samedi 11 octobre 2014

La pensée du jour : Paul Valéry (1871-1845)

Croyez vous donc que je me serais levé toute ma vie à trois heures du matin, pour ne penser que comme les autres !
Cahiers

Nous avons de quoi saisir ce qui n'existe pas et de quoi ne pas voir ce qui nous crève les yeux.
Mauvaises pensées et autres (1941)

On ne sait jamais avec qui l'on couche.
Tel Quel (1941)

Dieu créa l'homme, et ne le trouvant pas assez seul, il lui donne une compagne pour lui faire mieux sentir sa solitude.
Tel Quel (1941), Moralités

Le Monde n'a plus besoin de vous ni de moi... Nous voyons enfin apparaître le miracle d'une société animale, une parfaite et définitive fourmilière...

Les Français ont plus de foi dans l'homme qu'ils n'ont d'illusions sur les hommes.

L'Europe aspire visiblement à être gouvernée par une commission américaine. Toute sa politique s'y dirige.
Regards sur le monde actuel (1931), Notes sur la grandeur et décadence de l'Europe

Liberté, égalité. Ces deux principes se nuisent. Car la liberté permet le développement des inégalités naturelles. Le plus doué a licence de dévorer ou de dominer le moins doué.
Cahiers

Il n'est rien qui me surprenne et me scandalise comme de voir des hommes désirer et rechercher furieusement le pouvoir, quand on ne devrait le prendre qu'avec terreur, et comme un fardeau incommensurable aux forces humaines.
Cahiers

Je ne suis pas toujours de mon avis.
Cahiers

Les véritables secrets d'un être lui sont plus secrets qu'ils ne le sont à autrui.
Tel Quel (1941)

J'ai beau faire, tout m'intéresse.
Cahiers

Ce qui a été cru par tous, et toutjours et partout, a toutes les chances d'être faux.
Tel Quel (1941)

L'amour consiste à pouvoir être bêtes ensemble.
Monsieur Teste (1926)

On oublie très aisément que, par nécessité de son état, le poète doit être le dernier des hommes à se payer de mots.
Variété II (1930)

Baisers, baves d'amour, basses béatitudes,
O mouvements marins des amants confondus,
Mon cœur m'a conseillé de telles solitudes,
Et j'ai placé si haut mes jardins suspendus.
Album de vers anciens (1920), Air de Sémiramis

2 commentaires:

  1. Paul Valéry
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    Mon maître, tu n’es point naïf :
    Ton coeur fut instruit aux portiques
    Où marchaient les sages antiques,
    Dans l’ombre des pins et des ifs.

    Mon maître, ton esprit furtif
    Produit des sons aromatiques ;
    Même dans ton oeuvre érotique,
    On décèle un accent pensif.

    Tous les mystères qui te hantent
    Font que subtilement tu chantes
    Le fort, l’amer et le sucré ;

    Cher Paul, dans ton grand coeur farouche
    Ont mûri quelques mots sacrés
    Que nous transmet ta noble bouche !

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    1. Bel hommage d'un poète à un autre, dont la lecture est à la fois une descente dans les entrailles et une montée vers... comment dire.. le matin à nouveau possible des choses. L'aube a son prix.

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