dimanche 9 novembre 2014

Les sept pantoufles


La pantoufle d’argent se porte aux jours de fête,
Lorsque les bateleurs sur scène font des tours ;
De gueules pantouflé, l’évêque en grands atours
Séduit une vestale, une muse parfaite.  

La pantoufle d’azur arpente, satisfaite,
L’incroyable douceur des tapis de velours ;
Pantouflé de sinople, un bouffon de la Cour
Fait rire un vieux noceur à la mine défaite.  

Une pantoufle d’or, instrument du destin,
Conduit vers le triomphe un chétif palotin ;
La pantoufle de sable habille et transfigure  

Dans le cœur de la nuit, le pied d’un dieu païen ;
La pantoufle d’hermine, en voulant rester pure,
Dormant dans son placard, ne contribue à rien.

1 commentaire:

  1. Une autre pantoufle (pour Roger Lefebvre)
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    Le chant d’une pantoufle aux accents idylliques
    Lui permet de séduire un timide escargot.
    Il cesse de courser les homards aux portiques
    Et sa nouvelle amie lui apprend le tricot.

    Ensuite ils vont tous deux visiter l’Amérique,
    Nourris d’amour, d’eau fraîche et de gros asticots.
    Rien ne peut arrêter leur marche pacifique,
    Sauf si on leur offrait des tranches de gigot.

    Ne porte nulle atteinte à leur gloire impériale,
    Tout l’été chanteront ainsi qu’une cigale,
    Et la bise venue, adviendra leur trépas.

    Lecteur, si mon récit par endroits te déroute,
    C’est le pétrole assis sur le bord de la route
    Qu’il faut interroger, surtout, n’hésite pas.

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