Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa quatrième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique et à la poésie. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (près de 40 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

mercredi 10 février 2016

Je suis à Toi

Peinture de Sophie Gengembre Anderson (artiste anglaise, 1823-1903)

                         M’appartiens-je lors que je suis à Toi
                         En cette entièreté qui me fait Te trouver
                         M’appartiens-Tu de par cet étrange Décret
                         Qui est de Toi, quand Tout revient à Toi ?
                         Je suis étourdie de cette Seule Présence
                         Je sais m’y perdre, sans vraiment me perdre
                         Que suis-je à perdre, lors que Tout est à Toi
                         Que Tout subsiste en Toi, qui ne saurait se perdre
                         Ce qui se trouve, s’est-il jamais perdu, mon Roi ?
                         Tu me dis: « Voyage en Moi par Moi, Je suis Là »
                         En cette Conscience-là, Tu es Toi en Toi, et moi
                         Je suis en cette autre Conscience qui n’est que Toi
                         Ô Bienheureux celui qui perçoit en cette douceur
                         Celui qui se trouve est celui qui ne s’est jamais perdu
                         Celui qui Te trouve en cet entier battement du Cœur
                         Ta Lumière Vivifiante s’accorde en ce qui peut être vu
                         Des ondes qui donnent à Ta Présence la Pure Joie
                         Ô ma perception en la naissance du Soleil Nuptial
                         Qu’effleure un Jour diaphane en Ton voile de Cristal
                         Éclosion d’une Rose des étoiles en ce flux de Larmes
                         Lors que L’Azur évoque les plus indicibles charmes
                         En L’Émouvante transe qui se fond en Éblouissance
                         Ô Lumière qui ravit La Lumière et en fait une Vision
                         Suave Baiser du Roi qui rappelle ce qui est Essence
                         Souvenir intime des Étreintes lors que Tu as enlacé
                         Embrassement intensifié en Ta Sublime Réalité
                         Ta Bien-Aimée ne l’a jamais oublié et espère encore
                         Lors que sa fragilité lui rappelle aussi Ton Trésor
                         Ce Regard quand seul Amour inonde son corps
                         Perpétuel instant qui se recueille en cette mort.

Chroniques de l'Ancien Monde 2



Le Créateur était pressé et je n’eus que peu de temps pour me reposer, mais, comme tous ceux qui font un passage au Jardin, j’en ressortis gonflé à bloc. Une fois de plus je me retrouvai seul face à mon Seigneur.

« Ambassadeur JR, tu pars en mission là où quelques Trolls m’ont rendu compte d’importants foyers humains. Tu trouveras donc très facilement les Humains. Mais, comme je te l’ai déjà dit, ce sont les autres créatures qui m’intéressent, que sont-elles devenues et ont-elles évoluées en bien ou en mal. Trouve les, jauge les, établit des alliances en mon nom car toutes les forces du Bien doivent impérativement s’allier malgré leurs différences. Répertorie les forces du Mal que tu rencontreras, mais ne te montre surtout pas à elles, n’oublie pas que tu peux te rendre invisible et créer un passage rien qu’en y pensant.

Cette fois tu ne pars pas seul. Une Trollesse chasseresse t’accompagnera, elle manie le pieu et utilise l’arc de façon remarquable. Maintenant tu peux te montrer Trollesse ! »

Un refuge incertain

Image d’Herald Dick

Lucifer veut se mettre hors de la vue de Dieu.
Il sait que celui-ci peut le voir en tous lieux,
Mais peut-être moins bien dans les cavernes sombres
Où nul son ne descend, où nul rayon ne sombre.

— Si dans ces profondeurs je savais me cacher,
Sans doute, vainement, l’on voudrait m’y chercher ;
Ce sont lieux qu’aujourd’hui nul ne croit habitables,
Endroits abandonnés, refuges véritables.

Mais bien facilement, le démon fut trouvé,
Bien qu’il eût appliqué le remède éprouvé,
Que du fil d’araignée en cet endroit le voile ;
Mais elle avait brodé son prénom sur la toile.

