jeudi 14 août 2014

Allô... t'es où ?

Comme toi : au milieu de nulle part... Et nulle part vraiment au milieu. Je me cherche toujours un centre de gravité.Tu sais, ce point d'équilibre qui est aussi un point de basculement. À équidistance entre l'être et le non-être, entre le sens et l'absurde. Un espace infinitésimal que j'encombre immensément de moi-même... enfin, de l'idée de moi-même. Fichtrement tenace. Comme toutes les illusions. La société, le monde, la vie... sont la fosse commune des idées de soi-même, tu ne trouves pas ? Et du même coup de celles que l'on se fait d'autrui. Comme toi, je me cherche une ligne d'ajustement dont l'incoercible ondulation ne parte pas en vrille. Et comme toi, il m'arrive encore de rêver debout, sauf que je le fais sur place, ayant tendance à me confiner, à me laisser mariner dans mon jus, au point d'en être confit. J'ai tendance à mijoter les questions. Mais de là à fomenter les réponses... Il y a loin de la coupe aux lèvres. Allô... Tu es toujours là ? Depuis que je me suis rendu joignable à merci, j'ai tendance à lorgner sur la prothèse téléphonique. Je sais encore éviter de la tripoter en permanence, mais bon... Enfin, tout ça pour te dire qu'à Paris la plage est toujours aussi navrante, les touristes plus déambulatoires que jamais et qu'au Jardin du Luxembourg, les petits bateaux font toujours le tour du bassin central, devant l’œil attendri des mères. Je comptais lire un peu près de la fontaine Médicis, mais les ondées à répétition ne m'en laissent guère le loisir. Je finirais peut-être par manger une glace italienne dans le square de la tour Saint-Jacques, près de ce beau menhir dardé vers un ailleurs que les gens cherchent vainement sur la plate rotondité de Planète Center. Sinon, l'eau coule toujours sous les ponts de la Seine... et ailleurs aussi.

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