vendredi 6 juin 2014

Notre pain quotidien

Le pain quotidien, de Henri Poulaille (1896-1980) est un roman paru en 1931 ayant pour cadre le Paris du 15e arrondissement, et plus précisément la rue Saint-Charles, dont l'École Lacordaire, entre 1903 et 1906. Il décrit la vie au jour le jour d'ouvriers parisiens, et plus particulièrement d'une famille, les Magneux. Henri, le père est charpentier. Tombé d'un échafaudage, il est obligé de rester allongé six mois. 
 
L'assurance refuse de le couvrir mais « les copains » se cotisent pour lui verser l'équivalent de la somme. La mère, Hortense, canneuses de chaises, supporte sans riposter l'humeur maussade de son mari qui se désespère de ne pas bouger. Quand Henri peut à nouveau marcher, il accepte de ne pas remonter immédiatement sur les échafaudages et d'aider le tâcheron à superviser le travail. Le pain quotidien, c'est aussi l'humour tonitruant de la Radigond et le regard d'un enfant sur l'existence, à qui on apprend que le pain quotidien, c'est ce qui permet de vivre. Ce livre est aussi un témoignage de l'auteur qui nous raconte ici les souvenirs de son enfance.

Dans Études du 20 mars 1932, revue des Jésuites, Louis de Mondadon fait l'éloge de l'ouvrage en ces termes :

Quel style mes amis ! La phrase jaillit capricieuse ; elle va, elle court, elle bondit, impatiente des moindres gênes, bouscule les enchaînements logiques, disloque les accords grammaticaux, tronque les syllabes, brouille les désinences et charrie, pêle-mêle à travers le flot en désordre, tel le ruisseau qui ramasse le long des trottoirs et emporte d'un cours torrentueux les détritus avec le limon, cette écume et les balayures du langage que sont les termes d'argot.

Dans le Figaro du 7 avril 1934, Maurice Noël écrit :
Le pain quotidien apparaît comme une œuvre sortie chaude d'une existence prolétarienne. Le moindre croquis, le dialogue, la transparence des âmes, le vocabulaire, - dans leur naturel parfait – tout indique l'authenticité jusqu'à la moelle.

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