Cochonfucius

Un démon sans visage

Image d’Herald Dick

Celui que l’Univers ne connaît pas encore,
Du fond de sa retraite, étudie constamment
L’idée d’un renouveau, l’espoir d’un changement,
Hardi jusqu’au sommet des cornes qu’il arbore.

Je ne méprise pas le feu qui le dévore ;
Il voudrait, pour ce monde, un bel embrasement,
Autant lui pardonner un peu d’aveuglement
S’il pense qu’il sera l’Envoyé qu’on adore.

Logé dans l’inframonde, il n’est pas malheureux,
Il peut y voir flamber d’autres sortes de feux
Et, tout au long du jour, rêver à leur nature ;

Un grand espoir, vraiment, c’est un joli trésor,
Il ne le lâcherait pour argent, ni pour or :
Ne décevons donc pas cette humble créature.

Cochonfucius

Le blason d'Ornella P. de la 4e2

De gueules au franc-quartier d'azur chargé d'un dragon passant contourné d'or.

Le blason de Tristan L. de la 4e3

Parti d'or et de sable au croissant et à l'étoile de l'un à l'autre.

Le blason de Charles D. de la 4e2

Coupé d'or à l'étoile à six rais et de gueules au bouclier de l'un à l'autre.

Le blason de Zoé A.-G. de la 4e2

D'azur à la bande de pourpre : le 1 et le 3 au lion sautant d'or,
le 2 au hibou contourné d'argent.

Le blason de Blanche D. de la 4e2

D'or au chevron d'azur accompagné en chef de deux croissants affrontés de gueules, et en pointe, d'un soleil non figuré du même, au chef cousu d'azur aussi chargé de trois étoiles d'argent.

Le blason de Louis P. de la 4e3

Ecartelé d'azur, de sable, de gueules, le 4 bandé de sinople et de tanné ; le 2 au lion d'or ; un disque d'argent chargé de la lettre L de pourpre, accompagnée d'un carré posé en losange écartelé du même et d'orangé brochant sur le tout.

Succession

 
Blason de la famille Arche (Bayonne)

                             Au creux d'une poignée invisible,
                             Jaillit sa lumière inaltérable,
                             Il fut sans conteste le premier avant l'eau et l'argile.

                             Au sixième jour, le Rouge naquit,
                             Fut façonné selon la forme universelle,
                             Premier de la multitude terrestre.

                             Le berger suivait son troupeau
                             Et avait la faveur du père.
                             Le sabre abject de la jalousie versa le premier sang.

                             La grande arche flottait à la surface inondée.
                             Le nautonier implorait et attendait la terre...
                             Une colombe le délivra de son tourment.

                             Sur le mont, le père a obéit,
                             Le fils accepte la sentence,
                             Le bélier apparaît et l'enfant déploie son rire !

                             Entre les deux collines,
                             La servante éperdue va et vient en courant...
                             La main du messager lui montre alors le puits.

                             Dans son arche minuscule,
                             L'enfant sera sauvé des eaux
                             Et gardera le nom de sa fortune.

                             Au berceau, l'enfant parlait déjà aux docteurs de la loi.
                             A l'entrée de la ville, il rassembla les foules.
                             Son verbe était nourrit du souffle, et s’éleva au ciel.

                             Il est l'origine et le sceau des précédents
                             Et rassemble en sa main le Livre et son esprit,

                             Sa parole est certitude et modèle excellent.

L’Épousée Aurorale

Peinture de Gun Legler

                      Evanouissance sous L'Arbre de La Majesté
                      Mille Incandescences quand L'Adieu est Réalité
                      Comme La Conscience sanglote en ces singularités
                      Aborde-donc plutôt le Rivage des Océans Illimités
                      Efface-toi en chaque écueil et fuis l'écume mensongère
                      Des troublants émois qui n'en sont pas, relève ton esprit
                      La route sillonnée des faims que des mendicités espèrent
                      Etre à tout jamais les festifs festins que L'Âme chérit
                      En ce vaste désert asséché par les indicibles aspérités
                      En La Nuit Étoilée qui annihile les douleurs de L’Éplorée
                      Soudain apparaît en sa pure nudité, le Temple Fluvial
                      Que dis-je, il est un palais, de mille soieries ondoyantes
                      Et, L'Épousée Aurorale cache en son sein, le trésor Virginal
                      Son Chant est mille Rossignols, depuis L'Arbre qui enchante
                      Les rubis et les émeraudes parent Ses drapés encensés
                      En Sa Chambre Nuptiale, Le Jardin est embaumé de Secret
                      Étourdissante, lors que nul œil ne l'a jamais rencontrée
                      Lors que l'oreille est restée sourde à Son Appel Vénéré
                      La voici tremblante du Seul Regard qui peut enfin L'épouser.

