Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa troisième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique et à la mémoire de l'École Lacordaire, dans le 15e arrondissement de Paris. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 25 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

"The whole of heraldry and of chivalry is in courtesy." – Ralph Waldo Emerson

vendredi 24 octobre 2014

Sagesse du crapaud

                       Au fond du parc est un sage crapaud
                       Avec un peu de folie dans la tête.
                       Vous lui trouvez une allure distraite :
                       Il est songeur, ne suivant nul troupeau.

                       À l’heure noire où j’allume un flambeau
                       Pour que le parc arbore un air de fête,
                       Il se concentre, ainsi qu’un vieux poète
                       Triant les mots pour garder les plus beaux.

                       Que cherche-t-il en son calme séjour ?
                       À quoi joue-t-il, la nuit comme le jour ?
                       C’est de blasons que vit cet esprit sombre ;

                       Il assortit les meubles, les couleurs,
                       Les partitions, les brisures sans nombre ;
                       De l’héraldique, il cultive les fleurs.

Je me souviendrai toujours de notre promenade

     Je me souviendrai toujours de notre promenade sur les bords de la Loire et les chemins de France. Nous marchions sur la rive des choses ; nous étions au bord de nous-mêmes. Nous nous trouvions à la croisée de la vie, à la suspension de son cours. C'était une de ces journées où l'âme dilatée tient en elle l'assurance d'une aube nouvelle, d'une épiphanie annoncée.
    Gaies et légères, presque ingénues, nous avions le cœur à la gambade. Nous étions femmes, nous étions gamines. Tu as dit : « C'est ça la vie, l'instant vierge et nu, l'utérus du bonheur... » Je t'ai répondu : « Il faut revenir de loin pour dire cela. » Nous étions toutes deux en chemin. Nous revenions... 

jeudi 23 octobre 2014

Le temps c'est de l'argent

Enfin, c'est une façon de parler... En réalité, ces chromos anglaises de 1908 mettent en image le décalage horaire entre Greenwich et différentes régions du monde représentées à travers les types humains et les monnaies en cours. Trois en un donc. L'ensemble compose une belle galerie qui enrichit notre collection de chromos de la Belle Époque, particulièrement prolifique dans ce domaine. Les dernières expositions universelles n'étaient pas étrangères à cet encyclopédisme. L'Europe conquérante et coloniale célébrait là une forme de planétarisme. Le globalisme actuel en est la suite logique, avec les effets pervers que l'on sait, l'uniformisation des modes de vie notamment.

Landes Blues ou le Blues en famille

Notre collègue Patrick Duroi a bien de la veine de pouvoir fédérer sa petite famille autour du Blues, surtout que ses deux garçons ont rencontré des compagnes musiciennes. Ils l'ont fait exprès, c'est sûr ! Le Blues en famille, rien de tel contre le ... blues.

Le vieux Londres en 1925

Une petite douzaine de chromolithographies, datées de l'année 1925, qui mettent en image quelques endroits emblématiques de Londres. Ce billet vient en complément du précédant, Images du vieux Londres en 1929, publié le 15 octobre dernier.

Blason : « Le lys est la fleur des plaines de France »...

                   Le lys est la fleur
                   Des plaines de France,
                   Des gloires immenses
                   Et des rois rêveurs.

                   Fleur d’un regard grave
                   Qui scrute le ciel,
                   Fleur d’un cœur sans fiel,
                   Doux, paisible et brave.

                   Un cœur éclatant
                   Qui, en saison triste,
                   Peut se faire artiste,
                   Bouffon du printemps.
        Lys de nos conquêtes,
        Lys de nos draps blancs,
        Fleur des faux-semblants
        Dont vivent nos fêtes.

        Lys des dons des rois
        Aux belles maîtresses ;
        Lys des voix traîtresses
        D’un monde sans lois.

        Que vienne l’automne :
        Je vois défleurir
        Le lys, et mourir
        Sans que ça m’étonne.




mercredi 22 octobre 2014

La chaise de Madame la Marquise est avancée

La chaise à porteurs est aussi ancienne que la litière. Les dames romaines et les magistrats en faisaient usage mais elle existe depuis la plus haute antiquité, voire la préhistoire. Elle était faite de matières précieuses et souvent plaquée d'ivoire rehaussé d'ornements d'or ou de bronze. Au XVIIe siècle, la chaise à porteurs fit sa réapparition. On prétend que ce fut la reine Margot, première femme de Henri IV, qui la remit à la mode. Sous le règne de Louis XIII, il y eut même des chaises de louage, comme il y a aujourd'hui des voitures publiques. 

