jeudi 20 décembre 2012

Apocalypse now ?

Nul n'ignore plus les prédictions pour la fin du monde prévue le 21 décembre 2012. Les lecteurs ont d'ailleurs l'embarras du choix en matière de livres parus, d'articles et de documentaires publiés sur la Toile.


Nous sommes dans l'idée qu'il ne se passera rien de notoire ce jour-là, sinon le marasme habituel d'une société fatiguée qui s'enfonce chaque jour davantage dans l'absurde. L'apocalypse que beaucoup imaginent ne se produira pas sur le mode des catastrophes, même si celles-ci ont déjà durement frappé certaines régions de la planète, en attendant les suivantes qui ne manqueront pas d'arriver. Rappelons que le mot apocalypse signifie "révélation" qui a elle-même le sens étymologique de "mettre à découvert", c'est-à-dire "enlever le voile". Or, il est assez curieux de constater que notre époque est riche en révélations de toutes sortes et elles sont rarement édifiantes. Il est également frappant de remarquer que les personnes elles-mêmes se révèlent de plus en plus telles qu'elles sont, notamment celles dont la vie intérieure est rudimentaire, atrophiée, voire réduite à une psychologie de base, à une existence pulsionnelle. Cette apocalypse-là est donc déjà effective et là encore, c'est souvent peu édifiant, tant le comportement de beaucoup de personnes est régressif, individualiste et grégaire à la fois. Il y ensuite les apocalypses personnelles, c'est-à-dire le déphasage progressif d'avec le réel, dû à la perte du sens, phénomène exacerbé par un monde matérialiste et techniciste, centrifuge et exclusif, désenchanteur et finalement désespérant, c'est-à-dire contre l'humain, contre l'homme, contre la vie, contre tout. 
Cela observé, la possibilité d'une proche catastrophe planétaire n'est jamais à écarter. En partant de l'idée que le monde phénoménal découle d'un ordre immanent et transcendant, alternatif mais inaltérable, qui inscrit dans la réalité une l'infinitude de variations, on en arrive à penser qu'un désordre particulier, loin de signifier une rupture, n'est qu'un plissement de surface d'une trame multidimensionnelle, la vaguelette sur un océan invincible qui referme la moindre déchirure. On s'autorise ainsi à croire que le désordre paroxysmique de notre temps se verra finalement défait par l'inattendu, soit sous la forme d'un événement, soit sous celle d'un avènement. Toujours est-il qu'il s'agirait d'un phénomène majeur et extraordinaire, collectif et individuel, universel et multiple. L'humanité serait donc appelée à se préparer à cette résorption en arrêtant le processus d'autodestruction. Mais comme il est peu probable qu'elle le fasse en symphonie immédiate et totale, force est de commencer par soi-même.

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