lundi 20 octobre 2014

La pensée du jour : Mohandas Gandhi (1869-1948)

Remplacez la cupidité par l'amour et tout sera à sa place.
 
Ce que tu gagneras par la violence, une violence plus grande te le fera perdre.

En réalité il existe autant de religions que d'individus.

Là où il y a la peur, il n'y a pas de religion.

 
La force réside dans l'absence de crainte, et non dans la quantité de chair et de muscle que nous avons dans notre corps.

Une erreur ne devient pas vérité parce que tout le monde y croit, pas plus qu'une vérité ne peut devenir erreur lorsque personne n'y adhère.

Si chacun s'efforçait de travailler pour le pain qu'il lui faut, sans plus, alors il y aurait assez de nourriture et de loisir pour tous.

Je me méfie de ceux qui proclament leur foi aux autres, surtout lorsqu'ils ont en vue de les convertir. La foi n'est pas faite pour qu'on en parle mais pour qu'on la vive. Alors, d'elle-même, elle se propage.

Mieux vaut y mettre tout son cœur et ne pas trouver les mots pour le dire, que trouver les mots pour le dire et ne pas y mettre tout son cœur.

Un service rendu sans joie n'enrichit ni celui qui le rend, ni celui qui le reçoit. Mais tous les biens et les plaisirs matériels se dissolvent dans le néant face à un service rendu dans un esprit de joie. 

 
Mohandas Karamchand Gandhi : dit souvent le Mahatma Gandhi. Penseur, homme politique et dirigeant nationaliste indien (1869-1948) au rôle déterminant dans la lutte pour l'indépendance de l'Inde sous l'Empire britannique.

La civilisation selon Gandhi
« Voyons tout d'abord quel est l'état de choses que sous-entend le mot « civilisation ». Un point est certain : les gens qui la subissent font, du bien-être maté­riel, le principal objet de leur vie. Prenons quelques exemples. Les peuples d'Europe sont beaucoup mieux logés qu'il y a une cen­taine d'années. On considère cela comme la marque même de la civilisation et ce pro­grès contribue au bonheur matériel. Autrefois, on se vêtait de peaux de bêtes, et comme armes on employait des lances. Maintenant, on porte des pantalons longs, l'on se pare de toutes sortes de vêtements, et les lances ont été remplacées par des revolvers à chargeurs contenant cinq balles ou davantage. Si les habitants d'un pays où l'on ne porte que peu de vêtements, de chaussures, se mettent à s'habiller à l'européenne, on considère qu'ils ont passé de la sauvagerie à la civilisation [Autrefois, en Europe, le travail de la terre se faisait à la main. Maintenant un homme peut à lui seul labourer de vastes terrains au moyen de machines motorisées, et amasser ainsi de grandes richesses. C'est ce que l'on appelle un signe de civilisation] Autrefois, quelques hommes seulement écrivaient des livres de valeur. De nos jours, tout le monde écrit et publie n'importe quoi, et l'on empoisonne ainsi l'esprit des gens. Autrefois, on voyageait dans des charrettes. Maintenant on se déplace dans les airs, et l'on couvre des centaines de kilomètres par jour. Tout cela est considéré comme le sommet de la civilisation. On pré­voit d'atteindre des vitesses de plus en plus grandes et de pouvoir, en quelques heures se trouver dans n'importe quelle partie du globe. Les hommes n'auront plus besoin de leurs mains ni de leurs pieds. Ils presseront sur un bouton, et leurs vêtements se poseront devant eux. Ils presseront sur un autre bouton pouravoir leur journal. Sur un troisième, et une voiture viendra les prendre. Ils auront à dis­position tout un assortiment de plats fine­ment préparés. Tout cela sera fait par des machines. Autrefois, lorsque les gens vou­laient se battre, ils se mesuraient dans des corps-à-corps. Maintenant, un seul homme peut, avec sa mitraillette, abattre des milliers de gens. C'est la civilisation. Autrefois, lors­que les hommes travaillaient en plein air, ils y restaient le temps qu'ils voulaient. Aujour­d'hui, des milliers d'ouvriers sont requis pour faire marcher les usines ou pour travailler dans les mines, et leur condition est pire que celle des bêtes. Au péril de leur vie, et pour le seul bénéfice de millionnaires, ils sont employés aux plus dangereux travaux. Autre­fois, les hommes étaient réduits en esclavage par une contrainte physique. Maintenant ils le sont par la tentation que représente l'argent et tout ce qu'il permet d'acquérir. De nos jours, il existe des maladies que l'on n'aurait jamais imaginées autrefois, et qui demandent une armée de docteurs à la recherche des remèdes correspondants, et une forte aug­mentation des hôpitaux. C'est encore un résultat de la civilisation Autrefois, l'envoi d'une lettre exigeait une grande dépense, et un messager spécial était chargé du trans­port ; aujourd'hui, n'importe qui peut insulter son voisin par lettre pour la modeste somme d'un penny. Il est vrai que pour la même somme on peut aussi envoyer des remerciements. Autrefois, les gens étaient nourris par deux ou trois repas composés de pain qu'ils avaient fabriqué eux-mêmes et de légumes ; maintenant, ils veulent manger toutes les deux heures, et trouvent à peine le temps de faire autre chose. Que puis-je vous dire de plus? Tout ce que je vous dis vous sera confirmé par bien des ouvrages autori­sés, car ce sont les véritables résultats de la civilisation. Et celui qui vous dit le contraire est un ignorant. Cette civilisation ne tient compte ni de la morale ni de la religion ; ses adeptes déclarent calmement que leur travail n'est pas d'enseigner la religion. Plusieurs d'entre eux même disent de celle-ci qu'elle n'est qu'une croyance superstitieuse. D'autres se cachent sous le masque de la religion pour parler de morale. Mais vingt années d'expé­rience m'ont appris que la morale enseignée cache souvent une grande immoralité. Même un enfant le verrait : dans tout ce que je viens de vous décrire rien n'incite à se confor­mer à la morale. La civilisation, qui cherche à augmenter le bien-être matériel, échoue misé­rablement même dans ce domaine-là.

