lundi 15 décembre 2014

Tiphaine & Solal Gomis : Les détectives d'Halloween

Un jour, inspirés par quelque Muse, Tiphaine (10 ans) et son frère Solal (8 ans) eurent l'idée et l'envie d'écrire un petit roman, un travail qu'ils ont courageusement et brillamment mené à son terme. La chose est assez remarquable pour être soulignée et saluée ; et cette persévérance a finalement porté son fruit. Le blog Héraldie, qui a aussi vocation d'édition, se fait donc une joie et un devoir de marquer le coup.
 
Tiphaine et Solal ont vécu ensemble, frère et sœur, une belle aventure, dont ils se souviendront toute leur vie. Et qui sait, cette œuvre de l'enfance est peut-être le premier grand pas d'un grand voyage en Pays d'Écriture... Une classe est une pépinière où couvent bien des graines, notamment celles des écrivains de demain. C'est un lieu de prémices, d'émergences et de promesses d'avenir. Accompagner ces premières années de la relève des générations et de la formation des esprits est un ressourcement permanent.

Synopsis : A l'approche d'Halloween, Gaston et Milla vont vivre une aventure extraordinaire qui les rapprochera l'un de l'autre. De curieux événements vont se produire dans leur manoir. Ils devront affronter des personnages à la fois familiers et effrayants. Ils ne sont ni au bout de leurs surprises ni au bout de leurs peines...
 
Chapitre 1 : L’explosion

Je m’appelle Mélanie, mais tout le monde me surnomme Milla. Tout a commencé pendant une journée d’été, où je jouais avec mon petit frère Gaston au ballon. Soudain, dans la plus grande tour de notre manoir retentit, un énorme bruit sourd qui nous plongea dans un affreux coma. Je ne sais combien de temps nous sommes restés allongés au sol, mais ce que je peux dire c’est que ce n’était pas long. Au réveil mon frère s’exclama :

- Qu’est-ce que c’était que ça ?

-Je ne sais pas mais cela vient de la tour interdite, lui répondis-je.

- Cela fait très peur, chouina-t-il.

- Arrête de faire ton bébé ; ce n’est rien qu’une petite explosion ! grognais-je.

Mais, pour tout vous dire, j’avais terriblement peur. La maison pouvait exploser, et en plus on avait tous les risques de se faire écrabouiller ou, pire encore, que l’on se fasse enlever par le drôle d’individu qu’il y avait là-haut. Peut-être une sorcière ? Ou un vampire ? Ou un fantôme ? Aucune idée, cela me terrifiait de toute manière :

- Qu’y a-t-il là-haut, tu le sais toi ? entama Gaston.

- Je n’en sais pas plus que toi, banane.

- C’était juste une question ! Pas besoin de t’énerver !

Il fallait que j’en eusse le cœur net. On entra tous deux dans un immense salon orné de statues et de tapisseries, (c’était la salle où nous recevions des invités). Puis nous traversâmes la salle à manger, toujours aussi majestueuse, ensuite les cuisines où nous aimions tant jouer à cache-cache la nuit, ou voler des biscuits ou des meringues confectionnées par Gros Paul, le chef cuisinier. Enfin nous passâmes par la salle de bain, où nous adorions prendre d’immenses bains et faire même des tsunamis ou des raz-de–marée. Cette fois la salle était toute propre et bien cirée. Il s’agissait seulement de ne pas glisser.

Nous pénétrâmes alors dans une salle à peine éclairée par la lumière du jour, à pas de loup. Nous rejoignîmes une porte assez basse mais grosse. Je pris la poignée. La porte grinça mais finit par s’ouvrir…


Chapitre 2 - Une drôle de tour


Nous pénétrâmes à l’intérieur, tout était sombre ; il y avait un escalier. Il était grand :

- On y va, Milla ? proposa Gaston.

- Ok, allons-y, répondis-je enthousiasmée.

Nous gravîmes les premiers degrés. Cependant, une marche se mit à trembler :

- Que...qu’est-ce que c’était ? redouta Gaston.

- C’est sans doute un piège, repris-je

- Je n’aime pas cela, avoua Gaston.

Nous sautâmes sur la marche d'au-dessus. La marche tremblante s’ouvrit sur un faussé plein de crocodiles :

- On l’a échappé belle ! dit Gaston.

Nous continuâmes donc la montée. Plus haut il y a des meurtrières.

- Super ! Il ne manquait plus que ça ! Dis-je. Éloignons-nous vite de là.

Des sortes de scies sortirent des meurtrières.

