lundi 17 mars 2014

Un sourire énigmatique

Ce tableau offre un contraste entre la ligne du regard et celle de l'index. En réalité, il s'agit d'une seule et même ligne qui vient d'abord, si l'on peut dire, par une horizontale oblique -par en-dessous en quelque sorte- pour remonter aussitôt, en suivant la courbe du bras, en une verticale franche. Si ce Jean-Baptiste-là parlait, il dirait sans doute : « Là où tu sais... » ou encore : « Qui tu sais... » Mais a-t-on réellement besoin de parler quand on est si éloquent ! L'essentiel est au-delà des mots.
  

Kenneth Clark, lui, voit dans ce geste le paradigme de la quête de Léonard, «l’éternel point d’interrogation, le mystère de la création» et dans le sourire du Saint, celui du Sphynx.

Léonard, qui s'est interrogé toute sa vie, croyant pouvoir percer les mystères du monde, s'est aperçu en fin de compte que c'était impossible. La vérité est ailleurs. Toujours.

C'est là le dernier tableau du maître, peint vers 1514. Sans doute son testament spirituel.

 
Le sourire des sphinx (égyptien à gauche et grec à droite)

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