samedi 28 février 2015

En certains bars, sur le tard

Toile de Juan Perez

L'Amie, pardonne ma langue cavalière, 

(Tu sais que je n'ai pas l'âme grossière) 
Mais elle sied pour conter la vie triviale 
De ceux que mène la chose hormonale, 
Se donnant des airs de ne pas en avoir l'air 
Mais toujours en chasse et se croyant du flair. 

En certains bars, sur le tard, 
Où bien souvent traîne la tare, 
Il arrive qu'une femme se fasse aborder 
Par un nounours en basse bordée. 
Ce soir-là, bien qu'ayant bombé le torse, 
Il était tombé sur un os. 

Je dois dire que j'étais d'humeur morose 
Mais j'en tairai la vraie cause. 
J'étais sur le chemin de la maison ; 
Allez, un p'tit verre ! Il n'y a pas de raison ! 
Je m'installe ; l'individu déjà s'approche ; 
Je me dis : - S'il poursuit, je décoche. 

Il n'était ni rasé ni barbu, 
- Look de con tracté - 
Avec des airs de vouloir acter. 
Le genre de type qui assure 
Sur ma mère je te jure 
Donc pas sûr 
Ni mûr 

Après les niaiseries d'usage 
Dont on devine le présage, 
Son orifice buccal 
Eut ce mot banal : 
- Que faites-vous ce soir ? 
- Je fête de ne pas vous voir ! 

On imagine aisément la suite 
De la concupiscence éconduite ; 
Compliment habituel 
D'un courageux virtuel ! 
Il avait usé son lexique 
Et remisé sa technique. 

Si je suis radieuse 
Avec qui que je respecte, 
Je sais être odieuse 
Avec qui m'aspecte. 
L'on me cherche et me trouve ; 
La biche devient louve. 

Me prenait-il donc, ce bœuf, 
Pour une de ces meufs 
Qui n'ont rien dans le citron 
Et qui pour quelques ronds 
Vous la jouent Mille et une nuits 
À vous faire périr d'ennui ? 

Croyait-il donc, cet énergumène, 
Que je suis femme qu'on emmène 
Vers de troubles latitudes 
Pour ensuite s'affaler dans les platitudes, 
Sous prétexte qu'elle boit seule un verre, 
Alors qu'elle composait simplement des vers ?

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