Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa quatrième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 36 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

samedi 29 août 2015

Genesis - Foxtrot - Supper's Ready (1972)



Supper's ready est une suite composée de sept parties, de l'album Foxtrot sorti en 1972. C'est l'un des morceaux majeurs et les plus intéressants du rock progressif de cette période florissante des annés 70. Peter Gabriel (chant) et ses compagnons y expriment, à un haut niveau, autant pour la composition musicale que pour les paroles, la façon dont ils abordent les sujets d'inspiration bibliques et mythologiques. Les différents thèmes s'inscrivent dans le court moment de l'étreinte de deux amants et retracent, en quelque sorte, une histoire de l'humanité jusqu'à l'Apocalypse. Supper's ready est entré dans les classiques du rock progressif et c'est véritablement avec l'album Foxtrot que Génésis s'est imposé comme un groupe incontournable dans ce domaine musical.

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vendredi 28 août 2015

Maman !

Toile d'un artiste français inconnu du 19e siècle

Ce soir, je pense à toutes les femmes, de par le monde,
Qui se battent pour leurs principes et leur dignité.
Les droits s'abîment quand l'iniquité abonde
Et ce sont toujours les mêmes, sans ambiguïté,

Qui payent le plus lourd et cruel tribut : les femmes.
Pourtant, ne sont-ce pas elles qui enfantent les bourreaux ?
N'était-il pas un petit garçon, cet infâme
Qui outrage sa mère en se prenant pour un héros ?

Ce violeur ? Ce brûleur d'enfants ? Ce démon ?
Je m'interroge : que s'est-il passé en amont ?
Qu'est-ce qui fait qu'un gentil petit garçon devienne

Un tueur sans pitié ? Un assassin dément ?
Ne l'entendez-vous pas encore crier « Maman ! » ?
Et plus tard, cette giclure traite les femmes comme des chiennes...

Le spectre à trois faces
Où sont les causes réelles ?
(Toile de Megan)

Fighter


Dad taught me to fight,
Not to be a diplomat.
I am fierce and tough.

Battlefields taught me the
Price of life and of silence.

Esther Ling

Acropole métallique

Armes d'Estepona
(Andalousie, Province de Malaga, Espagne)

Sur la tour d’or s’agite une étoffe d’argent :
Une salutation pour la nef d’or qui passe.
Le roc est découvert par une marée basse,
Un ciel d’azur bénit les bêtes et les gens.

Sur le mont de sinople, un moine va songeant
Aux marins qui d’aller sur les mers ont l’audace,
Et jamais ne voudrait se trouver à leur place,
Préférant de l’abbé le régime indulgent.

Sur un long parchemin, il s’efforce d’écrire
La beauté de ces lieux, tout ce qu’il peut en dire,
Préférant une image à de beaux arguments.

Moine, charge de vers les pages de ton livre,
Dis-nous ce qu’en ton temps tu as pu voir et vivre,
Sans craindre de bâtir un vaste monument.

Cochonfucius

Forteresse d'acier

Grandes armes de Mijas
(Andalousie, Province de Malaga, Espagne)

La tour se dresse, solitaire,
Entre les arbres, sur un mont ;
Or, qui s’y cache ? Un vieux démon ?

Un moine, un scribe, un militaire ?
Nul bruit, dans cette sombre tour,
Car nul n’y parle, et nul n’y chante :
Ce n’est qu’une ruine que hante
Le spectre d’un mandarin sourd.

J’y vais, le soir, avec deux coupes
Et du bon vin, dans un carton :
Ensemble, nous nous éclatons,
Autant qu’une joyeuse troupe.

Cochonfucius

À la fin

Toile de Vladimir Kush

                                     Il arrive qu’à la fin
                                     le charme d’un visage
                                     ne soit qu’une grimace fardée
                                     comme l’agrément d’un regard
                                     son vide dissimulé.

