015

Prunelle de mes yeux

Toile d'Elisabeth Sonrel (1874-1953)  
L'Amie, la fontaine de tes mots est si profuse  
Qu'ils m'emplissent et pourtant, j'en redemande toujours !  
Le matin, il me tarde de lire ce que la Muse  
A soufflé à ton âme qui souvent veille jusqu'au petit jour.  
Pour te dire vrai, je ne fais plus la différence  
Entre ta manière la plus courante de parler  
Et ton écriture qui est comme la transparence  
De ta nature qui se laisse librement aller.  
Je crois bien, n'ayant rien au monde de plus précieux,  
Que c'est cela même qui m'attache à ta personne ;  
Je ne m'en cache point, nul ici ne s'en étonne.  
Je tiens à toi comme à la prunelle de mes yeux ;  
Tu fais mon élégie, je te rends la pareille ;  
De ce jardin tu es la fleur, j'en suis l'abeille :-) 



Je suis entrée avec beaucoup de réticences dans la poésie, la jugeant trop emphatique par rapport à la plate et décevante réalité. Trop souvent, les mots et les comportements dans la vie quotidienne sont très rarement à la hauteur de ceux qu'expriment les vers. Il semble que le simple fait d'écrire un mot lui confère une dimension plus dilatée et une intensité plus grande. C'est vrai. Mais bien des personnes, qui ont le vague à l'âme plus ou moins romantique (une notion qui inclut évidemment toutes les échelles de la mièvrerie ordinaire, tant ce mot a été galvaudé), mènent des vies intérieures plutôt rudimentaires, médiocres en tous les cas, dans leur vie plus triviale que poétique. Oui, la poésie m'apparaissait comme un gentil passe-temps et, je l'avoue, quelque peu désuet, appartenant à un temps révolu, comme d'ailleurs les blasons (c'est ce qu'alors je pensais). Mais j'en reviens. Sur le blog Héraldie, j'ai rencontré l'infirmation de ce que je croyais de l'héraldique et de la poésie. Non seulement elles sont loin d'être dépassées, mais demeurent d'extraordinaires supports d'expressions que je ne soupçonnais pas même. Leur actualité me paraît aujourd'hui évidente. Bon, Marie-Louise y est pour beaucoup, je le reconnais, car c'est là aussi que j'ai réalisé que mon amie était en adéquation avec ce qu'elle écrivait, ne faisant jamais que versifier ce qu'elle disait en temps ordinaire. J'aime son côté Grand Siècle, qui n'est pas emprunté car Marie-Louise est naturellement comme cela. Elle est simplement cordiale, au sens le plus fort du terme. Marc avait dit d'elle un jour « qu'elle a le cœur juteux », une expression qui traduit imparfaitement l'allemand herzsaftig mais qui exprime bien l'idée d'une générosité dans les sentiments. C'est un peu comme quand coulent le lait et le miel. J'arrête là car je sais que mon amie n'aime pas trop que certaines choses sortent des coulisses. Mais je tenais à le dire ici, pour lui rendre hommage de cette manière. Qu'elle veuille bien me le pardonner.

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