dimanche 2 novembre 2014

Dis, l'Ami, quand reviendras-tu ?

D'or et de soleil, mon regard se perd à contempler l'impénétrable étendue des choses. D'aimer la lumière me fait flamme ; d'aimer la terre me rend fertile ; d'aimer l'eau me transforme en lit sacré où coule le fluide des rythmes vrais. J'y trempe ma plume pour tracer des rivières de réjouissances. Mes rêves sont fruits qui mûrissent sous les rayons de mon cœur pénétré du grand Mystère. Je suis la poétesse de ton errance qui, à la suspension des instants, écrit ce que crie ton absence. Je suis l'écho de ton silence qui, dans la nuit des jours défunts, mendie un peu de ta présence. Je suis la compagne de ta souffrance qui, par coupes débordantes, arrose les racines de ta jouvence. Vois comme l'infini mouvant dilate mon âme et emplit ma mesure. Sens-tu battre dans mes veines les mélopées anciennes ? L'Ami, entends-tu cette hyménée qui prolonge à jamais les prémices de l'amour ? Oh ! quitte enfin cette ombre, sors de la nuit. Voici monter la flamme qui éclaire la cause de nous ; voici descendre la lumière qui éloigne le drame du jour. Dis, l'Ami, quand reviendras-tu ?

5 commentaires:

  1. Cela fait un moment que je vous suis. J'aime beaucoup vos textes, d'une sensibilité fine, pleins d'implicites aussi. Justement, on dirait que vous écrivez à quelqu'un de précis... L'ensemble donne l'impression d'une sorte de jeu de piste, d'un dialogue en filigrane... D'ailleurs, ce blog est, dans l'ensemble, assez étrange. Il enchaîne des sujets très variés autour de cet axe principal qu'est l'héraldique, et, en même temps, c'est comme s'il était composite. Comme si plusieurs blogs s'étaient donnés rendez-vous pour naviguer de conserve. Une sorte de confluence où les courants semblent se fondre un seul sans pourtant mêler leurs eaux. Avouez que c'est curieux.
    J.Michel, Paris

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    1. Petite erreur, il fallait lire : "... où les courants semblent se fondre en un seul..."

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    2. N'est-il pas dit que la réponse est déjà contenue dans la question quand celle-ci est bien posée ? Votre commentaire, très pertinent, m'assure au moins d'une chose : il y a encore des lecteurs ! Pour ce qui est de la curiosité, ne trouvez-vous pas que la vie est elle-même bien curieuse, pour ne pas dire surréaliste ? Qu'elle n'est « normale » que par notre propension à en banaliser les moindres composants ? À réduire finalement tout au plus petit dénominateur commun de la plate fonctionnalité ? À succomber, donc, à la pesanteur du principe de réalité ? L'écriture est un moyen de déjouer le champ d'attraction de ce trou noir de l'insignifiance. Et je suis heureuse qu'il y ait tant d'écrivains, de poètes, d'artistes qui – pour beaucoup, sans doute, à leur insu – entretiennent et même renforcent cette résistance-là. Qu'ils soient vivants ou morts n'y changent rien. N'être que de son temps, c'est n'appartenir à aucun.

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    3. Merci de votre réponse éclairante. En somme, si je vous entends bien, une vie "normale" est une vie banale, "platement fonctionnelle"... J. Michel

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    4. Il serait plus juste de parler de vie normative, ce vers quoi nous inclinons naturellement et ce dans quoi la société de consommation a beau jeu de nous enfoncer tout à fait, nous réduisant au final à des instruments voués à digérer les produits qui nous inondent en permanence, accaparant toute notre attention et notre énergie et nous éloignant de la vie intérieure jusqu'à nous vider de nous-mêmes. Cette fabrique du vide - et finalement du néant - est orchestrée par la publicité omniprésente qui procède à un tir de barrage permanent, engloutissant des milliards, une dépense qui s'avère rentable parce que efficace, efficace grâce à une masse de gens manipulables. Le plus petit dénominateur commun auquel tous sont voués à se convertir tient en cette phrase incantatoire : "Ne pense pas et consomme !" (avec une pensée induite : "Si tu ne consommes pas, tu n'existes pas.")

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