vendredi 26 décembre 2014

À celle qui sait

Repose-toi, guerrière, car voici que s'ouvre la saison intérieure, celle de la gestation dans le ventre de la Mère qui annonce le renouveau. Épouse le creux de la lumière en sa plongée immobile telle la vague qui reconstitue sa puissance avant de déferler. C'est dans l'ombre que l'espoir renaît ; c'est au fond de la nuit que l'aube survient. Puise dans ton repos des forces nouvelles pour les combats à venir. Remplis tes mots de lumière afin qu'ils éclairent et réchauffent ceux qui sont trempés de cœur mais incendient ceux dont l'oreille de bois n'écoutent rien du dedans ; ceux aussi dont la langue de bois contournent les mots pour taire leurs noirs desseins. Fourbis ton épée afin qu'à nouveau elle sorte de son fourreau telle une langue de feu qui jettera la confusion sur la superbe des âmes grises. Voici, tu n'es plus seule car ces temps sont de convergence. Partout, les croisées de l'Histoire dessinent des rassemblements dont personne ne soupçonne ni ne mesure l'étendue. Vois, les forces de l'ombre sont à l’œuvre dans beaucoup de contrées du monde ; là, elles répandent les cris et les pleurs par le fer et le sang ; ailleurs, elles désespèrent les nations par la servitude et la spoliation ; partout, elles mangent le manteau de la Mère pour l'ensuite revêtir d'ordures. En ces temps où ceux qui parlent ne disent plus, où ceux qui écoutent n'entendent plus, où ceux qui s'interrogent ne comprennent plus, les mots seront tiens, invincibles car irréductibles.

Oui, repose-toi, guerrière, en ce solstice où la lumière recentrée forge dans le plus grand secret tout son tranchant à venir. Rien n'est vain qui renverse les trônes de la déraison ; rien n'est vaincu qui marche avec la vie. Le néant n'appartient qu'à ceux qui s'emplissent d'eux-mêmes. Le vide appelle le vide, le semblable le semblable. Un jour, guerrière fatiguée, l'on se souviendra que tu fus femme d'abord, pleine d'un amour irradiant qui ne demandait qu'à poser ses mille et mille rayons dans un cœur qui n'aurait jamais cessé de s'ouvrir.

Ne dis rien, guerrière, pas encore, tu briserais le silence et mangerais le blé en herbe, à l'instar de ce monde qui dévore le temps, dans sa hâte de disparaître. Envoie juste un signe car une petite étoile dans le firmament est reine de ses mondes.

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