                                     Il arrive qu’à la fin
                                     le cours de la vie ne soit que jeu de scène
                                     en temps réel.

                                     L’automne est un printemps écorché ;
                                     le baume s’y fait saveur
                                     et la sève se répand en jus.

                                     Mais il arrive qu’à la fin
                                     une fleur donnant toujours du miel
                                     n’offre aussi qu’un fruit amer.

                                     Une page se tourne telle une feuille qui tombe.
                                     Lire c’est moissonner et labourer aussitôt.
                                     Les mots ont-ils eu le temps de dire ?

                                     Il arrive qu’à la fin
                                     un mot se tienne sur une feuille en gardien
                                     comme une sentinelle au crépuscule ;
                                     à moins qu’il n’y repose déjà
                                     tel un gisant sur un sens défunt.

                                     A la fin tout arrive.

jeudi 27 août 2015

Adieu, bel été

Toile de Jeffrey G. Batchelor

Que restera-t-il de cet été finissant ?
Quelques lignes écrites ici, quelques images
Dont s'estompent déjà les contours pâlissants.
Le temps procède à un implacable gommage ;

Chaque heure écoulée devient comme une cellule morte
Et celle qui s'ouvre donne aux instants une peau neuve.
Je sais que les vivre pleinement rend plus forte ;
Cela m'aide à surmonter bien des épreuves.

Bel été, je te salue et te dis adieu ;
J'ai voulu honorer ta saison de mon mieux ;
Y suis-je parvenue ? Dans mon recueil, j'emporte

Tous ces mots que tu m'inspiras, le long des jours,
Auprès de mes amis qui firent chez moi séjour ;
C'est à jamais que je leur garde ouverte ma porte.

ML, Les nuits de Chelsea

Toile de Jeffrey G. Batchelor

Le plus beau jour de ma vie

Toile de Paul Kelley

Serait-ce moi, cette femme affalée dans son fauteuil,
Complètement avachie ou bien langoureuse ?
Est-ce moi, cette femme qui n'a toujours pas fait son deuil,
Alors qu'elle a toutes les raisons d'être heureuse ?

Combien d'heures ai-je passées à ainsi ruminer
Et à me repasser le même film dans la tête ?
Combien de fois ai-je dit : « Arrête de te miner
Et de te la jouer genre blessée comme une bête ! »

Puis un beau jour, sur le Boulevard des Capucines,
J'ai fait la rencontre d'une étrange Mélusine ;
Elle toucha mon bras et pointa du doigt le ciel.

Quand elle me regarda, je vis un autre monde,
Un monde où l'on se donne la main pour faire la ronde.
Elle me dit : « Les fleurs des champs donnent le meilleur miel. »

Ours de sable

Blason de Berlin (Allemagne)

Il marche dans le soir, et capte la lumière,
Tournant vers l’horizon son regard aimanté ;
Sa demeure sur terre est un manoir hanté
Dont les vastes couloirs se couvrent de poussière.

Il mange son dîner dans de vieilles soupières,
Des navets succulents que lui-même a plantés,
Des assaisonnements qu’il a su inventer,
Il mange son dîner sur la table de pierre.

Puis il sort de chez lui, dans la clarté mystique
Envahissant, le soir, son jardin fantastique,
Quand se refroidit l’air, quand rougit le soleil.

Près d’une cheminée où ne vit nulle flamme,
Il trouve le repos de la chair et de l’âme,
Toujours aussi serein, quand survient le réveil.

Cochonfucius

Six fois neuf facettes

Image du blog Herald Dick Magazine

Un ours qui manipule un cube diabolique
Trouve que cet engin n’est pas très catholique ;
Il poursuit néanmoins son effort symbolique.

L’ours, faisant pivoter les petits éléments,
Ne trouvant pas le truc, s’énerve sacrément ;
Il se croit prisonnier d’une histoire qui ment.