Mots et Liens


       Mets des liens sur certains mots,
       Fabrique un itinéraire ;
       Aide ton lecteur à faire
       La découverte du Beau. 

        Impossible qu’on résume
        Ce parcours qui voit surgir
        La licorne de la brume
        Un instant, puis repartir.


Victor Hugo écrit que les mots sont des êtres vivants. C'est vrai, une fois qu'ils ont franchi le seuil de notre bouche, ils vivent leur propre vie. Les mots ne sont jamais neutres, même les plus banals. Les mots sont puissants, ils peuvent donner la vie ou la mort, construire ou détruire. On parle bien de mots assassins... Mais les mots servent aussi à taire ce que l'on veut dire ou à ne pas dire ce que l'on veut taire. Ils informent ou déforment. Ils manipulent aussi. La publicité, les médias et la politique sont rompus à ces pratiques... Un mot est un son, donc une onde sonore, chargée d'une vibration particulière, son principe actif : celle de l'intention qui le précède. Parfois les mots dépassent la pensée ? Certes, mais quelle pensée ?  La consciente ou l'inconsciente ? Les mots qu'on a laissés s'envoler reviennent toujours frapper à notre porte, telles les ondes provoquées par un caillou jeté dans l'eau qui retournent à leur source quand elles ont atteint le bord.

Marc Sinniger


Il semble que l'exigence d'une expression correcte s'impose à tous pour mettre en circulation ses idées, ses émotions, ses conjectures, et l'exactitude lui est nécessaire pour trouver la formulation juste d'une pensée malaisée à saisir. C'est par l'opération du langage que chacun peut extraire de lui-même, cette pensée qui était dans l'attente d'une expression la plus parfaite possible. Les mots seraient les signes qui permettent de l'enregistrer avec fidélité, mais les mots ne sont pas seulement la simple forme s'adaptant à une pensée qui existerait déjà, toute faite ; ils permettent aussi son apparition : une communication s'établit entre la pensée et les mots qui ne sont plus alors de simples signes mais de véritables instruments permettant d'épanouir une pensée dans une formulation heureuse. Tels des êtres vivants, les mots par leur rythme, leur sens, les images qu'ils évoquent permettent à la pensée de chacun de se construire peu à peu.
Le mot (...) est la chair de l'idée, mais cette chair vit. Si (...) vous séparez le mot de l'idée, c'est de la mort que vous faites. Comme dans la mort, l'idée c'est-à-dire l'âme, disparaît. Votre guerre au mot est l'attaque de l'idée. (Victor Hugo)

Pierrette Colas

Nous tairons les mots et dirons les silences ; 
Nous panserons les maux de nos absences. 
Ensemble nous élèverons les choses 
Vers leur ultime métamorphose.

Est-ce folie que de vouloir l'azur au creux de ses mains ? 
Est-ce raison que de courir après les creux lendemains ? 
Ne me donne pas tes mots mais dis-moi ta parole ; 
De la fleur de tes songes, ouvre-moi la corole.

Marie-Louise de Beaulieu

mardi 21 octobre 2014

Nicolas Boileau et Montesquieu : Les embarras de Paris

De tous temps, les Parisiens se sont plaints des Parisiens, c'est-à-dire, en quelque sorte, d'eux-mêmes ! Le Parisien est un râleur par nature. C'est génétique. Audiard disait que conduire à Paris c'est une question de vocabulaire. En effet. Marcher aussi. Dans les couloirs du métro et aux heures de pointe notamment. Sur les boulevards aussi, le samedi après-midi, quand la frénésie consumériste bat son plein, surtout vers la fin du mois, quand les payes sont tombées... Au XVIIe siècle, les embarras de Paris nourrissent l’inspiration des poètes et des écrivains. « Carrosses, chevaux et grand bruit, c’est là Paris », écrit Paul Scarron (1610-1660). Nicolas Boileau et Montesquieu, à leur tour, nous décrivent le Paris des XVIIe et XVIIIe siècles. Ce n'était déjà pas triste...

Du Hoang Ho au Yang Tse Kiang

video
Extrait de Un singe en hiver de Henri Verneuil (1962)

Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d'abord, j'vais vous donner les dernières instructions d'l'amiral Guépratte, rectifiées par le quartier-maître Quentin ici présent. Voilà : l'intention de l'amiral serait que nous percions un canal souterrain qui relierait le Wang Ho au Yang Tsé Kiang. Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que Wang Ho veut dire fleuve jaune et Yang Tsé Kiang, fleuve bleu ! Je n'sais pas si vous vous rendez compte de l'aspect grandiose du mélange. Un fleuve vert ! Vert comme les forêts, comme l'espérance. Matelot Hénault nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons apporter le printemps dans ce pays de merde !