- Ouah ! cria Gaston

- Tais-toi andouille ! lui répondis-je.

- Désolé !

- C’est pas grave, mais maintenant tais-toi !

- D’accord.

Nous poursuivîmes. Je vis un panneau indiquant premier étage,

Je faillis défaillir :

- On n’en est qu’au premier étage ! Mais où est le dernier ?

-Sûrement très haut, me répondit Gaston.

Je ne m’attendais pas du tout à cette réponse ; mais il avait probablement raison.

- Plus vite ! Nous ne sommes pas du tout arrivés !

Le deuxième et le troisième étages arrivèrent vite. Mais pour ce qui est du quatrième étage, nous ne savions rien de ce qui nous attendait. Deux couteaux très aiguisés faillirent causer notre mort, le premier me frôla, le deuxième coupa avec irrégularité la mèche de Gaston. Il faillit pleurer, mais comme il était vaillant il se retint. Nous avions eu peur. Nous courûmes à perdre haleine. Le même bruit qu’au début se fit entendre. Le dixième étage fut annoncé. Quelques marches plus haut, trois lances tombèrent et s’écrasèrent au sol.

- Cette tour est bourrée de pièges ! fis-je.

Le quinzième étage était le bon. D'étranges lumières bleues, vertes, jaunes et rouges sortirent de l’étrange salle. Il fallait entrer, les enfants étaient scotchés. Mais une fois de plus la curiosité prit le dessus…


Chapitre 3 : Une mémé qui pète la forme


Dans la pièce, un vieux monsieur était assis sur une chaise basse. Il mélangeait toute sorte de poudres, (plutôt étrange, non ?). Cette fois, les enfants furent fixés : c’était un sorcier ! Nous voulûmes nous approcher, mais au même moment, le plancher craqua sous nos pieds et le vieux monsieur se retourna et… Quelle horreur ! Ce n’était pas un sorcier mais une sorcière ! Celle-ci voulut s’emparer de nous, mais au moment où elle sauta sur nous, nous nous écartâmes et elle s’écrasa le nez contre le carrelage. Et elle en redemanda ! Nous étions alors devant un buffet. Elle courut, et cette fois, s’assomma complètement :

- Vite ! Prends une corde ! On va la ligoter ! criai-je à Gaston.

- Avec plaisir, grande sœur !

Nous attendîmes qu’elle se réveille, en fouillant ses affaires. Gaston trouva même un étrange grimoire.

- Eh ! regarde-çà, Soeurette ! Un grimoire de vieille sorcière !

- Rendez-moi çà, petits fouineurs ! Cela ne vous regarde pas, compris ! s’égosilla la mamie.

- Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? lui demandai-je.

- Je suis votre mamie et je fabrique des potions pour anéantir le monde ! ricana-t-elle.

- Elle n’est pas un peu tombée sur la tête, la mamie ? me chuchota Gaston.

Soudain, avec une force surnaturelle, la sorcière se libéra de ses liens et ricana une nouvelle fois.

- Vous devez apprendre à vous mêler de vos affaires, petits gamins prétentieux.

Cette fois, elle était allée trop loin. J'ai toujours détesté que l’on me traite gamine car, après tout, j’ai douze ans et je suis dans la pré-adolescence.

Je n’hésitai pas un instant, je me jetai sur elle sans que Gaston eût le temps de faire quoi que ce soit. Mais, elle arrêta ma course avec une force magique, à cause de laquelle je revins à ma place. Avec vélocité, elle s’élança vers nous…

Impossible de l’esquiver ! Nous foncions vers la sortie sans même réfléchir. La porte s’ouvrit non sans difficulté et… Ouf ! sauvés ! Nous étions dehors !


Chapitre 4 : Course poursuite 


Cette fois, au dixième étage, ce n’était pas trois lances mais six !

- Heureusement que Maman ne voit pas cela ! pensai-je.

Au quatrième, quatre couteaux tombèrent derrière nous.

- Maman !!! cria Gaston.

- Je t’ai déjà dit de te taire !

Nous continuâmes notre course... Un panneau : « Sixième »

- Oh ! J’aimerais tant être au premier ! dis-je épuisée.

- Moi aussi j’aimerais beaucoup !

- Tant pis ! Continuons !

Une minute plus tard…

- Tu as encore le grimoire ?

- Je crois… euh ! non… me répondit Gaston en bégayant.

- Remontons vite avant que la mémé l’ait, dis-je

- Je suis désolé !

- Tais-toi et monte !

- J’arrive Milla !