Le cube lui répond qu’il est un jeu de nombres,
Non pas un petit jeu trouvé dans les décombres,
Mais le joli produit d’une logique sombre.

Bon, dit le plantigrade, on baisse pas les bras !
On ne cherchera point à trier ce fatras,
On prendra six couleurs, et l’on te repeindra.

Cochonfucius

En mes pénates

Toile de Paul Kelley

Il pleut sur Paris ; c'est un excellente raison
Pour rester chez soi ; vais-je ranger ou ne rien faire ?
Je songe que j'ai encore mes valises à défaire...
Seigneur, dans quel état je retrouve ma maison !

Avant, quand je menais une vie de patachon,
Je mélangeais les torchons avec les serviettes ;
Sur l'évier s'empilaient les bols et les assiettes.
Quant à mes blagues, genre « Est-ce du lard ou du cochon ? »,

Elles ont eu raison de bien des tempéraments ;
On trouva sage de m'éviter, évidemment.
De tout temps, j'ai aimé disposer de moi-même.

Je me sens bien en mes pénates où je reçois
De rares amis ; jamais aucun ne me déçoit ;
J'ai un instinct sûr : je sais et sens quand on m'aime.

Le spectre à trois faces
Le flair et l'instinct sont les mamelles de la sûreté.

Voie héraldique : la Colombe - Tendresse




Qu'il y a-t-il de plus tendre 
Et que peut-on attendre 
De mieux qu'une vie sans secousses? 
La paix est si belle, si douce.




Toile d'Élisabeth Sonrel (1874-1953) 
Les Colombes ;Tendresse 
(The Dove of Tenderness)

Voie héraldique : le Paon - Majesté




Beau paon, quand tu fais ta roue, 
C'est ta majesté qu'on loue ; 
Tu es aussi le symbole 
De la vanité frivole.




Toile d'Élisabeth Sonrel (French, 1874 – 1953) 
Le Paon ; Majesté
(The Majestic Peacock)

Voie héraldique : le Cygne - Innocence



Il glisse sur l'eau avec grâce
C'est le cygne d'innocence ;
Il se pose sur l'herbe rase
Avec beaucoup d'élégance.




Toile d'Élisabeth Sonrel (French, 1874 - 1953)
Le Cygne ; Innocence 
(The Innocent Swan)

Voie héraldique : l'Hirondelle - Souvenir



Quand s'en revient l'hirondelle 
Annoncer la saison belle, 
Elle éveille le souvenir 
Et la promesse d'avenir.




 Toile d'Élisabeth Sonrel (French, 1874 – 1953) 
Les Hirondelles ; Souvenir 
(The Swallows of Remembrance)

mercredi 26 août 2015

Adieu veau, vache, cochon

Toile de David M. Bowers

Bon, je suis contente de te voir ; tu me parles
De toi : tu as changé de coiffure et de boulot ;
Tes enfants font des études ; il y a le Charles
Qui a un appart à Issy-les-Moulineaux

Et Thérèse, qui vient d'entrer à Hypokhâgne...
Tu veux que je te dise ? Le monde entier s'en fout !
Que ton homme se soit barré de ce bagne
De la réussite où l'on ne compte que les sous

Ne m'étonne guère. Que croyais-tu donc, ma cocotte ?
Moi qui là te parle, j'ai été aussi sotte !
Un beau matin, je me sentis mourir d'ennui ;

Je me suis vue mémérisée bien avant l'âge ;
Dans l'instant, j'ai largué les amarres, sans ambages ;
Adieu veau, vache, cochon... et exit le circuit !

Le spectre à trois faces
La ligne droite est toujours la plus courte.

Gardienne de l'empire

Blason de Kecskémet (Hongrie)

L’Empire a pour vizir la chèvre belle à voir,
Qui surveille le trône et traque la bévue ;
Elle voit loin devant, car elle a bonne vue,
Et sait les ennemis durement recevoir.

