vendredi 26 décembre 2014

La coupe d'amertume

 

J'ai bu jusqu'à la lie à la coupe d'amertume
Que me tendait Kali sous les traits de Lilith,
Celle dont l’œil de nuit liquide verse son voile de brume
Sur la raison des jours qui bientôt se délite.

J'ai toujours vu au lieu d'une sorcière la bonne fée
Et dans tout sourire de femme celui de la Mère ;
Mon cœur n'est plus que cendres d'autodafés
Froides sur les marchés des amours intérimaires.

Dans les vallées que baignent les eaux saumâtres,
L'âme guerrière s'émousse et ne récolte que la rouille
Des heures vides qui ne laissent de soi que la dépouille.

L'Amie, en cette demeure tu m'es comme un âtre
Où mon âme qui remonte peut déposer les armes ;
Puisse la chaleur des mots vrais y rompre le charme !

4 commentaires:

  1. Le salut par les mots sincères.

    J'y crois aussi.

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    1. Oui, le mot « sincère » est bien choisi, pris dans son acception foncière. Il est en effet intéressant de noter qu'il est issu de « ensemble » (dont l'ancienne racine « sem » signifie « un »), matrice d'où sortiront les mots « semper » (une fois pour toutes) et « sincerus » (pur, naturel, probe). Ainsi, un mot sincère est dit une fois pour toutes. En principe, c'est donc un mot définitif, sur lequel on ne revient pas. Cela suppose une unité en soi, c'est-à-dire une force de cohérence et donc de cohésion. Un mot sincère donne ainsi de l'énergie à celui le reçoit. Oui, les mots peuvent soigner les maux et même les guérir. S'ils sont sincères.

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    2. Et donc aussi, s'ils viennent du cœur :-)

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    3. Tu as raison car le cœur est le centre de la personne. Là où il n'y a pas de cœur, il n'y a pas d'unité. On y revient. C'est pour cela que tout va si mal en ce monde.

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