mercredi 31 décembre 2014

Le maintenant de soi

La vie, c'est un peu comme se retrouver enfermé dans un sablier et se sentir descendre doucement, sûrement, irrémédiablement, fatalement... Nous fêtons l'année nouvelle dans la joie festive, si du moins quelque épreuve ne nous en a pas (ou pas encore) ôté le goût. En somme, nous fêtons le temps qui passe... mais qui, peu à peu, ronge aussi la peau de chagrin de notre courte et passagère existence. C'est là un paradoxe bien singulier. Car courte, elle l'est. Oh ! Pas pour ceux qui s'ennuient et qui s'encombrent eux-mêmes du matin au soir, tuant le temps comme ils peuvent, s'étourdissant dans toutes les formes de divertissements que la société moderne offre à la fuite de soi-même et parmi lesquels on peut compter la recherche de sensations. Non, je parle pour ceux qui vivent avec intensité, c'est-à-dire dans une pleine présence à eux-mêmes et au monde. Alors oui, une heure ne compte plus que soixante misérables minutes et une journée à peine vingt-quatre petites heures, dont une bonne partie à dormir, c'est-à-dire à vivre en état de quasi léthargie. C'est drôle, si nous faisons le bilan, nous ne vivons de manière éveillée que les deux tiers de la vie, le dernier tiers étant passé à nous remettre des deux autres... Alors voilà, pour la nouvelle année, je vous souhaite à tous d'avoir du temps, du vrai temps : le temps de regarder passer les nuages, de contempler le couchant ou la fleur qui s'épanouit au soleil, d'écouter le chant d'un ruisseau, de lire un bon livre, d'observer la façade d'un immeuble, de s'attabler à la terrasse d'un café et de regarder passer les passants, les uns se hâtant, les autres flânant ; le temps d'écouter de la musique, d'en faire peut-être, d'écrire des lettres à ses amis ou un poème, de converser avec une bonne compagnie autour d'un café ou d'un thé, ou encore, le long des allées d'un jardin ou sur le boulevard ; le temps de vivre, de se vivre, d'être, de s'être... Car le temps est un luxe inouï et un instrument de liberté extraordinaire. Chaque instant se propose d'être le matin du monde ; oui, chaque instant, c'est le maintenant de soi et celui de l'autre. Et quand nous aimons une personne et que nous apprécions ce qu'elle est, qu'il est bon d'être avec elle, tout simplement et rien de plus ! Oui, il n'est alors rien au monde qui compte davantage. Ô toi que j'aime, merci d'exister ! D'être au monde avec moi... C'est en faisant que l'homme se fait ; c'est en étant qu'il vit. Être... c'est renaître à soi, tout le temps. 

1 commentaire:

  1. Cochonfucius m'a appris à diminuer mes mots -(mes maux)

    ''Être... c'est renaître à soi, tout le temps.''
    C'est magnifique -Merci Dame Marie-L.

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