Naïla, Océan sans Rivage

La poule au pot


Blason de Levens (Alpes-Maritimes, Provence)

Maître Coq aime à évoquer ses ancêtres
Qui ont traversé les pages de l'histoire de France ;
De cela plus fier qu'il ne le laisse paraître,
Il répète souvent : « Honni soit qui mal y pense ! »

Un jour, il nous conta l'histoire d'une sienne aïeule
Qui vécut en son temps sous le bon roi Henri ;
La poule, durant sa jeunesse, ne fut point bégueule ;
Arrive pourtant un moment où l'ardeur tarit.

La fermière la mit au pot, c'est ainsi l'usage ;
Les temps sont durs pour l'humble que la guerre ravage.
L'exquis fumet arriva aux narines du roi

Qui s'invita derechef à la table d'hôte ;
Il tint le menu en son estime la plus haute,
Souhaitant à tout Français tel repas de choix.
_____

Parti : au premier de gueules à la hallebarde d’or entrelacée d’un listel du même chargé de l’inscription de sable : LIBERTAS 1621 ; au second d’azur à la champagne cousue de sable soutenant un coq de gueules sur un rocher d’or surmonté d’un soleil du même mouvant de l’angle senestre du champ.

Il y a là non-respect de la règle de contrariété des couleurs : ces armes sont dites en enquerre, donc fautives. En effet, de gueules ne peut normalement se superposer à l'azur, tous deux étant des émaux.

mardi 9 février 2016

Feel okay about youself !

Painting by Fulvio De Marinis

From talking to people so much and from getting to know them, it's never been more apparent to me, how difficult it is to feel okay about yourself in 2016. Real talk, I mean, every sing day we go online and trust me, I love th internet, okay ? I love it, but.. everyday we go online and we scroll through the highlight real of other people's awesome lives, and we don't see the highlight real of OUR awesome lives... All we see is the behind the scenes of our lives. We see every single moment from when we wake-up and are like "Oh god... not feeling my hair today, it's not gonna be a good day today for the hair"... We see our doubts... we see our fears... we see our concerns... We are the only one that are inside our brain, feeling all of our anxieties and hearing the voices that are telling us that we can't be what we want to be or that we want to be more like that other person over there. Let me tell you, people are mean to each other, but no voices is as mean as our own voice to ourselves. It's true, right ? Everyday when you look in the mirror, and your mind is telling you the things you're not.

Monstre de sable

Image d’Herald Dick magazine

Un monstre fait par la nature
Peut charmer les petits enfants ;
Ils s’en font un enchantement,
Y compris de sa face obscure.

Noir et blanc, il l’est, par magie ;
En lui s’échangent des rayons,
Donnez-moi mon plus beau crayon
Pour refléter cette énergie !

Contempler ce monstre divin,
C’est une jouissance profonde ;
Je me dis qu’en ce vaste monde,
Peut-être bien, tout n’est pas vain.

Chèvre bipède

Image d'Herald Dick Magazine

De ce rouge soleil est la chèvre ravie,
Qui conforte son âme en la froide saison ;
Elle attend, chaque jour, qu’il monte à l’horizon,
Sa belle forme étant de rayons poursuivie.

Cette chèvre est un monstre à l’étonnante vie,
Dont le profil défie vraisemblance et raison ;
Aussi sa fantaisie n’est jamais en prison,
Elle marche, elle danse, en dépit de l’envie.

J’aimerais ressembler à cette chèvre vive
Dont l’allure amusante artistement dévie ;
Mais je suis un balourd, classiquement planté

Dans la ville, où chacun rit de mon impuissance,
Cette jobarderie trouvant sa récompense
Dans les humbles plaisirs de la simplicité.

