samedi 17 janvier 2015

Le désir


Toile d'Adélaïde Salles-Wagner (1825-1890), A lovers' tryst

Esclave de l'Amour, viens que je te regarde.
Je vois, tu es bien celui dont j'ai besoin
Pour vivre. Mais quel triste mot que ce besoin
Qui à toi m'assujettit ! Pourtant tu sais que

Tu n'es rien d'autre, sans l'Amour, que la souffrance
Et le néant. L'Amitié tente en vain de te
Dompter : avec douceur, confiance et respect elle
Sert de bouclier contre toute ta violence.

Esclave de l'Amour, pourquoi humilies-tu
Ton maître ? Pourquoi transformes-tu sa beauté
En débris et immondices? Mais ne sais-tu

Donc pas que comme toi, l'Amour est infini ?
Et toi tu te prends pour lui ! Va, tu n'es qu'un traître !
Esclave de l'Amour, tu n'es que démesure.

De gueules à la bande d'or. 

4 commentaires:

  1. Je souscris ! Amour, Amitié, Désir... Qu'est-ce donc au fond ? Le besoin de s'unir ? de se dissoudre ? d'être pleinement soi-même en l'autre et de prendre l'autre en soi pleinement ? Il n'y a plus de compréhension, écrit Esther...

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  2. Méditons sur le désir, cette parodie reproductive à sous-hait !
    (je n'ai pas dit médire)

    'La parodie vaut mieux que le mensonge:
    elle est plus près de la vérité qu'elle joue'' ___Albert Camus.

    ___________Parodie _____________

    Au delà du mensonge entre fiction et preuve
    Et malgré le silence insipide et scabreux
    Le sanglot dont le flot est un sillon coûteux
    Malgré tout se faufile au seul nom de l'épreuve

    Si ce jeu assassin en remontant le fleuve
    Est un flirt débauché pour les jours ennuyeux
    C'est un flirt débauché pour les jours ennuyeux
    Qui s'enfuit dérobé devant la question neuve
    Ce mal que nous taisons tant il est insidieux ___

    Las ce corps détaché qui a du mal à plaire
    Qui fait fuir les gens tant il voudrait se taire -
    Un désir de mourir car pour les répudier

    Tous ces éclats de vers ou ces aveux en pleurs
    Ces versets de martyrs trempés dans la douleur
    Naîtront le temps d'écrire au fond pour parodier ! _

    01/12/14 - Pour e.Scape qui me comprend -



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    1. Dame Curare, vos sonnets sont toujours d'une telle intensité... En vous lisant, il me vient cette image : vous écrivez comme l'on taille du cristal. Dureté et pureté réunies. Celui-ci, à le relire encore, monte peu à peu dans l'aigu... Quelque part, ça vous perce (berce) quelque chose...

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