Le dicton du jour : si t'as une belle caisse...

... tu ramasses les gonzesses !
Tout est relatif. Il convient donc de voir les choses dans leur contexte, au risque, sinon de méjuger de la question. Les deux femmes assises dans la cage, une botte de paille faisant office de siège, se rendent à quelque marché local ou s'en reviennent, c'est selon. Elles n'affichent aucun état d'âme à se déplacer de cette sorte et s'entretiennent des choses de la vie, la leur en l'occurrence. On fait avec ce qu'on a. Cette scène se déroule-t-elle dans un pays de l'Est ou dans quelque inavouable contrée reculée de la France profonde (dont certaines mauvais esprits prétendent qu'elle commence après le périphérique parisien) ? Peu importe au demeurant, car la chose est drôle et l'on rit sainement. Et qui sait, si nos deux mères se revoyaient dans cet équipage, elles se joindraient à nous et seraient même pliées à n'en plus pouvoir.

Outils et héraldique : le marteau

Un marteau est un outil percuteur, servant par exemple à aplatir un morceau de fer ou à enfoncer un clou. En tant qu'arme, le marteau est un symbole de force masculine, lié au pouvoir du Soleil et aux dieux guerriers. En tant qu'outil, il constitue un symbole de protection et de capacité divine. En héraldique, il est parfois appelé « Martel ». Sur les blasons municipaux, il symbolise le plus souvent une activité industrielle (forges, carrières...)

lundi 20 octobre 2014

Psychanalyse de la chaussure

Une surprenante étude Britannique menée auprès de 3000 femmes a montré qu’en moyenne celles-ci possèdent chacune pas moins de onze paires de chaussures qu’elles ne portent jamais ! Pourquoi ? Parce que la chaussure n’est pas qu’un simple accessoire de mode, elle représente un exutoire au mal-être, une thérapie. Cette même étude montre que un tiers des femmes interrogées avouent acheter des chaussures pour se remonter le moral. Pauvres de nous !

Un métier en voie de disparition : le cordonnier

Au sens premier, le cordonnier est l'artisan qui fabrique des souliers, bottes, mules et pantoufles, en cuir, surtout en peau de cochon. Ceux qui les réparaient étaient appelés « Raccommodeurs de souliers » ou « Cordonniers » en vieux français. De nos jours, on différencie le « cordonnier réparateur » du « cordonnier bottier », c'est-à-dire, en fait, du fabricant de chaussures. Selon une étymologie populaire, le mot « cordonnier » viendrait du mot « corde », car les premiers cordonniers utilisaient des cordes pour fabriquer des chaussures. En réalité, il vient de « cordouinier », de l’ancien français cordoan (mot attesté au XIIe siècle), c'est-à-dire « cuir de Cordoue », en référence à Cordoue, ville espagnole dont le cuir était jadis très réputé (cuir estampé puis patiné surtout posé en mural) et dont les Maures avaient reçu des Marocains le secret de la maroquinerie. Avec le temps le mot « cordouinier » est devenu « cordonnier », supplantant le latin Cordubensis, « de Cordoue », devenu cordovensis puis cordovesarius

La chaussure en héraldique

Nous entendons ici par chaussure « tout ce qui se chausse au pied ». La chaussure est traditionnellement un symbole de possession et d'autorité. Elle signifie donc qu'un individu reste maître de lui-même. Dans la tradition musulmane, se déchausser en entrant dans la maison de quelqu'un est une façon d'accepter son statut et sa propriété. En héraldique, où il évoque plutôt l'activité économique ou industrielle, ce meuble se présente généralement de profil, sous les formes de souliers, de bottes ou encore de sabots.

Lanza del Vasto (1901-1981) : Qui nous apportera le salut ?