Cochonfucius

Surabondance

Peinture de Josephine Wall, Call of the Sea

                              Noblesse Princière en Ta Lumière
                              Il est un Enlacement de La Présence
                              Ô Toi qui me tint ainsi encerclée
                              La Certitude en Ta Suprême Clémence
                              En Ton Étreinte est Ton Sublime Mystère
                              De Sphère en sphère, je suis à Te goûter
                              Ô Toi, dont je ne me lasse, pétrie par Toi
                              Toute entière, je retrouve Ton Discours
                              De vague en vague, atteignant le Rivage
                              Il naît des flots m’inondant de Ton Amour
                              Cette Abondance qui réunit tous les Âges
                              Est sans cesse Ta Création Renouvelée
                              Depuis les Nuits du Destin, douces suppliques
                              Que Tu glissas en ma Conscience éthérique
                              Lors que je ne suis nullement à savoir parler
                              Offerte en Ta Clarté Radieuse, pure limpidité
                              Les Royaumes en Ta Munificence sont Langage
                              Pressens-tu, Ô compagnon, son doux présage?
                              S'il me vient à hoqueter, c'est qu'en mon cœur
                              Puisant en Ton Toucher, s'accroît mon ardeur
                              Les Fleuves de Ta Toute Sainteté sont délicatesse
                              Parures dont L’Éclat est d'une Beauté insoupçonnée
                              En ce Firmament qui est les effluves de Tes caresses
                              Je suis à T'aimer, à T'aimer, sans jamais m'épuiser
                              Car, il est un océan qui ne sait se vider de Ta Présence
                              De vague multiples en L'Encre de la surabondance.

Naïla, Océan sans Rivage

Boat

Painting by Jeong Hae-Kwan

Life is a river,
We are wandering boats,
We have no sails.

Time pushes us to nowhere.
Life is just an illusion.

Esther Ling

Anna de Noailles - La conscience

 Anna de Noailles (1876-1933)

                           Incorruptible azur, déesse lumineuse,
                           Puisque vous avez bien voulu me visiter,
                           Je remettrai mon cœur entre vos mains soigneuses
                           Pour que vous le guidiez, par les nuits ténébreuses,
                           Au chemin de l'exacte et claire vérité.

                           Avant que vous vinssiez, ma grande camarade,
                           Ma vie était encore, à son tendre levant,
                           Amoureuse d'éclat, de lustre et de parade
                           Comme un cygne qui fuit l'eau sage de la rade
                           Pour monter sur la mer et danser dans le vent.

                           L'essaim voluptueux des heures turbulentes
                           Venait, en bondissant, à moi comme un chevreuil ;
                           J'ai détourné mes yeux de leur foule galante,
                           Et j'ai guéri pour vous mon âme violente
                           Du péché de colère et du péché d'orgueil.

                           Vous serez dans mon cœur comme une forteresse
                           Et je serai l'archer qui veille dans la tour,
                           Vous serez au pays profond de ma tendresse,
                           Entre les jardins verts de mes fines ivresses,
                           La route de soleil sans ombre et sans détour.

                           Ô vous dont la pudeur est peureuse et fragile,
                           Vous serez dans mon cœur belle comme un lac bleu,
                           Et vous verrez passer sur votre onde tranquille,
                           Pareils à des pigeons dont la blancheur défile,
                           Mes désirs obstinés, vaillants et scrupuleux...

lundi 8 février 2016

Pour toi j'irai cueillir une étoile

Illustration Indulgy.com

Elle lui dit : « Pour toi, j'irai cueillir une étoile
Et j'emplirai tes yeux de sa lumière stellaire ;
Alors en ton coeur se déchirera le voile
Et j'apposerai en lui la marque sigillaire

De Son Amour qui me submerge à m'y noyer.
Il a fait de mon corps de chair Sa terre fertile ;
Il sème, le grain lève, la plante se peut déployer,
Répandant à tout l'entour ses senteurs subtiles.

Il fait voguer mon Âme en cette vaste étendue
Où elle devient sa propre île, son propre rivage.
Ne sens-tu pas que Quelque Chose est advenue ?