Cette civilisation est l'irréligion même, et son empire est tel sur les Européens que ceux qui le subissent nous paraissent à moitié fous. Ils n'ont ni force physique ni courage. Ils se saoulent pour se donner quelque énergie. Ils ont bien de la peine à être heureux dans la solitude. Les femmes, qui devraient être les reines du logis, errent dans les rues, ou s'épuisent dans des usines. Pour gagner un maigre salaire, un demi-million de femmes anglaises travaillent en fabrique ou en usine dans des conditions très pénibles. Ce terrible état de choses est une des causes de la cons­tante augmentation du mouvement des suffra­gettes.

Cette civilisation est telle qu'il nous suffit d'attendre avec patience qu'elle se détruise elle-même. Selon l'enseignement de Maho­met, il s'agit là d'une civilisation satanique. L'Hindouisme l'appelle l'Age Noir. Je n'ar­rive pas à vous en donner véritablement la notion, niais elle se nourrit de la force vitale même de la nation anglaise, et il faut la fuir. } Les parlements sont l'emblème même de l'esclavage. (Si vous voulez bien y réfléchir, vous acquerrez la même opinion et vous ces­serez de blâmer les Anglais. Ils méritent plu­tôt notre sympathie. C'est un peuple clair­voyant, c'est pourquoi je crois qu'il saura se débarrasser de ce mal. Il est actif et entrepre­nant, et sa manière de penser n'est pas natu­rellement immorale, il a plutôt bon cœur. C'est pourquoi je le respecte. La civilisation n'est pas une maladie incurable, mais il ne nous faut jamais perdre de vue que le peuple anglais en est affligé en ce moment ».


En 1936, alors que la violence s’apprête à embraser le monde, Lanza Del Vasto veut rencontrer Gandhi et retrouver par lui les valeurs de l’Évangile. Il décide donc de partir en Inde à pied, afin de poursuivre son expérience, plus profondément, au contact réel avec les humains. Dans Le pèlerinage aux sources, Lanza del Vasto nous fait traverser une Inde immémoriale, de Ceylan à l’Himalaya, et nous raconte comment l’enseignement du Mahatma a transformé sa vie. Il nous invite à un inoubliable voyage au cœur d’un pays et de nous-mêmes. «Et que la route fasse chanter ton corps de roseau sec et tes jambes de vent !» De Ceylan à Wharda, du Gange à Port-Saïd, il nous entraîne dans son aventure spirituelle sans se départir de son humour. Celui que Gandhi appela Shantidas, c'est-à-dire Serviteur-de-paix, met à la portée de tous la sagesse millénaire de l'Inde avec son Pèlerinage aux sources, ouvrage dont la publication en 1943 eut un retentissement considérable. Rentré en Europe, il attire, comme son maître Gandhi, de nombreux disciples. Il fonde une communauté et des groupes d'amis en France et dans plusieurs autres pays. 

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