mercredi 19 décembre 2012

Curieuses traditions de Noël

Dans certaines contrées d'Alsace, la nuit de Noël, les maisons sont visitées par deux curieux personnages...

© Marc Sinniger

Dans certaines contrées d'Alsace, la nuit de Noël, les maisons sont visitées par deux curieux personnages : l'un, plutôt inquiétant, est revêtu d'un manteau noir et porte sur son dos un sac contenant des cadeaux mais dans lequel il pouvait également fourrer les enfants qui ne furent pas sages au cours de l'année écoulée ; l'autre, plus rassurant, est une jeune fille tout de blanc vêtue, faisant tinter une clochette pour s'annoncer, jadis portant une couronne de bougies et parfois pourvue d'ailes comme les anges. Le premier s'associe au fameux Père Fouettard, appelé Rüpelz ou plus généralement Hàns Tràpp ; le second, plus énigmatique, se nomme curieusement le Chrischtkindel, c'est-à-dire, littéralement, "l'Enfant Christ" ! Le fait qu'il n'y ait aucun rapport direct entre le nom et l'apparence nous montre qu'il s'agit là de la christianisation d'une de ces traditions, fort anciennes, qui ont curieusement survécu jusqu'à nos jours. Le Hàns Tràpp est vraisemblablement la survivance de la mythologie germanique où il est notamment affirmé que Wotan, considéré comme le roi des dieux (l'Odin des pays nordiques) passe une fois par an sur terre pour récompenser les familles méritantes et pour punir les autres familles. Quant au Chrischtkindel, le personnage est assez proche de celui de Sainte-Lucie, une des rares saintes catholiques fêtées en Suède (pays protestant) dont c'est d'ailleurs la plus importante. Il n'est pas impensable que cette figure féminine soit elle-même la survivance d'une ancienne incarnation de la fertilité qui annonce le nouveau cycle de la nature.
 
A gauche, le Chrischtkindel accompagné du Hàns Tràpp.

L'équivalent allemand du Rüpelz alsacien est le Knecht Ruprecht (le valet Ruprecht) qui fait office de servant du Saint-Nicolas. Sa figure est pleine de suie car c'est lui qui passe par les cheminées.


Dans le Sud de l'Allemagne, en Autriche et dans certains pays d'Europe Orientale, le Saint-Nicolas est accompagné par le Krampus, un diable effrayant, vêtu de fourrures avec des cornes et une longue langue rouge. Il est généralement enchaîné, pour montrer qu'il est sous le contrôle du saint et ne serait pas en mesure de nuire aux gens.
On retrouve ce diable poilu en Tchéquie et en Slovaquie où il est armé d'une fourche et menace de punition les enfants. Mais un ange est là pour les protéger.


La Sainte-Lucie, une fête très importante dans les pays scandinaves


Lucie est née en 286 à Syracuse en Sicile. Elle mourut le 13 décembre 304 à cause de sa foi chrétienne et fut proclamée martyre. Son nom est issu du latin lux, lucis (lumière). Elle est fêtée le 13 décembre qui, sous le calendrier Julien, était le jour le plus cours de l'année. L'arrivée de la Sainte Lucie correspondait donc au retour de la lumière. Elle marque aussi, avec l'Avent, le début de la saison de Noël.

Patronne de la ville de Syracuse, des aveugles, des électriciens et des oculistes. elle est aussi invoquée contre les maladies des yeux et les hémorragies.

En Suède, le 13 au matin, l'aînée des filles de la maison, vêtue d'une grande robe blanche avec une ceinture rouge, coiffée d'une couronne de bougies allumées, apporte le petit déjeuner à ses parents. Elle est suivie d'un cortège d'autres jeunes filles (Tänor), habillées de même mais sans couronne (souvent une simple guirlande posée en bandeau). et du groupe des garçons vêtus également de blanc et coiffés d’un chapeau en forme de cônes (Stjargossar).

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