mardi 30 décembre 2014

La prophétesse


Loin des rires contraints et des profanes bacchanales, 
Au-delà des chemins connus, des sentiers battus, 
Est un lieu étrange, en vérité peu banal, 
L'on y peut entendre une voix qui s'est longtemps tue 

Mais qui, en ces temps de tourmente, du fond des âges, 
Remonte dire aux humains, amnésiques de la vie, 
Rebelles au bien, n'écoutant plus les pieux adages, 
Au cœur devenu sec et à l'âme asservie, 

Que la roue a tourné et la moisson approche. 
Je vis apparaître une ombre ; c'était une femme ; 
Elle fixait un feu, écoutait parler les flammes ; 

Elle leva sur moi un regard dur comme la roche 
Et eut ces paroles que je n'oublierai jamais : 
Ce qu'il adviendra vous appartient désormais.

Toiles d'Alphonse Mucha (1860-1939)
En-tête, Un conte d'hiver - Ci-dessus, La prophétesse

1 commentaire:

  1. Une fresque antique
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    Une Sibylle au loin peigne sa chevelure :
    L’espace est inondé de cent reflets d’argent.
    Diogène sur le port vanne l’or trébuchant
    Et la fausse monnaie tombe comme épluchures.

    « Folle Sibylle » a dit Platon dans un murmure,
    Puis il veut inspecter les jetons affligeants
    (On est moins délicat lorsqu’on est indigent),
    Espérant dénoncer cette vaste imposture.

    La lune en se couchant évoque un froid soleil ;
    Diogène trie l’argent dans un demi-sommeil,
    Sa balance de cuivre aux bougies s’illumine.

    L’on peut même observer, sur le pavé qui luit,
    Un être vagabond égaré par la nuit :
    Au coeur du labyrinthe, un pauvre chien chemine.

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