« Est-ce vous les Politiciens, les Ministres, les Gou­verneurs ? Je ne vois que des marionnettes et je vois les ficelles qui les manœuvrent : les intérêts, les opinions, les transactions et les intrigues. Ils représentent le peuple comme les marionnettes représentent des personnages. Comment l'ignorance du grand nombre, la folie des foules et la loterie du vote produiront-elles la sagesse, la dignité, l'indépendance du maître ? Les dirigeants étant dirigés par ceux qu'ils dirigent, il n'y a pas de direction, de droit ni de droiture. Alors les maîtres, les hommes libres, est-ce vous les rares riches qui dans cette ruche n'avez d'autre fonc­tion que de goûter les bonnes choses de la vie comme si vous étiez le suprême aboutissement et la fleur de ce monde ? Si libre est celui qui fait ce qu'il veut, quelle peut être la liberté de ceux qui n'ont rien à faire et dont les moindres caprices sont si vite accomplis qu'ils trouvent difficilement quelque chose à vouloir. Ils ne peuvent que subir l'exigence de leur état qui est de jouir sans relâche. Mais le désir outre mesure comblé est dégoût et le plaisir continuel, ennui. Ils en sont réduits à boire sans soif, à manger en se souhaitant un appétit qui manque, à jouer à l'amour sans amour, à suer au golf pour se reposer du repos, à voyager sans but et parce que leur bonheur se trouve toujours ailleurs, à lire pour se distraire et se vider de toute pensée, à bâiller au bal et au théâtre. Et sans doute, un jour ils se tueront, n'ayant trouvé d'autre issue à l'extrême misère de n'avoir pas de raison d'être. Voilà, au centre du tourbillon, le vide qui s'appelle vanité. »

Le jour où Gandhi perdit une chaussure

Un jour, en montant dans un train, Gandhi perdit une chaussure qui tomba sur la voie ferrée. Il fut incapable de la récupérer, le train commençant à avancer. Au grand étonnement de ses compagnons de voyage, Gandhi enleva son autre chaussure et la lança près de celle qu’il venait de perdre. A un passager qui lui demanda pourquoi il avait fait cela, Gandhi répondit en souriant : « Le pauvre homme qui trouvera ma chaussure sur la voie ferrée trouvera la deuxième juste à côté et aura donc une paire de chaussures qu’il pourra utiliser. »

La pensée du jour : Mohandas Gandhi (1869-1948)

Remplacez la cupidité par l'amour et tout sera à sa place.
 
Ce que tu gagneras par la violence, une violence plus grande te le fera perdre.

En réalité il existe autant de religions que d'individus.

Là où il y a la peur, il n'y a pas de religion.

 
La force réside dans l'absence de crainte, et non dans la quantité de chair et de muscle que nous avons dans notre corps.

Mémoire de la 7e C : les Éditions du Clin d’œil

Les Éditions du Clin d’œil, crées en 2006 pour un usage interne et rebaptisées plus tard « Éditions du Temps qui vient et qui passe » avaient produit une vingtaine de titres réunissant des écrits collectifs, des romans d'élèves, des contes héraldiques, des créations géométriques et des almanachs.
Une classe est une pépinière où couvent bien des graines, notamment celles des écrivains de demain. C'est un lieu de prémices, d'émergences et de promesses d'avenir. Accompagner ces premières années de la relève des générations et de la formation des esprits est un ressourcement permanent.
Quand l'enfant devient lecteur, c'est-à-dire s'il pratique spontanément la lecture, au-delà du strict cadre scolaire, il franchit une étape fondamentale et capitale qui l'introduit de fait dans une forme d'autonomie déterminante : celle de pouvoir accéder par lui-même à l'information et à la connaissance. Et quand, de surcroît, il pratique spontanément l'écriture de textes, avec une maîtrise de la structure du récit, de la syntaxe, du dialogue, du champ lexical et du code orthographique, alors on peut dire qu'il réalise une sorte d'idéal vers lequel on aimerait porter l'ensemble des élèves.

dimanche 19 octobre 2014

Blasonnement incertain

L’écu est de sinople à un drôle d’oiseau
Dont le chef, cependant, n’est pas reconnaissable ;
Le volatile est d’or et ses ailes de sable,
Je ne sais pas si c’est un pluvian des roseaux.

Sont-ce les armoiries du duc de Palaiseau
Ou celles d’un quidam, d’un bonhomme inclassable
Poursuivant chaque jour des buts inconnaissables,
Tel Noé se risquant, sans guide, sur les eaux ?


Brochant sur une branche, un porc de carnation.
Que représente-t-il ? L’esprit d’une nation,

Un corps immatériel, un miroir fatidique ?

                                            Je ne sais pas pourquoi je songe au rossignol,
                                            À l’Empereur de Chine et à Marcel Pagnol ;
                                            Ou c’est, plus simplement, une farce héraldique.