- Ben, dépêche-toi !

- Aïe ! Ouille ! cria la mémé en tombant.

- Çà, c’est Mémé qui se fait mal ! dis-je en ricanant.

- Çà y est ! je l’ai ! me dit Gaston.

- Super ! On redescend !

Une, puis deux meurtrières…

- Cela veut dire qu’on est au deuxième ! Yes !!! dis-je satisfaite.

Cette fois un rouleau plein d’épines monta les escaliers.

- Au secours ! cria Gaston.

- C’est la quatrième fois que tu cries ! Tu me fais mal aux oreilles !! hurlai-je. (Oups !)

- On fait quoi ?

- On court !!! Attention ! La Mémé ! Cours vite, Gaston !

- On est pris au piège ! me répondit-il. On passe en dessous des piques, reprit-il.

- Bonne idée, Frérot. Ah ! Ah ! Ah !

- On est sauvés ! On est sauvés ! On est… on est… on est sauvés ! fredonna Gaston sur l’air de « on est les champions ! ».

- Arrête de chantonner ! lui dis-je.


Enfin le premier ! Nous sautâmes au-dessus des deux marches qui formaient le faussé plein de crocodiles. Une porte, non loin de là, était en bois.

- On est arrivés ! On est arr…

- Arrête de chanter ! dis-je en lui coupant la parole.

Nous entrâmes à nouveau dans la pièce, puis dans la salle de bain. Gaston tomba.

- Relève-toi ! On va se faire rattraper ! Ce serait le pompon!

- Oui ! oui ! je me relève !

- Ben ! vite alors ! Cours ! On n’a pas tout notre temps !

- Je vais vous rattraper ! ricana la Mémé.

- Çà, c’est dans tes rêves, Mamie !

- Ouais ! Andouille ! rajouta Gaston.

- Çà, c’est mon expression !

- Maintenant, c’est la mienne ! Ah ! Ah ! Ah !

- Ah ! Vous êtes là, petits chenapans !

- Çà, c’est l’expression de Papa !

- Rendez-moi mon grimoire ! hurla la Mémé folle de rage.

- Jamais de la vie ! Enfin si !... dans cent ans !

La grand-mère tomba. Nous traversâmes les autres pièces, enfin débarrassés de la grand-mère.

- Allons lire le grimoire dans l’herbe du jardin, dis-je. Tu es prêt ?

- Ouais !



Chapitre 5 : Le grimoire magique


Dans le jardin nous sommes enfin seuls et tranquilles :

- Ouvrons le grimoire, s’enthousiasma Gaston

- Bonne idée, pour une fois, répondis-je d’un ton moqueur.

- Comment ça « pour une fois » ? s’énerva-t-il.

- Ce n’est pas le moment de nous disputer. On doit se serrer les coudes, répliquai-je.

Le grimoire s’intitulait : « Le grimoire des sorcières qui persévèrent ». Drôle de nom, pas vrai ? Je l’ouvris avec une grande précaution pour découvrir une première formule assez spéciale qui donnait aux personnes âgées de la force en très grande quantité :

Pour se donner de la force :

Ingrédients :

Bave de crapauds,
Bouillie d’escargots,
Venin de scorpions,
Langues de pitons,
Queues de rats,
Poils de chats,
Yeux de hiboux…
Mélangez le tout !

Mon frère s’exclama :

- Notre mamie est une vraie grosse et abominable sorcière ! C’est poétique, mais cela fait froid dans le dos !

- Tu m’ôtes les mots de la bouche, Frérot ! On continue ?

- Oui ! C’est rigolo !

La formule suivante était celle pour se multiplier. J’entamai la lecture :

Multiplication

Ingrédients :

Vieux charbon,
Mine de crayons
Semelle de chaussure,
Gros plat de moisissures,
Pieds plein de mycoses,
Épines de roses,
Poils de cou…
Bouillir à feu doux !

Écœurant ! On avait envie de vomir ! Tout à coup, la sorcière surgit d’un bosquet et tempêta d’une grosse voix.

- Rendez-moi mon grimoire, petits voyous ou je vous transforme en limaces baveuses. Nous étions pris au piège… 



Chapitre 6 : Ouf ! 


Nous courûmes vers l’église du village. Nous entrâmes à la hâte. Le prêtre nous arrêta et nous dit :

- Vous ne devez pas entrer dans l’église en courant. Si vous voulez écouter la messe, vous restez tranquille. Je vous lis le règlement :

Pas le droit de courir.
Pas le droit de crier.
Pas le droit de déranger le prêtre.
Pas le droit de se bagarrer.
Pas le droit de sauter.
Pas le droit de s’insulter.
Pas le droit d’éteindre les lumières.

