mercredi 5 novembre 2014

Le spleen de la forêt


Ma forêt est une cathédrale 
aux mille colonnes d'arbres
et ma vie un dédale 
aux mille sourires de marbre.

Ce matin, je rencontre l'été
Au détour d'un chemin creux.
La bouche fendue, l'échine voûtée,
Il traîne son spectre terreux.
  
Le soleil vieillissant d'août
Effleure sa mer de cimes,
S'y infuse et s'y déroute
Jusqu'au bout du rayon ultime.

Mes pas écrivent sur le sable rose
Du chemin profond un poème mouvant,
Où la trace furtive se métamorphose
En signe de vie brouillé par les vents.
Sous un dôme rocheux serti de galets,
Je médite sur les sillons de ma vie
Hantée de nuits et de feux-follets,
D'étoiles semées et de lunes qui rient.

Sous une voûte de chênes
Marqués du signe fatal
S'ouvre un sentier qui me ramène
Aux prémices d'un exil hivernal.
  
Cette saison est une femme chaude
Qui vous enivre de ses effluves.
Ah ! ne revienne l'hiver d'exode
Et demeure le brûlant de l'étuve !

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