vendredi 8 mars 2013

La pensée du jour : Aung San Suu Kyi

Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime…

Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (...) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de resurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé.


Fille du leader de la libération Aung San assassiné en 1947, Aung San Suu Kyi est élevée en Inde et en Grande-Bretagne par une mère diplomate. Après des études de philosophie, d’économie et de sciences politiques à Oxford, la jeune femme travaille aux Etats-Unis pour le compte des Nations Unies. En 1988, elle retourne dans son pays afin de veiller sa mère malade, puis s’engage en faveur du peuple birman. Influencée par les idées de Gandhi et de Martin Luther King, elle fonde avec des amis militants la Ligue nationale pour la démocratie, destinée à mettre en place un régime démocratique dans le pays. Inquiétée par sa popularité, la junte militaire au pouvoir l’assigne alors à résidence, de sorte qu’elle ne sort plus de sa maison délabrée depuis 1989. Celle qui est devenue le symbole de la résistance à la dictature birmane ne peut recevoir le prix Nobel de la paix qui lui est décerné en 1991. Malgré sa notoriété auprès du peuple (elle a obtenu 80 % des suffrages aux élections de 1990), Aung San Suu Kyi reste prisonnière. En tant que fervente bouddhiste, elle est opposée à toute forme de violence et poursuit sa mission auprès des opprimés via son parti.

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