Vous avez le droit de :

Regarder les vitraux et les tableaux.
Poser des bougies.
Prier.

- Où sont ces petits chenapans !

- Chut ! Pas le droit de crier ! chuchota le prêtre.

- Au secours ! cria Gaston.

- Pas le droit de crier, répéta le prêtre.

- J’arrive ! ah !ah !ah !

- Enfuyons-nous ! Dis-je.

- Bonne idée, me répondit Gaston.

Alors nous traversâmes l’église en criant, en bousculant tout le monde. Sur notre passage, les bougies s’éteignirent. On sauta au-dessus des bancs.

- Pas le droit de crier ! Pas le droit de courir ! Pas le droit d’éteindre les bougies !

- Est-ce qu’il y a une échelle ? demandai-je soudain.

- Non, je n’en vois pas. Et pourquoi en as-tu tant besoin ? me demanda Gaston.

- Pour monter sur le toit, répondis-je.

- Sur le toit ? Mais tu es malade ! Tu veux monter sur le t…

- … toit. Oui sur le toit ! lui confirmai-je.

La Mémé les regarda pendant quelques minutes.

- Bon, venez. On rentre à la maison, nous dit-elle soudain.

- Jamais de la vie ! s’exclama Gaston.

- PAS - LE – DROIT - DE - CRIER !!!

- On en a marre de ton « pas le droit de crier » ! On crie si on veut ! COMPRIS !!! hurla Gaston

- Pas le droit de cr…

- Tais-toi ! reprit Gaston.

- Je répète que…

-La Mémé arrive ! me cria Gaston.

-Vite une échelle !

- En voilà une !

- Grimpons sur le toit ! Vite !

Gaston poussa alors un cri déchirant :

- Au secours ! La Mémé m’a attrapé les pieds !

- J’arrive ! Accroche-toi à mon pied gauche, dis-je…Non ! le gauche, repris-je.

- Mais ta chaussure est délassée.

- Tant pis, attrape mon short, imbécile !

- Ta ceinture est-elle bien bouclée ?

- Arrête de faire l’andouille !

- Ok ! Ne sois pas si rabat-joie ! J’essaie juste de mettre un peu de fun !

- Ahhhh ! Je tombe, hurla la Mémé.

- Ne la regarde pas ! criai-je à Gaston.

Nous continuâmes la montée. Nous arrivâmes sur le toit et… Horreur ! Quatre grand-mères nous entourèrent.

- On fait quoi ? me chuchota Gaston.

- On fonce !!!

Nous accélérâmes et dépassâmes les grand-mères. Nous arrivâmes au bord du toit sans parvenir à nous arrêter. Et nous tombâmes dans le vide… Nous nous retrouvâmes en bas, dans une meule de foin. Ouf !...



Chapitre 7 : Véhiculés


Dans la charrette nous fûmes versés et renversés, tant les ballottements étaient forts. Nous étions si fatigués, que nous nous assoupîmes. Nous fûmes réveillés par des coups de fusil. La mémé était à notre poursuite, sur un scooter tout vieux et très abîmé :

- Cache-toi dans la paille, Gaston, hurlai-je tant le bruit de la moto était fort.

De nouveaux coups de fusils retentirent :

- Cette mémé est coriace, ripostai-je

- Elle ne nous lâche pas, ce pot de colle ! dit Gaston.

Tout à coup, Gaston poussa une grosse exclamation ; il avait trouvé de l’huile à l’arrière. Sans hésitation il saisit un des pots et le versa sur la route :

- Tape m’en cinq, sœurette. On a réussi à la semer ! dit-il pendant que la sorcière tempêtait de rage.

- Bien joué ! Mais que font ses bouteilles d’huile ici ?

- Encore un mystère à élucider, répondis-je.

- Deux mystères en même temps, génial, nous sommes de vrais détectives, s’esclaffa Gaston.

Cela m’étonnerait beaucoup, pensai-je. Mais pour ne pas gâcher la bonne humeur de Gaston, je me tus. Celle-ci risquait en effet de nous être utile. Nous savions tous deux qui avait raison : cette Mémé était folle et nous n’étions que des enfants !

Contents de l’avoir semée, nous nous rendormîmes. Mais nous étions loin de nous douter que la charrette allait bien plus loin que prévu. Mon frère me secoua et dit :

- Eh ! Cela fait trois heures que l’on roule, trois heures que tu dors et trois heures que je mange de cette paille dégoûtante.

