samedi 23 août 2014

Paris, certains jours

Les nuages bien cotonneux, tels des morceaux d'ouate, flottaient benoîtement dans l'azur en un cortège bien ordonné. On eût dit des blancs en neige dans une crème anglaise bleue. L'air était certes un peu frais pour la saison mais l'atmosphère avait cette légèreté de certains matins d'avril, quand le printemps s'installe sans hâte, dans un bourgeonnement tranquille en mille nuances de vert. Ainsi les derniers jours de ce mois d'août semblaient vouloir se gorger d'un été finissant et adouci, jouir de sa maturité irradiante, enveloppante, presque tendre. Même les rues, pourtant pleines de monde, respiraient cette tranquillité rentière et le rythme des choses était comme apaisé. Il faisait bon marcher le long des façades endormies et des boutiques assoupies. Paris redevenait cette enfilade de villages cossus et de rues pittoresques que les touristes arpentent avec étonnement et bonheur. C'était un peu comme si la reine des cités avait pris des airs de duchesse de province affranchie de l'étiquette de la Cour ; comme si la grande ville, altière et inaccessible, avait laissé là son affectation pour se laisser aborder, sentir, toucher... Respirer Paris, cela conserve l'âme, écrivait Victor Hugo. Il faut du temps pour le comprendre. Paris ne s'offre pas au premier venu. Jamais.

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