                      Cochonfucius, Pays de Poésie

Héraldique et Art Nouveau sur Herald Dick Magazine

http://herald-dick-magazine.blogspot.fr/2014/10/heraldique-et-art-nouveau-vers-1900.html
Le blog Herald Dick Magazine vient de publier deux billets sur l'Héraldique et l'Art Nouveau, un mariage illustré à travers un recueil de très belles cartes postales, pleines de ce charme de la Belle Époque que nous prisons particulièrement sur ce blog. Le premier billet est consacré aux principales villes d'Alsace-Lorraine, alors rattachées au Reich allemand, et le second, aux provinces d'Italie et à Saint-Marin. Merci à Herald Dick pour ces belles trouvailles qui intéresseront autant les héraldistes que les collectionneurs de cartes postales. Cliquez sur les images pour accéder aux pages concernées.

http://herald-dick-magazine.blogspot.fr/2014/10/heraldique-et-art-nouveau-2-vers-1900.html

Le concept de responsabilité

C'est l'histoire de quatre individus : Chacun, Quelqu'un, Quiconque et Personne... 
Un travail important devait être fait et on avait demandé à Chacun de s'en occuper.
Chacun était assuré que Quelqu'un allait le faire ;
Quiconque aurait pu s'en occuper, mais Personne ne l'a fait.
Quelqu'un s'est emporté parce qu'il considérait que ce travail était la responsabilité de Chacun. Chacun croyait que Quiconque pouvait le faire,
mais Personne ne s'était rendu compte que Chacun ne le ferait pas.
A la fin, Chacun blâmait Quelqu'un, du fait que Personne
n'avait fait ce que Quiconque aurait dû faire.

Bon Sang ! mais où est passé le Bon Sens ?

Aujourd’hui nous déplorons la disparition d’un ami très cher qui se nommait Bon-Sens et qui a vécu parmi nous pendant de longues années.

Personne ne connaît exactement son âge, car les registres de naissance ont été perdus il y a bien longtemps dans les méandres de la bureaucratie et de la bêtise humaine.

Mais on se souvient de lui pour certaines leçons de vie...

La coiffure au cours des siècles

Les coiffures ont toujours évolué conjointement aux costumes. Les différents styles sont ainsi devenus des marqueurs visuels de leur époque. La chevelure constitue un élément clef de la mode et du « paraître au monde ». Essentiellement destinée à mettre le visage en valeur, elle est aussi un moyen de se singulariser. Aujourd'hui, la palette est largement ouverte, autant pour les hommes que pour les femmes. Cependant, les différences se jouent plutôt sur la longueur, avec, auprès des femmes au-delà d'un certain âge, une tendance très marquée pour le court. Finalement, le conformisme - et donc l'uniformité - finissent toujours par l'emporter chez la plupart, généralement quand faiblissent et s'éteignent les derniers feux de la jeunesse. 

samedi 18 octobre 2014

Ode à une Vénus possible

            J'aime
            quand ton visage reflète
            les mille et mille soleils
            de pleine face,
            les nuits d'infini firmament.
            J'aime aussi
            que tu tiennes secrète
            ta face cachée
            car mes songes ont besoin
            de s'y promener,
            à l'abri de toute brisure.
    Je sais
    qu'elle est partout pleine
    et que la nuit qui l'enveloppe
    n'y peut adhérer
    car elle danse autour des étoiles.
    Un regard terrestre
    ne verra jamais qu'une face ;
    seul un regard intérieur
    - celui du cœur -
    la voit tout entière :
    une et triple à la fois.

                  J'aime l'arc de ton sourire qui apaise mon âme fatiguée
                  et les flottements de ta chevelure lionne que ma main voudrait peigner. 
                  J'aime la sinuosité de tes lèvres que mon doigt aimerait contourner
                  et le galbé de ton buste où ma tête aimerait à se poser.
                  J'aime le frémissement chaste de ton sein virginal qui parfois m'effleure
                  et la profondeur de ton regard qui ouvre sur une prairie fleurie.
                  Et je demeure là, au seuil d'une aube nouvelle
                  car avec toi, le temps ne compte pas ;
                  auprès de toi, chaque instant est un battement d'éternité.

Les Anges ?

Charles Baudelaire (1821-1867) : Réversibilité 

                             Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
                             La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
                             Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
                             Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ?
                             Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

vendredi 17 octobre 2014

22, v'là les flics !

On aura tout vu sur ce blog, y compris les flics ! Mais bon, chromolithographies de la Belle Époque obligent, grande pourvoyeuse en images d’Épinal et donc archétypales, dont on sait qu'elles ont la vie dure. C'est normal car l'esprit humain est viscéralement insoluble dans l'uniformité ambiante. L'histoire des costumes, c'est avant tout l'histoire de la diversité humaine et de sa déclinaison dans tous les champs d'application.

« Vingt-deux, v'là les flics ! » est une expression française familière employée lorsque quelqu'un tient à avertir les membres d'un groupe dont il fait partie qu'il s'agit de fuir un danger.