- Pardon Gaston ! J’aurais dû surveiller l’heure, mais maintenant il est trop tard pour rebrousser chemin. On attendra la première ville pour sauter de cette maudite charrette, répliquai-je.

- Si Maman rentre avant nous, nous sommes fichus ! Tu penses qu’elle est au courant pour Mamie ?

Je n’eus pas le temps de lui répondre car nous arrivâmes dans un village. Nous sautâmes à terre et là…




Chapitre 8 : Une ville pas très accueillante


Nous traversâmes quelques routes. Une personne avait plein de petites cicatrices sur le visage. Une autre avait l’air louche.

- On n’est pas à Halloween, à ce que je sache ?

- Cela fait peur, avouai-je (pour une fois).

- Je dirai même : très très peur.

- Moi aussi j’ai peur, dit une petite voix.

- Oh, une petite souris ! On peut la garder ?... S’il te plaît ! … Elle est si mignonne ! dit Gaston.

- Ok. C’est vrai qu’elle est mignonne ! Prends-la et on part.

Une minute plus tard.

- On l’appelle comment ?

- Petite Noisette, proposa Gaston. Je vais lui demander si cela lui convient. Est-ce que tu veux t’appeler Petite Noisette ?

- Oui. Je veux bien.

- Alors ?

- Elle veut bien.

Une dame interrompit notre discussion.

- Vous avez besoin d’aide ?

- Non. Non.

- Très bien, dit-elle.

Je me dis que, finalement on aurait peut-être eu besoin d’aide mais Maman m’a toujours dit de ne jamais suivre personne.

- Vous pouvez la suivre. C’est l’institutrice de mon ancienne maîtresse ; elle est très gentille, dit la petite souris.

- Elle a peut-être raison, me dit Gaston.

- Peut-être… Allons-y !

Toc. Toc. Toc.

- Qui est-ce ?

- Ce sont les enfants que vous avez croisés tout à l’heure.

- Entrez.

Ils pénétrèrent dans la maison.

- Vous voulez rester pour la nuit ?

- Oui, s’il vous plaît.

- Pas de problème. Vous voulez du lait ? nous demanda la dame.

- Oui, on veut bien.

- Du lait au sucre ou au chocolat ?

- Heu… au sucre.

- Je vais appeler vos parents.

- Surtout pas, dis-je. On rentre demain ; ils rentrent après-demain. Ils ne s’apercevront de rien !

- Mais où habitez-vous ? demanda la dame.

- A Chantilly.

- Vous rentrerez demain. Compris ?

- Oui ! répondîmes-nous d’une seule voix.

- Bonne nuit, dis-je

- Bonne nuit, ajouta Gaston de sa voix enjouée.

- Bonne nuit ? dit d’une toute petite voix la petite souris.

Une fois dans la chambre :

- Tu crois qu’elle est gentille ? me demanda Gaston inquiet.

- Oui, je pense, lui répondis-je.

- Très très gentille ? insista Gaston

- Oui. Très très gentille, dit la petite bête.

- En tout cas, j’espère.

A l’aube, la dame vint les réveiller.

- On rentre direct ? demanda Gaston.

- Tenez un balai magique, coupa la dame. Il vous permettra d’aller plus vite.

- Essayons le d’abord !



 
Chapitre 9 : Un transport peu commun


Le premier essai fut désastreux. C’est au deuxième que le balai s’envola très haut dans le ciel. Gaston était mort de rire ; pour lui c’était comme les montagnes russes au Parc Astérix ou à Disney Land. Moi, j’étais très concentrée comme pendant un contrôle de maths (pour tout vous dire, je suis très nulle en maths : ma meilleure note est 5/10). Mais Gaston s’arrêta de rire. La petite souris couinait dans le fond de sa poche.

- Qu’y-a-t-il, Petite Noisette ? demanda Gaston.

- J’entends des rires qui nous suivent et ils m’inquiètent, pleurnicha-t-elle.

- Ne t’en fais pas, Petite Noisette. Je te protège et je te protégerai toujours…

- Tais-toi ! Je ne peux pas écouter, avec tout le boucan que tu fais ! grommelai-je. Alors chut !!

Effectivement, la petite souris avait raison. La Mémé nous suivait, mais cette fois, aucun moyen de la semer.

