mercredi 5 novembre 2014

Quelques roses

C’est la rose d’argent (que j’aime ce métal !
Même si son usage est quelquefois funeste)…
Rose de gueules, viens orner la voie céleste
Où chaque étoile évoque une rose en cristal.

C’est la rose d’azur, tout comme un ciel fatal,
Qui séduit nos regards de sa lueur modeste ;
La rose de sinople au rosier palimpseste,
Est au matin cueillie par un garçon brutal.

Rose d’or convoitée par les gens de la ville
Au point qu’ils en feront une guerre civile ;
Par la rose de sable ils seront condamnés.

Rose d’hermine, viens redorer notre lustre :
Autrement, nous serons penauds, comme des rustres
Qui d’héraldiques fleurs se verraient piétiner.

1 commentaire:

  1. Autres roses
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    C'est la rose de marbre, en haut d'un piédestal,
    Qui ruisselait d'un flot de lumière funeste.
    C'est la rose de verre, en un prisme céleste,
    Qui déployait son coeur plus froid que le cristal.

    La rose de charbon, comme un oiseau fatal,
    Devenait fleur de braise à la lueur modeste.
    La rose de papier, ornée d'un palimpseste,
    Souffrait sans désespoir l'assaut du vent brutal.

    La rose nuageuse, en planant sur la ville,
    Parlait, dans le malheur et la guerre civile,
    À la rose de bois portant les condamnés.

    Or, la rose de fer, battue pendant des lustres,
    Rendait admiratifs les nobles et les rustres ;
    Fleurs qu'un joli talon s'amuse à piétiner.

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