Sous le Directoire : les Incroyables et les Merveilleuses

Le Directoire est la forme de gouvernement utilisée par la Première République française, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Il tire son nom des cinq Directeurs détenteurs du pouvoir exécutif. Le 27 juillet 1794, la chute de Robespierre marqua la fin de la sinistre Terreur et le début de la réaction thermidorienne. Dès le lendemain de sa mort sur l’échafaud, on vit reparaître les carrosses ; il y eut de nouveau des maîtres et des domestiques. Quand la loi du maximum fut abolie, et surtout, quand le Directoire eut succédé à la Convention, les magasins se signalèrent par leurs étalages. Au lendemain de la Terreur, les Français sortis des prisons ou revenus d’exil, ou tout simplement soulagés de voir la fin de la Terreur, se jetèrent avec frénésie dans tous les plaisirs.

jeudi 16 octobre 2014

Cogito ergo sum ?

Tout le monde connaît cette fameuse sentence de René Descartes qui pose l'évidence de la raison, si chère au philosophe, et qui marque, en quelque sorte, les débuts de l'intellectualisme, une doctrine qui affirme le primat de l'intelligence, de l'intellect, sur l'affectivité et sur la volonté, un courant de pensée qui s'oppose donc à l'émotivisme et au volontarisme. Bon, c'est intéressant, mais dans la proposition de Descartes, il s'agit bien plus d'exister que d'Être. En effet, traduire « cogito » par « je pense » est une erreur fondamentale de traduction. Plus les hommes cogitent, plus ils s’égarent et s'éloignent de la vraie pensée. Plus ils ont de savoirs, plus ils s’éloignent de la connaissance. De plus, conditionner l'être au fait de penser est immensément réducteur et irréaliste car, dans cette logique, un caillou ne serait pas puisqu'il ne pense pas. Or, toute chose participe de l'être, au sens « d'êtreté » (un néologisme emprunté à l'orientaliste Alexandra David Neel).

My library is rich

http://www.ajhw.co.uk/books/index4.html#anchor337
Les internautes passionnés de livres et de littérature connaissent probablement The Book Library du site britannique AJH Computer Services, une bibliothèque numérique de langue anglaise riche d'un catalogue de 500 livres consultables en ligne, dont beaucoup de titres d'anthologie. Des incontournables donc. Nous saluons ce remarquable travail de bénédictin qui offre aux amateurs autant qu'aux chercheurs et au grand public un véritable trésor de littérature et de culture. Certes, les vrais lecteurs auront toujours une préférence marquée pour le livre papier, dont votre serviteur, mais le numérique possède au moins trois avantages indéniables : l'accès direct et permanent à une immense bibliothèque, un corpus immédiatement exploitable pour les webmestres et aucun encombrement matériel, avec la possibilité d'emmener en voyage une bibliothèque tout entière qui tient dans la poche. Pour accéder au site, cliquez sur l'image d'en-tête et bonne lecture.

mercredi 15 octobre 2014

C'est un petit potager tout au fond du jardin


C'est un petit potager
Tout au fond du jardin,
Rescapé, à peine dérangé ;
Carré de terre anodin.

Des herbes, deux trois légumes,
Quelques touches de fleurs
Qui ornent et qui parfument.
Noce de saveurs et d'odeurs !

Le bec pointé, l'arrosoir
Prend des airs de gardien
De ce lieu de mémoire
D'un temps déjà ancien.
  Le petit potager, solitaire,
Ouvre ses flancs à l'automne.
Et bientôt la vieille terre
Au long sommeil s'abandonne.

Ô jardins que l'on cisèle,
Qui festonnent nos paysages
Le long des saisons fidèles
À la nature en hommage !

On s'y rend comme on visite
Quelque parent oublié ;
On en repart comme on quitte
Un berceau nourricier.

M.S 2007

Le blason de Benjamin R. de la 4e3

De pourpre aux trois chevrons inversés d'or, une aigle bicéphale éployée de sable, contournée d'or aussi, allumée, becquée et membrée d'argent, brochant sur les chevrons.

Le blason d'Alexis Jude F. de la 4e3

C'est avec les blasons d'Alexis et de Benjamin que Sainte-Élisabeth ouvre sa deuxième saison héraldique...

De gueules au spectre d'aigle éployée tenant dans son bec une fleur de lys, le tout d'or.

Ce blason a été réalisé d'après un scan du dessin de l'élève.

Les anges en héraldique

Un ange, du latin angelus, emprunté au grec ángelos, «messager», est une créature céleste dans de nombreuses traditions, notamment dans les trois religions abrahamiques et dans l'Avesta (textes sacrés de la religion mazdéenne) où ce terme désigne un envoyé de Dieu, c'est-à-dire un intermédiaire entre Dieu et les hommes. Parfois il transmet un message divin, parfois il agit lui-même selon la volonté divine. L'ange est normalement invisible, mais lorsqu'il se laisse voir, lors d'un rêve ou d'une vision, il a une apparence humaine, transfigurée par une lumière surnaturelle.