Ne vois-tu pas se dessiner un Firmament
Qui guidera notre Arche pour son ultime voyage
Vers l'Aube du Monde, en son éternel Flamboiement ? »

Heureuse surdité


Par les lettres et les noms des vocables
J'entends le monde et la multitude engendrée par le « Sois ! ».
Ami, comprends que cette audition est silencieuse et parfaite.
Je suis un sourd qui entend
Et mon infirmité native est le vase de l'éloquence et du Verbe.

Il me faut, chaque instant être attentif au bruissement assourdissant de la feuillée battue par le vent,
Saisir le moindre crépitement de pluie sur la terre asséchée et discerner la clameur étouffée des âmes quand elle s'agitent.

Serai-je alors, l'auditeur libre des lettres capitales en leur exaltation et le témoin de l'écriture cursive de l'interprétation des signes ?

Ne serait-ce pas là le fait d'une plume orgueilleuse ? Ou bien, est-ce l'abandon de la main au maître du calame ?

Ce sont pourtant les mots qui agissent les êtres et leur octroient qualités et nature.
Ce sont les mots encore qui articulent nos temps et nos espaces dans la procession inlassable des terres passées et des siècles à venir.

Comme des phrases inscrites pour toujours sur la table invisible,
Ils ordonnent l'univers et rassemblent les êtres en une multitude unique.

Le chant est la respiration des mondes, la psalmodie, prière pour les hommes et la récitation, réminiscence des âmes esseulées.

Que tout poème, alors, soit le témoin de la sincérité et le héraut des sphères inexplorées !

L'Arbre d'or d'Héraldie



Blason de Marclopt (Loire, Rhône-Alpes)

Il se trouve, tout au bout du jardin d'Héraldie,
Un arbre d'or dont les racines boivent en eau profonde ;
Il est assez proche de celui du Paradis
Et porte des fruits à la forme parfaitement ronde.

Ses feuilles lancéolées sont baignées de soleil
Dont elles répandent la chaleur et l'éblouissance ;
L'on dit que bues en infusion, elles donnent l'éveil
Et emplissent l'âme de la plus étrange réjouissance.

Lors, quand Maître Héron a le moral en berne,
Il s'en fait breuvage ; le monde lui semble moins terne
A porter sur la vie un regard lumineux.

« Dame Nature a gentiment pourvu à toutes choses ;
Un jour, je lui offrirai un bouquet de roses ;
Il me semble l'aimer d'un amour onduleux. »
_____

Tranché ondé de sinople à l’orme d’or soutenu d’un besant du même et d’azur à l’aigrette d’argent tenant dans son bec une feuille d’orme d’or; au filet en bande ondé d’argent brochant sur la partition.

La planète des singes

Blason de Epper (Allemagne)

Vois-les qui jouent dans la poussière,
Leur corps est baigné de lumière ;
Comme ils jacassent dans le soir !
Les singes sont charmants à voir.

Tous ces jolis postérieurs roses
Font penser à des fleurs écloses ;
Je cherche ma peinture à l’eau
Pour fixer ce charmant tableau.

Que j’aimerais être, au Japon,
Un de ces primates fripons !

Cochonfucius

Serpent du ciel de gueules

Drapeau du Manipour

Il va, ce beau serpent, d’une allure assurée ;
Son errance, pourtant, dure depuis longtemps,
Trompé qu’il fut, souvent, par ce ciel inconstant,
Mais il sait s’accrocher sur la longue durée.

Or, cette place aux cieux ne lui fut pas donnée ;
Il a dû se montrer habile combattant,
Et son entraînement a duré quarante ans.
Il a persévéré, sûr de sa destinée.

C’est la paix, maintenant, serpent des rouges cieux,
Aucun mal, désormais, ne se montre à tes yeux,
Le destin ne t’oppose aucune résistance.

Tu revis ces instants où, presque foudroyé,
Tu bénissais le sort de t’avoir octroyé
La vaillance et la joie pour toute récompense.

Cochonfucius

Christina Georgina Rossetti - Écho


                   Viens à moi dans le silence de la nuit ;
                   Viens dans le silence éloquent d’un rêve ;
                   Viens, les joues rondes et douces, les yeux étincelants
                   Comme un ruisseau ensoleillé ;
                   Reviens en pleurs,
                   O souvenir, espoir, amour d’années révolues. 

