mardi 30 décembre 2014

Célébration distraite

 

Buvons un coup au passage,
Les bars du Quartier Latin
Ne nous veulent point trop sages ;
Ou bien, juste le matin.

Buvons des vins de la Loire
Ou parfois des verres d’eau ;
Il n’est point question de gloire,
Chacun boit ce qu’il lui faut.

Il ne s’agit pas d’être ivres
(On ne nous aimerait pas !)
Mais bien d’être heureux de vivre
Et d’embellir nos repas.

Oubliez donc cette épître
Aussitôt son air chanté :
Rangez-la dans vos pupitres
Et buvez à ma santé.

Cochonfucius

Toile de Jacques Autreau (1657-1745), Les buveurs de vin, Le poète


Bouteille sur la table

 

Avec Rabelais nous ferons
Prière quotidienne :
C’est l’éloge du vigneron
Qui trime dans la plaine ;

Et la ferons soir et midi
En mangeant du fromage ;
C’est un prophète qui le dit,
Et ce n’est pas dommage.

Nous boirons le sang de la terre,
Qui est le sang divin :
Peuple qui souffre et qui espère,
Oui, nous boirons du vin.

Et le ferons midi et soir,
Que vive l’andouillette ;
Et le ferons près du pressoir,
Dans la chambre douillette.

S’il se peut, qu’en nos verres soit
De ce bon vin de France
Qui plaisait à Maître François,
Ayons-en souvenance.


Ci-dessus : Jean Grimou, Le marquis d'Artaguiette en buveur, 1720 
et Révélations, de Jon Jaylo
En-tête : Eduard von Grützner, réaliste allemand (1846-1925), moines buveurs

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