mardi 30 décembre 2014

La dernière prophétie

Tandis que les hommes font partout bruyants festins 
Où l'on dévore sans faim, boit sans soif et se saoule, 
Emportés par la spirale du temps qui enroule 
Le fil des jours sur les écheveaux du destin, 

Debout, sous la haute frondaison d'une forêt profonde, 
Se tient la Gardienne des Portes du Septentrion, 
Tenant bien droite dans l'axe de la lointaine Orion, 
L'Épée de Vérité qui jugera le monde. 

Son auréole nous prévient des choses à venir : 
Du Sud viendra la fin des nations actuelles ; 
De l'Orient, celle qui dévaste, Kali la Cruelle : 

De l'Occident, celui que tous voudront bénir 
Mais qui soumettra toutes les nations de la terre ; 
Et dans ses yeux brille le soleil noir des enfers...
  

Toile de Julius Johann Ferdinand Kronberg (Suède, 1850-1921), New Year's Night, 1911

1 commentaire:

  1. Barde restant de marbre
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    Je vois sombrer un empire
    Et ne trouve rien à dire :
    Ainsi va l’effort humain
    Depuis le temps des Romains.

    Toujours, le vainqueur s’enivre,
    Car il ne saurait bien vivre :
    Sobriété ? Qu’est ce mot ?
    C’est affaire de chameau.

    On ne les voit plus en ville,
    Les cénobites tranquilles ;
    Priape et tous ses gredins
    Envahissent les jardins.

    Or, Juvénal s’en souvient :
    Tout ça ne finit pas bien.
    Statue de sel, prends courage :
    Suffit d’attendre l’orage.

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