Je fonçai vers le bois. C’était très risqué car je ne savais diriger mon balai que depuis une demi-heure. En plein bois, j’allais de plus en plus vite. A ce moment, un arbre se dressa juste devant nous et manqua de nous assommer. Je me penchai ; le balai pivota sur lui-même et l’esquiva. Gaston cria de joie. Nous entendîmes alors un hurlement sauvage derrière nous. La Mémé n’était pas parvenue à éviter l’arbre. La pointe de son balai se trouvait plantée dans l’arbre et elle, assommée.

- Regarde, dit mon frère, on dirait une brochette comme à mon anniversaire ; la seule différence est que cela ne doit pas être très bon.

J’éclatai d’un rire sonore qui fit trembler toute la forêt. Mon frère et moi étions gais mais malheureusement pas au bout de nos peines. Quatre sorcières sortirent comme par enchantement de gros bosquets. Gaston lâcha un grand cri strident qu’il étouffa sous son pull. La poursuite était lancée. Mes supporters étaient Gaston et la Petite Noisette (celle-ci ne devait probablement rien voir) ; quant aux sorcières, ben… elles n’en avaient pas !

Nous sortîmes enfin du grand bois sombre. J’étais soulagée de ne plus avoir à virevolter entre les arbres. La ville était en vue. Je me précipitai mais ma dernière accélération cassa le balai. Nous tombâmes tous les trois, la tête la première, dans un champ de maïs.




Chapitre 10 : Bataille de maïs


Nous étions dans un pré. Nous regardions les sorcières voler sur des balais en nous cherchant. Petite Noisette ricanait dans la poche de Gaston :

« Hi ! Hi ! Hi ! Hi !... Hi ! Hi ! Hi ! Hi !...

- Arrête de ricaner, lui dit-il à un moment donné.

- Regarde ! Elles atterrissent là-bas ! ajoutai-je !

- Oui ... Et elles viennent vers nous !

- Bataille de maïs, criai-je !

Les mémés s’enfuirent en courant et en criant : « Au secours ! Au secours ! ». Elles continuèrent à crier jusqu’à ce que leur chef arrive. Pendant ce temps-là, Gaston construisait (avec ce qu’il avait) un canon à maïs.

Trois minutes plus tard :

- Ça y est, j’ai fini ! me dit Gaston.

- On le teste ? lui proposai-je.

- Ok !

Alors Gaston commença à bombarder le champ avant même que j’aie le temps de réagir.

- A l’aide ! A l’aide ! criaient les Mémés en pleurnichant.

- Pauvres Mémés, ricanait Gaston.

- Arrête, ce n’est pas sympa, dis-je avec ironie.

- D’accord ! me répondit Gaston.

On riait… mais on n’avait presque plus de maïs. Heureusement je m’en rendis compte et le dis à Gaston. Celui-ci partit en chercher pendant que je continuais à bombarder les grands-mères. A son retour, il me dit qu’il avait vu plusieurs autres mémés.

En effet, de nombreuses mémés arrivaient (avec des mitraillettes).

- Ouh ! là ! Elle en a des disciples, la Mamie ! Hein ? me chuchota Gaston.

- Ça, c’est sûr !

- On ferait mieux de rentrer me dit Gaston.

Comme par magie, la mitraillette continua à tirer toute seule. Nous étions enfin dans notre salon.



Chapitre 11 : Une boutique amusante


Dans le salon, nous étions très essoufflés. Je décidai de rompre le silence de mort qui régnait dans la pièce :

- Il n’y a aucun indice dans cette salle ! Pas besoin d’y rester.

- Tu sais quoi ? On devrait tendre un piège à cette Mémé… ou plutôt à notre Mémé, répliqua Gaston.

- On va faire la liste des choses dont nous aurons besoin, repris-je.

- 10 colliers de perle

- 5 bougies

- 5 marionnettes

- 2 citrouilles

- de la peinture

- une chaise

- et 5 mètres de corde.

- Si nous allions à la boutique d’Halloween dans laquelle j’avais vu plein de trucs cools ? Comme quand j’ai acheté mes claque-doigts, s’enthousiasma Gaston.

- Allons-y ! Guide-nous, très cher Gaston ! Tout d’abord, tu dois faire sortir Petite Noisette de ta poche, fis-je.

- Ouf ! Je ne pouvais plus respirer dans cette poche, répliqua celle-ci.

Bientôt, nous arrivâmes à la boutique décrite par Gaston. De l’extérieur, elle paraissait très petite, mais à l’intérieur, c’était immensément grand.

