vendredi 28 novembre 2014

Fin d'Ophélie


Muse à la voix blême,
Chante tes adieux
Dans les chrysanthèmes.

Chante pour les dieux
Du ciel d’amarante,
Mais pas pour mes yeux.

La nuit transparente
Transforme un tombeau
En chair fulgurante ;

Les astres sont beaux,
La lune est humaine
Autant qu’un corbeau.

Ton cœur se promène
Vers les eaux, là-bas,
Toute une semaine ;


Et je n’y vais pas. 

Muse de romance
Cueille le jasmin
Dans le parc immense,

Au bord du chemin,
Au cœur des prairies,
Parfume tes mains

De ces fleurs meurtries ;
Tu n’as pas sommeil,
Chante l’insomnie,

Attends le soleil :
Sainte-Catherine
Te l’offre vermeil,

Ô muse chagrine.

Ci-dessus, Ophélia (détail) de John Everett Millais (1829-1896)
Illustration d'en-tête de Theodor Von der Beek (1838-1921)

2 commentaires:

  1. Il fallait bien que notre Cochonfucius dévoile 1 face cachée
    de son yang ou son yin va savoir -
    Son côté mort bide !
    La muse en dos écroulée (de rire bien sur !)

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