                   O rêve si doux, trop doux, trop doux-amer,
                   Dont le réveil aurait dû se produire au Paradis
                   Où des âmes comblées d’amour vivent et se rencontrent,
                   Où des yeux assoiffés de désir
                   Observent la porte qui, doucement,
                   Laisse entrer pour ne plus laisser sortir. 

                   Pourtant, reviens-moi en rêve, que je revive
                   Ma vie bien que mortellement transie :
                   Reviens-moi en rêve, que je rende
                   Pulsation pour pulsation, souffle pour souffle :
                   Baisse la voix, penche-toi bien,
                   Comme il y a longtemps, mon amour, bien longtemps.


(Goblin Market and Other Poems, 1862)

dimanche 7 février 2016

Le roi de la marmite

Peinture d'Eduard von Grützner (1846-1925)

Carême approchant, l'on s'y prépare, mais sans hâte ;
Du reste, il est assez du restant de l'année
Pour faire bombance ; le régime n'est point spartiate,
Pour peu d'y veiller ; lors, cessons de chicaner.

Le frère cuisinier n'a point la mesure mesquine
Et sait juger des appétits d'un oeil certain ;
Quand il n'est pas à son bon office, il bouquine
Des ouvrages sur la question, sachant son latin.

De mémoire, oncques moine jamais ne s'en est plaint
Et chacun s'en est reparti le ventre plein ;
Frère Eugène s'en honore, c'est le roi de la marmite.

Ce soir, nous souperons léger : une carpe farcie
Arrosée d'un blanc d'Anjou, avec force persil.
En Héraldie, la bonne cuisine n'est pas un mythe.

Le Fou

Peinture de Mildred Webb

                                  Il est un fou aux multiples visages

                                  Chacun est un monde qui se cache
                                  Sans doute le veut-il draper et s'effacer
                                  Ou bien à sa folie est tout entier
                                  Il est un fou qui se consume d'amour
                                  Pour son étrange humanité inavouée
                                  En chaque rivage, il trouve un Discours
                                  En chaque Bosquet, il est à se courber
                                  Une petite fille vint à passer, émerveillée
                                  Vit le fou en ses masques et en son intériorité
                                  Sur un des doux rochers, se mit à l'observer
                                  Il avait des tendresses pour les papillons
                                  Chantait follement en chaque Aube du Monde
                                  Parfois s'allongeait en une sorte d'étrangeté
                                  La petite fille le surprit un jour en une ronde
                                  Sa poitrine se serra, le fou offrait son cœur
                                  Il en avait des milliers, aucun vrai compagnon
                                  Sur la pointe des pieds, l'aborda toute de ferveur
                                  "Tiens cette main, je te l'offre et toute mon amitié
                                  Prends-la, je suis là, et serai toi, aussi en ce secret,
                                  Des larmes, j'en ai tant, pour toi, je pleurerai,
                                  Des rires, depuis les cascades, j'en ai cueilli
                                  Pour toi, ils seront des papillons de nuit."

Naïla

Aquarelle d'Agnes Cecile

Le gage

Peinture de Gustave Caillebotte (1848-1894)

                              Je suis le témoin de ce qui ne se voit pas...
                              Ne serai-je pas perplexe en ma perplexité
                              De recevoir en ma main ce qui n'a pas été donné ?

                              Mon propos est obscur, je le sais.
                              Qu'y puis-je si ma nature est ignorance et pauvreté ?
                              Je ne suis pas le maître des secrets...

                              Ni le gardien des semences...

                              Je ne suis qu'une terre
                              Qui recueille sans avoir demandé.
                              Si je préserve mon humidité native,
                              Je donnerais des fruits en abondance,
                              Si je m'abandonne à la sécheresse,
                              Les graines gracieusement déposées en mon sein
                              S'envoleront vers des contrées plus fertiles.

                              Aussi, je garde comme un trésor des plus précieux
                              Mon ignorance et ma pure indigence

                              Qui sont le gage de ma fidélité.