Les colliers de perle dont nous avions tant besoin étaient à l’entrée, les bougies, elles, étaient tout au fond du magasin ; elles étaient de couleur mais cela ferait l’affaire ! Pour les marionnettes, nous n’avions que l’embarras du choix. Je choisis (sans l’aide de Gaston) un loup noir, la gueule grand-ouverte, une sorcière aux cheveux noirs sur un mini-balai, un fantôme avec un drap blanc sur la tête et de grands yeux noirs, un voleur avec son grand sac sur le dos, et, pour finir, une araignée poilue. J’en fis la surprise à Gaston qui était occupé à manier une pâte à prouts. Je la glissai dans son tee-shirt et, à ma grande surprise, elle se mit à cavaler toute seule sur son dos (Gaston craint affreusement les guilis). Il se mit à danser dans le magasin.

Les citrouilles et la peinture étaient prêtes ; pour la chaise, il fallait rentrer au manoir. Dans le garage, un pliant nous attendait. Chouette ! Nous étions fin-prêts pour passer à l’attaque. Mais il fallait quand même savoir comment s’y prendre pour capturer la Mémé. Un plan ! Voilà ce qu’il nous fallait !...



Chapitre 12 : Un plan machiavélique


- Alors ? Qu’allons-nous faire ? me demanda Gaston.

- On fait un plan ! Toi, tu seras le rond et m…

- Pourquoi moi ?

- Car c’est moi la chef ! Je reprends : Tu seras le rond, et moi, la croix. Pigé ?! Toi, tu seras ici ; tu courras vers l’entrée (où je serai) ; on tirera sur cette ficelle et une citrouille, pleine de peinture, tombera sur la Mémé. Ensuite nous nous cacherons et nous ferons des ombres avec les marionnettes : tu tiendras les bougies pendant que je ferai bouger les marionnettes de la sorcière et du loup pour faire peur à notre mamie. Si cela ne marche pas, on essaiera avec le voleur et le fantôme. Si cela ne marche toujours pas, on fera tomber les perles des colliers pour la faire glisser et on lui jettera l’araignée au visage. Si elle glisse, normalement, elle sera assommée. Ensuite nous la ligoterons sur la chaise roulante, la pousserons jusqu’au fond du jardin où l’on aura creusé un trou. On la poussera dedans et on refermera le trou avec une plaque d’égout. Et le tour sera joué ! Cela te va, ce « plan », comme tu dirais, Monsieur Gaston ?
- ok.
- Maintenant, courons récupérer la plaque d’égout en ville.

Nous sortions déjà du jardin (assez sûr de nous) lorsque Gaston eut une idée :

- Nous ne devrions pas prendre une plaque d’égout de la ville mais plutôt la mystérieuse plaque que j’ai découverte dans le champ de maïs. J’ai oublié te le dire. Excuse-moi !

Très étonnée, je lui répondis :

- Et c’est seulement maintenant que tu me le dis ? Et bien… cap sur le champ de maïs !

On mit du temps à rejoindre le champ. Arrivés sur place, je me souvins de quelque chose : Nous étions jeudi 7 juillet et les jeudis d’été, dans le champ, il y a… des tracteurs ! Des tracteurs par dizaines !

- Vite, il n’y a pas de temps à perdre.

On s’élança tous deux à une vitesse incroyable. Les tracteurs n'allaient pas vite. Heureusement la plaque fut vite retrouvée mais elle était lourde à soulever. Les conducteurs nous voyaient et nous en étions parfaitement conscients. Ouf ! Nous revoilà au bord du champ. En traversant la ville, on avait sûrement l’air idiot avec notre plaque ; mais il le fallait bien.

Une fois à l’intérieur du jardin, nous déposâmes la plaque et nous rejoignîmes le salon.



 
Chapitre 13 : Prêts à l’attaque 


- Maintenant il suffit d’attendre notre invité d’honneur. Tu te souviens de ton poste ? dis-je, pleine de vigueur.

- Oui, bien sûr que je m’en souviens, voyons ! Allons-y, j’entends des pas qui s’approchent, me répondit Gaston.

Chacun rejoignit son poste en courant. Mon cœur battait la chamade. Elle était là, plus enragée que jamais. Elle était toute rouge, ses yeux étaient d’un noir intense et son chapeau, spécial attaque, (du moins c’était ce que nous pensions), était planté sur sa tête. Elle entra dans le salon. Le combat final entre elle et nous pouvait commencer.

La sorcière s’avançait de plus en plus, et j’avais peur que Gaston ait oublié son rôle. Mais non ! Je le vis accourir dans l’obscurité. Il tira la ficelle et la citrouille tomba exactement sur la tête de la mémé. Gaston se rapprocha de moi et me chuchota : « Cela lui fait un joli fond de teint ».