On ne regrette pas qu’elle ait ce grand pouvoir,
Car par elle, on échappe à la guerre imprévue ;
La contrée, sous sa loi, de richesse est pourvue,
Et chaque citoyen se plaît à son devoir.

Tous les ambassadeurs lui font la révérence,
Sa Sainteté aussi s’incline en sa présence ;
Le soir, elle retrouve un gentil bouc poilu

Qui ne néglige pas de la couvrir d’hommages ;
Du bonheur domestique, ils sont la belle image,
Dans la fidélité, sans rien de dissolu.

Cochonfucius

Sagesse du coq-bouc

Blason de Ziegenhain (Allemagne)

Du coq-bouc les claires pensées
Ne sont pas dépourvues d’attraits ;
Mais parfois, comme il est distrait !
Et sa trouvaille est effacée.

Or, comme nul ne la réclame,
Il ne la fait point revenir ;
Ce fantôme de souvenir
S’endort, pour toujours, dans son âme.

Un tel trésor d’une seconde
Ne lui sera jamais rendu ;
Ah, qu’importe qu’il soit perdu !
Il est tant d’autres joies au monde.

Cochonfucius

L'improbable sérénade

Toile de Michael Cheval

Ma sœur, quand tu seras penchée à la fenêtre
Pour contempler dans le ciel les myriades d'étoiles
Dont tu aimes à dire qu'elles viennent à peine de naître,
Je viendrai te conter les légendes de Cornwall

Ou te chanter la rose, la plus exquise des fleurs ;
Je lui donnerai toutes les couleurs qui parcourent
Ton visage : rouge de plaisir et rose de fraîcheur ;
Blanche de pureté, d'or de noblesse, sans détours.

Peut-être te parlerai-je encore de ma peine,
Et tu me répondras : « Ça n'en vaut pas la peine. »
Je te dirai : « L'Amie, sais-tu où nous allons ? »

Tu plongeras droit ton regard dans ma pupille,
Les lèvres pincées, prêtes à lancer la torpille :
« Prends bien garde de ne pas te tromper d'échelon ! »

Pink Floyd & David Gilmour - Astronomy Domine

Live in Gdansk 2006

L'instant cru

Toile de David M. Bowers

Comme toute personne, il m'arrive de me retirer,
Pour faire le point ou par besoin de rester seule.
À ces moments-là, je n'ai rien pour attirer ;
Grossièrement parlé, j'ai l'air de faire la gueule ;

Mais c'est faux, je suis simplement triste à mourir ;
Je ne sors plus, je reste au fond de ma tanière ;
Ça arrive comme ça, sans raison, sans prévenir ;
Je rengaine mon épée et j'enroule ma bannière,

Le temps qu'il faut pour me redonner du courage ;
Remontent alors à ma mémoire d'anciens outrages
Dont la seule pensée me met sous très haute tension.

Dans cet état, rares sont les personnes qui m'approchent.
La terre, la vie restent belles mais le monde est moche ;
Peu de choses y méritent vraiment mon attention.

Le spectre à trois faces
Les jours sans

Images de la Corée traditionnelle


Six chromolithographies de la Belle Époque illustrant des scènes de la Corée traditionnelle : le palais impérial de Séoul, le port de Chémulpo, une rue du Séoul ancien, un diseur de bonnes aventures, un sport féminin : le saut sur échasses et travaux des champs : vannage et battage.