En héraldique, les Anges sont plutôt rares sur les blasons et font plus souvent partie des ornements extérieurs, comme tenants. Lorsqu'ils figurent dans un écu, leur position ordinaire est de front, les mains jointes ou tenant quelque meuble, et ayant les ailes levées vers le chef ; il faut avoir soin, en blasonnant, de dire que les ailes sont abaissées lorsqu'elles sont représentées les pointes en bas le long du corps. En héraldique, on ne se sert jamais du mot vol, en énonçant les ailes des Anges. (d'après L.-A. Duhoux d'Argicourt en son Alphabet et figures de tous les termes du blason, Paris, 1899)


Les Chérubins sont représentés dans l'imagerie populaire sous les traits de bébés ailés. Toutefois, la Bible donne aux Chérubins une position élevée différente des séraphins. D'après le livre de la Genèse, les chérubins, avec « la lame flamboyante d’une épée », après le péché d’Adam, interdirent à l’homme l’accès à l'arbre de vie.


Le Chérubin est un esprit céleste que l'on rencontre en quelques armoiries, et qui représente une tête d'ange ailée. On ne doit pas dire, comme quelques auteurs l'ont fait, tête de Chérubin, parce que ces esprits célestes n'ont pas de corps. Le Chérubin est le symbole de la sagesse et de l'intelligence.(d'après Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842), Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, Paris, 1816)
Dans la Bible, un Séraphin, étymologiquement un serpent «brûlant» du désert, est un ange décrit par le prophète Isaïe avec trois paires d'ailes. En théologie, les Séraphins sont le premier chœur de la première hiérarchie des anges. L'adjectif «séraphique» signifie «angélique» ou «éthéré». En héraldique le séraphin, classé figure héraldique imaginaire, est une tête d'ange entourée par quatre (quelquefois six) ailes. 

Blasonnement hésitant

           De gueules, cet écu, cette pure merveille
           À deux lions orangés qui dorment à moitié,
           À un monstre volant qui dit : Ayez pitié !
           (Mais que peut donc bien être une bête pareille ?)

           Comment le blasonner, si l’un des lions s’éveille
           Et sort pour se livrer à son sort de guerrier,
           Ou si d’une antilope il se fait meurtrier ?
           (Ou si, sur son museau, se posait une abeille ?)

           Ou si, parmi les lions, venait un tamanoir,
           Un phoque, un éléphant, un ours, un cheval noir,
           Un bestiau non décrit dans la littérature ?

           Ou si le vent changeait la teinture du champ,
           S’il devenait de sable, ou d’azur, ou d’argent ?
           Du cercle, l’héraldique est parfois quadrature !

Images du vieux Londres en 1929

Le Chaterhouse, le Guildhall, Lambeth Palace, "The Mitre" sur l'Ely Place, anciennes maisons en bois sur Collingwood Steet, Pump Court et son temple, South Square, St. James's Palace, Tudor Gate-House, Old Watch House sur la Giltspur Street, Water-Gate et York House... autant de lieux emblématiques du vieux Londres en chromolithographies de 1929.

mardi 14 octobre 2014

Émaux et Métaux

Le dernier poème héraldique de notre poète de prédilection... Cochonfucius.

  – Jolis blasons de France,
Par nos seigneurs portés,
J’admire vos nuances
Et vos reflets dorés !
 – De quel droit nous admires,
Toi qui ne nous connais ?
N’avons rien à te dire,
Retourne à tes sonnets.


– Jolis blasons de France,
Laissez-moi demeurer ;
J’apprendrai la science
De vous bien blasonner.
 – Tu peux rester, rhapsode,
Nous allons t’affranchir ;
Avec règle et méthode,
Te ferons réfléchir.


 – Jolis blasons de France,
Merci de m’inviter,
Bientôt, sur vos nuances,
Vous me verrez chanter.

Histoires d'en pleuvoir

Il est banal de ne pas aimer la pluie. Mais on a tort. J'étais du nombre. A tirer une grimace dès que je voyais la moindre goutte tomber. Aujourd'hui, j'en suis presque à souhaiter qu'il pleuve, pour me donner un prétexte en or de ne pas mettre le nez dehors et ainsi m'adonner sans retenue à mes travaux d'intérieur. Tenez, comme de réaliser ce billet sur la pluie, par exemple. Quand il fait beau, on n'a pas vraiment la conscience tranquille. On se sent quasi obligé d'en « profiter ». « Comment peux-tu rester enfermée par ce temps ! » m'entends-je dire parfois. Au moins, quand il pleut... Je veux dire : quand il pleut normalement.

