mercredi 12 mars 2014

Le blason de la malbouffe

Chappé ployé de gueules et d'argent, chargé en pointe de l'inscription encadrée "Mal manger tue", le tout de sable.

Il y a longtemps que les pratiques alimentaires désastreuses sont pointées. L'hebdomadaire Marianne du 13 février 2014 a consacré un nouveau dossier à cette question de société aux conséquences lourdes et redoutées.



Extraits de l'introduction

LA MALBOUFFE TUE

"Accidents cardio-vasculaires, obésité, diabète, cholestérol, cancers : aujourd'hui ,on meurt de mal manger. En cause, une obsession du moindre coût, avec un appauvrissement nutritionnel des aliments dévastateurs. Résultat:les labos s'enrichissent et le trou de la Sécu se creuse. Comme sortir de ce système infernal ? Le remède est dans les champs... mais aussi dans nos choix de vie !" 

Comment y échapper 

La malbouffe tue. Non seulement on le sait mais on le dit. Haut et fort. Il fallu un peu de temps pour le prouver, car la malbouffe ne tue pas sur le coup, ne crépite pas comme une rafale de mitrailleuse, n'explose pas comme une bombe, elle donne la mort sournoisement. Une mort semblable à la calomnie de Beaumarchais : elle germe, elle rampe, elle chemine, de bouche en bouche, puis tout à coup se dresse, s'enfle, s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, avant de devenir un cri général, un crescendo public... Il aura fallu une génération pour comprendre et cerner le phénomène. Les devins de la santé publique le président, des agronomes l'annonçaient, le corps médicale et la science le constatant aujourd'hui, la malbouffe, et les comportements sociaux qu'elle induit, est à l'origine directe des graves maladies qui sévissent en Occident. Elle frappe des millions de gens, avant de les envoyer a l'hôpital, puis au cimetière. C'est pourquoi le système commence à s'inquiéter et se réorganise pour limiter la casse, ou mieux la gérer, tout du moins dans les apparences. Son nouveaux slogan est « Mangez, on s'occupe du reste ! » 

Malgré son coût, notre agriculture ne respecte ni le pacte social qui la lie aux paysans, ni le pacte environnemental qui la lie aux générations futures, ni même le pacte de santé publique qui la lie à chacun de nous. Les ressources d’eau sont gaspillées et nous ingurgitons chaque jour notre dose de pesticides.Après deux années d’enquête, Isabelle Saporta montre l’absurdité du système, en le remontant de la fourche à la fourchette, du cours d’eau pollué aux cancers environnementaux provoqués par les pesticides, des animaux trop traités à l’antibiorésistance. Malgré tout, il est encore possible de revenir à plus de raison. Certains travaillent d’arrache-pied à remettre les champs dans les sillons du bon sens paysan, il suffit de les écouter !



 Comment des animaux sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils dans le plus grand secret des méthodes pour "fabriquer" de la "matière" à partir d'êtres vivants et sensibles ? Comment peut-on accepter la barbarie de l'élevage industriel ? Pourquoi laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d'antibiotiques et d'hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver la famine et la crise climatique ? L'industrie de la viande menace le monde, et personne ne semble s'en préoccuper. En s'appuyant sur de nombreuses études ainsi que sur les témoignages d'éleveurs, d'ouvriers d'abattoirs ou de responsables de grandes firmes internationales, Fabrice Nicolino détaille le fonctionnement de cet univers mal connu et dresse un bilan alarmant. Une enquête coup de poing qui fera considérer d'un autre oeil le poulet rôti ou le rosbif du dimanche midi !


Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'incidence du taux de cancer a doublé au cours des trente dernières années (déduction faite du facteur de vieillissement de la population). Durant cette période, la progression des leucémies et des tumeurs cérébrales chez l'enfant a été d'environ 2 % par an. Et l'OMS constate une évolution similaire pour les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) et auto-immunes, ou pour les dysfonctionnements de la reproduction. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ? C'est à cette question que répond Marie-Monique Robin dans ce nouveau livre choc, fruit d'une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. S'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de représentants des agences de réglementation - comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) -, elle montre que la cause principale de l'épidémie est d'origine environnementale : elle est due aux quelque 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement, et principalement notre alimentation, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour cela, l'auteure retrace le mode de production des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu'à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d'évaluation et d'homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l'aspartame et du Bisphenol A, et montre qu'il est totalement défaillant et inadapté. Surtout, elle raconte les pressions et les manipulations de l'industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques. Et elle explore les pistes permettant de se protéger en soutenant ses mécanismes immunitaires par... la nourriture, ainsi que le démontrent de nombreuses études scientifiques (décriées par l'industrie pharmaceutique).


Implantée dans quarante-six pays, Monsanto est devenue le leader mondial des OGM, mais aussi l'une des entreprises les plus controversées de l'histoire industrielle. Dans les dernières décennies, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits (PCB, " agent orange, ou hormones de croissance bovine et laitière). Pourtant, elle se présente aujourd'hui comme une entreprise des " sciences de la vie convertie aux vertus du développement durable. Grâce à la commercialisation de semences transgéniques, elle prétend vouloir faire reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l'humanité. Qu'en est-il exactement ? S'appuyant sur des documents inédits, des témoignages de victimes, de scientifiques ou d'hommes politiques, ce livre retrace l'histoire d'un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l'administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu le premier semencier du monde. Et il révèle notamment le rôle joué par Monsanto dans le formidable tour de passe-passe qui a permis l'extension planétaire des cultures OGM, sans aucun contrôle sérieux de leurs effets sur la nature et la santé humaine.