mardi 25 août 2015

Passeurs

Toile de Vicente R. Redondo

L'Ami, me voilà revenue en Albion pour reprendre le travail qui risque fort, je le crains, de me laisser beaucoup moins de temps pour l'écriture. Je le regrette vivement. Depuis quelques mois, j'ai le sentiment de vivre sur un nuage et je le dois, je sais, à la poésie dont la pratique quotidienne, autant par la lecture que par l'écriture, a profondément transformé ma vie, et même bouleversé, à un point que j'ai parfois encore du mal à bien mesurer. Le regard que je porte sur les choses en est devenu non seulement plus attentif et plus intense, mais aussi, paradoxalement, plus détaché. Tout objet que je vois, tout personne que je rencontre, toute scène à laquelle j'assiste se trouvent désormais filtrés par ce regard, presque à l'affût dirais-je, car derrière lui se tient la volonté d'en garder la mémoire autant que la substance, et donc de traduire celles-ci en vers. Une photographie ne restitue qu'une image muette et rend donc peu ou pas compte du ressenti et des pensées que les choses peuvent inspirer. Cependant, à l'instar d'un tableau, elle peut être inspirante par elle-même, c'est-à-dire en tant qu'objet à part entière, indépendamment de son intention première. Tu avais prévenu : « L'écriture peut devenir obsessionnelle. » C'est vrai, je le réalise. Aussi, qu'avons-nous fait ces deux derniers mois ? Toutes nos conversations n'avaient plus qu'un seul et unique but : composer ! Mais je préfère, et de loin, cette obsession-là à n'importe laquelle. C'est simple : je n'ai pas mon compte ! Écrire, publier, être lu, cela fait plaisir. Mais inspirer l'envie d'en faire autant est encore plus gratifiant. L'écriture est un chemin en soi-même vers soi-même. Elle est aussi une rencontre intérieure avec le lecteur qui peut faire siens les mots et, s'il écrit à son tour, passer le relais. Passer le relais... Tu dis : « L'artiste est un passeur. Son matériau peut différer, mais la fonction demeure la même : jeter un pont entre un plan et l'autre. »

A road




The road to your heart
Is the road to happiness.
A delightful path.

Esther Ling



Painting Annick Bouvattier

Fuir

Painting by Melanie Delon

J’ai couru, j’ai fui
La mort lente, indolore
D’un monde sans âme,

Où la vie est sans saveur,
Où le risque est sans valeur.

Esther Ling

Considérations mytho-européistes

Toile de Félix Vallotton (artiste suisse, 1865-1925), Enlèvement d'Europe, 1908

L'on sait qu'un jour, Jupiter, porté sur les femmes
(Penchant que je considère comme une qualité),
Se transforma en taureau pour enlever Dame
Europe qui n'eut pas le loisir de l'éviter.

On la comprend car les taureaux sont bons amants
Et l'on ne sache pas qu'une seule vache en portât plainte.
L'on a tort de tenir les mythes pour boniments,
C'est toute la vie des hommes que l'on y trouve dépeinte.

Mais là n'est pas le propos, voulant évoquer
L'idée que si la Grèce pouvait nous enlever
À nouveau Dame Europe, mais une bonne fois pour toutes...

Je veux bien sûr parler de l'Europe des banquiers
Et des officines que tiennent les grands boutiquiers,
N'ayant de cesse que l'âme des peuples soit dissoute.

Le spectre à trois faces
Politique parallèle

Considérations chronophiles

Toile de Vincent Cacciotti

J'ai décidé de vivre selon mon horloge
Intérieure, ce qui m'obligea à certains choix ;
J'ai eu raison et je m'en fais ici l'éloge
Car je ne vis plus dans une boîte comme un anchois.

Aujourd'hui, comme on sait, tout doit aller très vite ;
Les gens sont apparemment pressés de mourir ;
L'on veut toujours davantage, de rien on n'est quitte ;
Les illusions sont fortes, l'on ne cesse de courir.

Pauvres imbéciles ! Vous méritez le fouet
Qui vous flagelle le dos ; mangez donc le brouet
Que les tambouilleurs versent dans votre écuelle !

Et toi, pauvre jeunesse, qui te fait essorer
Jusqu'à la moelle, tu as beau vouloir t'accorder
Au système, bientôt tu verras sa face cruelle.

Le spectre à trois faces
Mon temps m'appartient.