Car je ne parle évidemment pas des grosses pluies qui causent des inondations catastrophiques, comme récemment dans certaines régions du Sud de la France. Ces pluies-là n'ont rien de réjouissant, à l'instar de la canicule, qui n'est plus vraiment du beau temps mais de la chaleur oppressante. C'est une question de mesure, comme en toutes choses. Et dans cette optique, tous les temps ont leur charme. Du moins nous est-il loisible de ne pas les subir et donc de ne pas laisser notre moral et notre humeur en dépendre.Toujours est-il que la pluie prête plutôt à l'humour, à en croire les cartes postales et les chromolithographies que j'ai pu trouver sur ce sujet éminemment humide...

Rami : Un rendez-vous... dantesque

Il n'y a pas plus longtemps qu'hier, je suis allé chez le dentiste. Il me fit deux anesthésies dans la gencive. Quelle horreur !!! Puis il me creusa la dent et me retira le nerf ; il toucha même la gencive. Cela faisait mal, vraiment très mal ! Pour un médecin ... Ah ! J'oubliais : il a raté l'anesthésie. Mon Dieu, quel dentiste ! Et il veut que j'y retourne la semaine prochaine... Ma dent est toute pointue. Il l'a comblée avec une sorte de pansement. Puis il m'a demandé de rincer la bouche. Évidemment, ma gencive était encore endormie et la moitié de l'eau se renversa. Quelle journée ! Même aujourd'hui, j'ai mal à la gencive. Et pour ne rien gâter, la nuit dernière, je n'arrivais pas à dormir. Franchement, je ne voudrais en aucun cas y retourner. Vous imaginez la même chose une nouvelle fois ? Pas moi en tous les cas.

Langage et vertus des pierres précieuses

L'agate est réputée protéger contre les serpents ; l'aigue-marine réalise les espérances ; l'ambre symbolise la beauté charitable et chasse la maladie ; l'aventurine empêche de s'égarer et aide à retrouver son chemin mais favorise également l'insouciance du danger ; le béryl symbolise la bonté et l'obligeance extrême et procure l'affection ; la calcédoine fait triompher de ses adversaires tandis que la chrysolithe incite à la bonté et à la générosité... 

dimanche 12 octobre 2014

Après la pluie le beau temps... Ou est-ce le contraire ?

C'est quand tout va bien que ça va mal... (Marc, je t'emprunte cette phrase que tu répètes souvent.) Cette sentence m'avait paru sibylline quand je l'eus entendue pour la première fois. Comment cela peut-il aller mal quand ça va bien ??? C'est proprement antinomique ! Et pourtant... à y bien réfléchir, pas tant que cela. Rien ne dure, tout change tout le temps, selon la réalité de l'impermanence, un concept qui a déjà été traité sur notre blog. Et c'est la monade du Yin Yang qui exprime le mieux, ce me semble, cette loi universelle.

L'Alphabet de Grasset : les lettres R, S, T, U

Suite de l'Alphabet de Grasset, des illustrations en noir et blanc et grand format dans le style Art Nouveau parues dans le dictionnaire Larousse pour tous de 1910 comme images d'en-tête. Ces quatre lettres mettent en scène l'Histoire, l'Archéologie, la Jurisprudence, la Politique, la Géologie, la Minéralogie, la Botanique et la Zoologie.

samedi 11 octobre 2014

Graeme Allwright : Viendras-tu avec moi, ma Belle ?

                                      Je peux vous offrir un feu d'artifice
                                      De mille soleils éclatés
                                      Et le tremblement de douce angoisse
                                      Je peux vous apprendre à voler.

Malheureux qui comme Ulysse

Malheureux qui comme Ulysse fut condamné
À errer sur les mers au milieu des périls,
Si loin des siens tant aimés, si loin de son île,
Pour voir se consumer ses dernières vertes années.

Je suis revenu de bien des choses vides et vaines ;
Je me suis arraché des étreintes vénales
Sans sacrifier au Veau d'or ni à Moloch-Baal,
Sans succomber tout entier au chant des sirènes.

Plus me plaît ma sereine et tranquille solitude
Que d'une compagnie trouble les incertitudes ;
Plus ma cellule de moine qu'un château de sécheresse.

Quand reverrai-je, hélas, des saisons délaissées
Les jours de lumière aux rayons entrelacés ?
Quand donc retrouverai-je les matins de tendresse ?