Je lui balançai un briquet à l’aide duquel il alluma toutes les bougies. Maintenant c’était à mon tour de jouer : je sortis de ma cachette, attrapai les marionnettes (le loup et la sorcière) et commençai à les activer.

La sorcière, pleine de peinture cria : « Ah ! Ah ! Ah ! je vous transformerai en crapauds baveux. De toute façon, je n’ai pas peur » ! Après cette déclaration, j’attrapai le voleur puis le fantôme. La sorcière sursauta, mais pas plus que cela.

La sorcière était captivée par les marionnettes, si bien que Gaston eut le temps de déposer sans un bruit les perles des colliers, sur le sol, derrière elle. Il piqua un objet de la poche de la grand-mère, et l’attacha à la petite araignée, qui se mit immédiatement à galoper dans la pièce. La sorcière se retourna, elle vit l’objet et partit à sa poursuite. En deux temps trois mouvements, elle se retrouva par terre, assommée ; elle venait de glisser sur les perles, dans un grand fracas.

Le plan avait réussi. Nous la ligotâmes solidement à la chaise roulante, la poussâmes jusqu’au fond du jardin, la jetâmes dans le trou avant de le reboucher rapidement avec la plaque. Elle était prisonnière.

VICTOIRE ! 



Épilogue

Deux jours plus tard…

Nous apprîmes que cette folle-dingue, de mamie était, en effet, notre grand-mère. C’était très étrange, car il n’y avait qu’une seule personne de notre famille au courant. C’était notre mère. Nous voulûmes tout savoir sur Grand-mère. Maman entama le récit :

« Eh bien, mes chers enfants, je me demande encore comment vous avez fait pour démasquer votre propre grand-mère. Votre courage, votre intelligence sont cent fois supérieures aux nôtres. Nous allons quand même, vous révéler notre petit plan : Grand-mère n’est pas une sorcière, mais tout simplement une actrice à la retraite. Nous voulions vous faire la surprise pour Halloween. Comme Halloween c’est ce soir, vous irez faire la récolte des bonbons avec Grand-mère que nous nous sommes empressés de déterrer, comme vous pouvez le voir. »
En nous retournant, nous vîmes alors notre grand-mère qui nous souriait malicieusement.

Ce soir-là, ce fut amusements et rigolades.

Tiphaine & Solal Gomis
Paris, décembre 2014

13 commentaires:

  1. J'adore ce roman, Tiphaine et Solal, où vas-tu chercher toute cette inspiration ?

    Alice M.

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  2. J'aime beaucoup ce texte ou plutôt ce roman.

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  3. Mes compliments admiratifs à Tiphaine et Solal. Il y a de l'esprit là-dedans. C'est joyeux.

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  4. Bravo , nous avons là deux grands écrivains :) !

    Olivia V

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  5. J'adore Melle Tiphaine ce roman est plein d'esprit (comme le dit Marie-Louise).

    Miss Printemps

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  6. Ceci est vrai, nous avons de grands écrivain parmi nous.

    Miss Printemps

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  7. Personnellement, je trouve que l'âge des écrivains est remarquable pour ce qu'ils ont écrit.

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    1. Tout à fait. Et je puis vous assurer que Tiphaine, que je connais bien, est une fille remarquable, dotée d'une maturité, d'une grande finesse d'esprit et d'une élégance autant intellectuelle que morale qui font d'elle une personne très agréable.

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    2. Que de beau compliments. Nous sommes ravi d'avoir écrit un livre.
      nous ressortons de cette expérience plus soudé que jamais

      les écrivains

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  8. Le Petit Lutin Farceur18 décembre 2014 à 11:13

    Ce texte est fabuleux !

    Le Petit Lutin Farceur

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    1. Oui, cela est vrai, de plus le blog à plein de bonne source (ce qui écrivent ces textes sont tellement doués, même les plus jeunes).

      Miss Printemps

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  9. Je suis d'accord avec vous maître. Tiphaine est une personne très joyeuse et surtout très amicale et de plus très intelligente.
    Je prendrais bien des cour une heure ou deux (surtout avec se langage très enrichie et j'allais oublié très raffinée).

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  10. tiphaine et solal gomis19 décembre 2014 à 09:29

    Merci pour tout ces commentaires qui me vont droit au cœur mon frère et moi, avons mi beaucoup de joie dans cette ouvrage. Je suis heureuse que tout le monde l’apprécie.

    Les détectives

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