dimanche 28 octobre 2012

Les rues du 15e Arrondissement (19)

La rue Paul Hervieu


Longue de 96 m, la rue Paul Hervieu (ouverte en 1907 et nommée ainsi en 1924) commence au16 de l'Avenue Emile Zola pour finir au 6 de la rue du Capitaine Ménard.

Paul Ernest Hervieu (1857-1915), romancier et auteur dramatique français. Ses oeuvres principales sont : Diogène le chien (1882), Peints par eux-mêmes (1893), Les tenailles (1895), La loi de l'homme (1897),... Il fut élu membre de l'Académie en 1900.

Certaines de ses nouvelles, extraites de Oeuvres de Paul Hervieu (Paris : A. Lemerre, 1894) ont été numérisées par la Bibliothèque Electronique de Lisieux.

Extrait du journal L'Illustration du samedi 23 décembre 1905 au sujet d'une pièce écrite par Paul Hervieu et jouée par la Comédie Française...
UNE GRANDE PREMIÈRE A LA COMÉDIE-FRANÇAISE.
--Mme Bartet au deuxième acte du «Réveil», de M. Paul Hervieu.

La Comédie-Française a donné cette semaine une nouvelle pièce en trois actes de M. Paul Hervieu: le Réveil. L'impression sur le public a été grande, car l'oeuvre est animée du souffle tragique qui élève toutes les productions théâtrales de l'éminent écrivain à une hauteur qu'atteint rarement l'art dramatique contemporain. Dans les principaux rôles, Mme Bartet. MM. Mounet-Sully et Le Bargy ont été admirables. La comédienne qui fut si souvent qualifiée de «divine» s'est peut-être surpassée cette fois dans le personnage de Thérèse de Mégée, qu'elle a interprété avec toute la puissance d'une grande tragédienne. La photographie que nous reproduisons ici ne peut malheureusement donner qu'une idée imparfaite de la physionomie torturée que montre, pendant le terrible second acte, Mme Bartet, si belle de douleur épouvantée!

Le prince Jean de Sylvanie, qu'elle aime, vient d'être assassiné--du moins on le lui a fait croire--dans la pièce voisine. Siméon Keff, le meurtrier supposé, la menace de la porter lui-même au dehors si elle refuse de s'éloigner... Thérèse.--Oh!... vos mains ne me toucheront pas... Ne me touchez pas!... Je m'en irai... Je m'en vais... (D'une main, elle se saisit de son manteau tombé sur le canapé; de l'autre main, elle reprend son chapeau sur une table.)

Keff, lui indiquant la voilette qu'elle oublie.--Ne laissez pas traîner ceci. Thérèse.--Ah! (Elle s'en saisit et sort par la gauche en chancelant.)

Voilà tout le dialogue et toutes les indications de jeux de scène du manuscrit. Mais le jeu de Mme Bartet a fait passer à cet instant, dans tous les rangs du public, le grand frisson des sublimes horreurs.

La belle oeuvre de M. Paul Hervieu, illustrée d'autres nombreuses photographies, paraîtra dans L'Illustration du 3 février prochain.

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