lundi 24 décembre 2012

Un petit mot sur Noël

Entre le Soleil Invaincu des Romains fêté au solstice d'hiver et la naissance de Jésus à Béthléem fêtée le 25 décembre par les Chrétiens, Noël inspire l'idée d'un avènement. Peut-être un nouveau matin du monde...

Que Noël est essentiellement une fête familiale, plus personne n'en doute, hormis ceux et celles, fort nombreux au demeurant, qui sont renvoyés à leur solitude plus cruellement que jamais ce soir-là. On aura aussi suffisamment dit que Noël est la fête commerciale par excellence car ce jour-là, c'est un peu l'anniversaire de tout le monde. Mais dans le fond, tous ces cadeaux achetés sont bons pour l'emploi, ce qui leur confère une vertu économique certaine. Bien-sûr, la consommation atteint une frénésie sans pareille mais n'est-ce pas pour le plaisir d'offrir ?! Évidemment, la fête de Noël a perdu de son charme et de son sens et se réduit à n'être qu'un festin de plus pour estomacs fatigués. Mais dans cette époque atomisée et tourmentée, tout ce qui apaise et réunit est positif. Noël est une suspension ô combien précieuse qui réveille l'enfant en nous et réaffirme notre désir profond du bonheur partagé, dans la douce quiétude du foyer et l'idée, voire l'espérance d'un enchantement possible.

L'humanité achève de se planétariser, tandis que la cyber-société tisse autour de la terre un cerveau géant où les ordinateurs se relient entre-eux tels les neurones par les synapses. Le monde entier communique en temps réel. La technique nous permet d'accéder à l'immédiateté mais elle nous coupe de la vraie présence. Le sens même de la vie et de notre existence en particulier demeure un mystère insondable. Et c'est quelque part tant mieux car une réponse ultime signifierait la finitude. Les questions essentielles continuent de se poser, sans doute plus fortement et plus viscéralement que jamais dans une réalité perçue et vécue comme étant linéaire et unidimensionnelle, vouée à la platitude du consumérisme. L'expansion matérielle nous promettait le paradis et nous commençons à peine à entrevoir l'exact inverse, sans trop pouvoir imaginer autre chose que la continuité d'un système reformulé sans cesse mais dont on pressentirait l'irrémédiable patinage. Changer de paradigme relève donc d'autre chose.

Illustration d'en-tête de  Hanks Steve, Candle in the Wind.

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