mardi 25 novembre 2014

Barde, ne me chante plus


Barde, ne me chante plus les bravoures de jadis 
Où l'on vit tomber tant d'hommes dans la fleur de l'âge, 
Laissant veuves éplorées boire à l'amère calice 
Et orphelins jetés en cruel mûrissage. 

Ne me chante pas davantage les sombres exploits 
De ce temps nôtre qui est de très vile folie 
Et dont les œuvres sont du plus mauvais aloi ; 
Où chaque jour la simple raison se voit abolie. 

Tromperie et trahison sont les fruits putrides 
De ce bas monde désaxé soumis au Veau d'or 
Incarné dans ce papier qu'on dit inodore. 

L'on tue, l'on détruit et rend les peuples apatrides 
Pour se bien servir et jouir telles des bêtes immondes. 
Ô barde, ne me chante plus la noirceur du monde !

3 commentaires:

  1. Chante-nous ce que soufflent les fées et les anges
    Et ce que murmure le vent qui caresse le feuilles ;
    Chante à notre âme meurtrie sa destinée étrange ;
    Rythme nos pas sur les voies d'un monde sans orgueil.

    Couvre de ton chant les niaiseries de l'époque
    Et ses plats engouements dont l'avenir se moque ;
    Inspire-nous l'honneur d'être encore des hommes de chair
    Et d'esprit dont l'âme n'est pas à vendre aux enchères.

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    1. Quelques bardes répondent
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      Toute terre est pour nous Pays de Poésie :
      Les clairières s’ouvrant au coeur de la forêt,
      Le sombre cimetière en la nuit obscurcie,
      Le parc où Du Bellay cultivait ses Regrets.

      Pays de Fantaisie, et non de Frénésie !
      Sans haine, sans lourdeur, sans le moindre secret,
      Nourris de petits plats, non de vaine ambroisie ;
      Heureux de raconter le monde vu de près

      Ou de redécouvrir le lieu natal d’Homère ;
      Ainsi se forme un livre à la mince épaisseur
      Où l’ondine répond à l’antique chimère,

      Livre commémorant des instants de douceur
      Dans cette herbe où jadis (t’en souvient-il, ma soeur ?)
      Un tigre minuscule avait perdu sa mère.

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    2. Cela me plaît bien. Merci Barde pour ces mots qui disent les choses comme l'on pose les beaux objets ; qui s'entendent comme l'on écoute le haut silence.

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