mardi 20 janvier 2015

L'agriculture en Héraldie


Au labeur

 Passez la charrue sur vos terres,
Elles vous nourriront ;
De terre d’or on a la bière,
Le sol n’est point larron.

Terre de sinople est l’empire
Des bestiaux pâturant ;
Puis les jardins où l’on respire
Des parfums enivrants.

De gueules terre est pour la vigne
D’où l’on tire un nectar ;
Le charpentier le jugea digne
D’être son avatar.

 Terre de sable est aux légumes,
C’est pour le pot-au-feu,
Ou pour cultiver des agrumes
Sous le soleil en feu.

Terre d’argent est pour les vases
Et pour les jolis plats ;
Que l’on pétrit, que l’on écrase,
On ne s’en lasse pas.

Terre d’azur, pour mes poèmes,
Et c’est le vaste ciel,
Puis toutes les choses que j’aime
Et dont je fais mon miel.

4 commentaires:

  1. Merci l'Ami poète, pour toutes ces belles compositions qui, jour après jour, inlassablement, nous abreuvent à profusion. C'est remarquable et admirable ! Je vous rends hommage pour cela car c'est un bonheur quotidien que de vous lire et je ne suis pas le seul, vous pouvez m'en croire. Je ne saurais que trop conseiller, encore, la lecture de vos poèmes car c'est une nourriture pour le cœur autant que pour l'esprit.
    Non; l'Ami, il ne s'agit pas de vous encenser mais, simplement, de saluer votre labeur. Oui, vous labourez sans relâche la terre fertile de notre belle belle langue et les moissons sont généreuses. Je me fiche de paraître emphatique aux yeux de ceux qui traversent les jours comme des dormeurs, si ce n'est comme des brutes. La poésie n'est pas qu'un genre littéraire et bien plus qu'un art de vivre : une sensibilité au beau et une conscience en chemin, mais qui s'arrête et se penche sur le brin d'herbe au bord du chemin. Je ne sache plus, dans le monde d'aujourd'hui, de subversion supérieure à celle-là.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pourquoi, Marc, ne parlez-vous que du poème de Cochonfucius, le blason qui l'accompagne ne vous parle-t-il pas? Certes il n'est pas ici tout-à-fait l'écho du poème mais je trouve qu'il tient honorablement le rôle de son illustration. Inversement, ce pourrait être le blason qui inspire un autre poème.
      Ainsi, je ne cesse de me répéter mais le blason crée des poèmes et la poésie s'incarne dans les blasons. Même si bien sûr, l'héraldique et la poésie existent par eux-mêmes, l'un sans l'autre. C'est un peu l'histoire d'une rencontre que celle de Cochonfucius et l'Héraldie, et cette histoire me ravit.

      Supprimer
  2. "Le sol n'est point larron"... C'est un vers définitif, comme dirait Marc :-)

    RépondreSupprimer