samedi 13 décembre 2014

La question


          La question n'est pas : 
          Vais-je être à la hauteur ? 
          mais : 
          Réussirai-je à rester moi-même ?








Du reste, on est toujours à la hauteur de quelque chose puisque l'altitude commence immédiatement après le point zéro, le niveau de la mer faisant foi. De même, on est toujours à la hauteur d'un mortel, quel qu'il soit. Et comme le dit si bien Henri Rochefort (1831-1913) : «Si haut qu'on monte, on finit toujours par des cendres
   La question n'est pas : 
   Quel visage vais-je me composer ? 
   mais :
   Quelle déclinaison de moi vais-je donner à voir ?
Du reste et de toute manière, je ne suis jamais qu'une composition transitoire, par nature vouée à la décomposition et à la disparition. Et le moi-même que je donne à voir n'est toujours que le pâle reflet de mon moi profond qui m'est un mystère absolu. Nous vivons avec un étranger et un inconnu dont nous ne sommes que le prête-visage, une sorte d'hologramme, un ambassadeur en quelque sorte. Vivre c'est user de diplomatie. Veiller sur le dieu intérieur, comme l'écrit Marc Aurèle. La difficulté : où s'arrête le compromis et commence la compromission ? Où cesse la relation et commence la prostitution ?
   La question est : 
   Il se passe quoi ? 
   et donc : 
  Je fais quoi là-dedans ?

4 commentaires:

  1. Strip-tease cérébral ? sourire ..

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  2. Sur la question ? Voici -

    http://colloque-des-oisives.org/cgi-bin/kholwiki.pl?action=kholok&page=qda1&options=w&etats=AA&lng=fr


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  3. J'adore tous ces articles tellement passionnants !

    Miss Printemps

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