Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa troisième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 30 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

jeudi 5 mars 2015

Chorégraphie matinale

Composition de l'auteur

Dessus le pont vient la dansante Aurore,
Plus tôt l’été, l’hiver un peu plus tard ;
Cygnes d’argent de danser montrent l’art,
Requins du même un air farouche arborent.

De cet argent, les trois nefs se colorent
À qui le vent procure un bon départ ;
D’or, le soleil, montant sur les remparts,
Qui toute chose avec grâce décore.

Les nefs s’en vont vers le rivage indien,
Suivant leur course au long du méridien,
Pour ramener des poudres merveilleuses.

Par l’estuaire aujourd’hui passeront ;
Dans quatre jours, plus vives danseront,
Car au grand large est la mer périlleuse.

Cochonfucius

mercredi 4 mars 2015

Une certaine idée de la décadence

Toile de Michael Cheval

Elle demeure dans un endroit huppé qui caresse la prestigieuse forêt de R… et expose parfois des artistes contemporains dans la galerie aménagée de sa résidence castellisée. Aux vernissages, elle convie un parterre très sélect pour la plus grande partie issu du voisinage : bourgeois arrivés ou de souche formant un mélange de suffisance flasque et d’arrogance ampoulée, godelureaux défraîchis, dandys vaseux et blasés et parfois même une sibylle bréhaigne pleine de morgue ou quelque célébrité aussi déplaisante en particulier qu’elle est inconnue du grand public. Tout ce beau monde parle d’art comme une concierge du temps qu’il fait, s’abîme dans cet ennui saumâtre que distillent les coteries informelles où l’on s’oblige mutuellement et acquiert une œuvre comme on achète un paquet de lessive.

Charbonnier est roi chez lui

Portrait du Maréchal Duc de Biron (anonyme)

Tel se flatte de bien connaître celui-ci et d’être au mieux avec celui-là ; tel autre d’avoir des entrées ici et des habitudes là. Certains ne manquent jamais de rappeler que, s’étant faits seuls, ils ne sont redevables de rien à personne, d’aucuns jugeant même superflu de faire valoir ce qui à leur sujet relève du pléonasme, voire de l’évidence. L’on se pique d’évoluer dans un cercle choisi, d’y être prisé et même choyé, quand on ne compose pas sa propre petite cour où l’on exerce son irrésistible ascendance. Mais Narcisse y sera toujours le dupe de Tartuffe.

Le vrai voyage

Toile de Michael Cheval

L'Ami, j'ai tant voyagé de par le vaste monde,   
Poussée par le besoin de changer d'horizons,    
Toujours suivant ma curiosité vagabonde,    
Allant à ma guise, au gré de mes lunaisons.    

J'en suis revenue avec la tête pleines d'images  
 Et d'impressions confuses qui dorment dans le tiroir   
De mes illusions comme dans une voie de garage ;   
Bien plus me plaît de franchir les portes du savoir.    

Jamais je ne me suis sentie autant ailleurs    
Qu'en ta compagnie ; lors, depuis que tu m'honores    
De ta tendre amitié, chaque instant se colore   

De mille et une nuances ; et tes mots émailleurs   
Sertissent dans mon âme baignée par tant de lumière   
Des graines d'étoiles qui tracent des chemins sans frontière.   

ML, Les nuits de Chelsea 

L'arc-en-ciel en héraldique

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/a/arc-en-ciel.htm
En cliquant sur l'image, vous accéderez à la page du site héraldique Au Blason des Armoiries consacrée à la représentation de l'arc-en-ciel sur le blason.

A rainbow

A rainbow is born,
It is the bridge between
Our two hearts.

Its colors are our light,
We sleep under this bridge.






Blason de Rungis (Val-de-Marne, Ile-de-France) : D'azur à la fontaine déversant son eau dans trois bassins l'un sur l'autre, le tout d'argent, accompagnée en chef d'un arc en ciel au naturel.

Le bal de la vie


De toute sa hauteur, son regard plonge dans 
Votre âme. Vous êtes invitée au bal de la 
Vie. Ne regardez plus en arrière. Déjà 
La musique de ses mots vous transportent dans 

Un univers si pur que bientôt vous sentez 
Son sourire épanouir vos lèvres. Votre cœur
Chante et surtout votre esprit danse de bonheur 
Car il voit qu'être au monde est possible. Sans tarder 

Vous vous lancez et vous parcourez: landes, mers, 
Campagnes... au pied du Magnolia en fleurs, l'air, 
Près d'un bois idéal, vous rend vos mille vies 

Si bien que vous prenez le temps de goûter 
La douceur de leur réalité. Désormais 
Et à jamais vous êtes née. Merci l'ami. 

Blason inspiré de celui de Clément Forgerin, conseiller et substitut du procureur du roi, adjoint aux enquêtes en l'élection d'Angoulême, et premier postulant au présidial en ladite élection : d'or à un chêne arraché de sinople accosté en chef de deux étoiles de gueules, et en pointe de deux roses du même, tigées et feuillées de sinople. (Charles d'Hozier, Armorial Général de France - Généralité de Limoges. Dressé par Charles d'Hozier (publié par J. Moreau de Pravieux). Recueil officiel dressé en vertu de l'édit de 1696.

Le blason d'Astrid de V. de la 4e3

Parti d'argent et de gueules à l'aigle bicéphale, une étoile en pointe, les deux de l'un en l'autre, une autre étoile de gueules en chef à dextre.

Le blason d'Alexandre P. de la 4e3

Écartelé d'argent et d'azur, le 1 et le 4 au lion rampant de gueules, le 2 et le 3 à la fleur de lys d'or.

Le blason de Séréna Q. de la 4e1

Écartelé d'azur et de gueules, le 1 et le 4 à l'étoile d'argent, le 2 et le 3 à la couronne d'or.

Le blason de Milena H. de la 4e1

Parti d'azur et de gueules à la licorne cabrée d'argent brochant sur la partition.

Explication de texte


Composition de l'auteur


Un ange, c’est un homme, enfin, un truc qui vole.
Un âne, c’est le nom d’un charmant animal.
Étrange, c’est bizarre, insolite, anormal.
Étrâne, c’est un mot que notre âne bricole.

L’ange n’accepte pas ce mot qu’on improvise.
L’âne excuse le mot qu’il vient de fabriquer,
Mais l’ange n’admet pas qu’on puisse l’expliquer,
Il veut avoir raison, donc il pique une crise.

L’âne y prend l’occasion, subtilement, de voir
L’adjectif étranger dans l’adjectif étrange :
Ainsi prend-il congé de ce prosaïque ange
Et s’envole, invaincu, dans les lueurs du soir. 

Inspiration fugitive

Composition de l'auteur

Le rhapsode, captant la lumière divine
En songe, en a rempli son godet à ras bord ;
Tel un pêcheur tirant, du torrent fier et fort,
Les diamants qui feront sourire les ondines,

Ou le navigateur, sous sa voile latine,
Jusqu’au vaste estuaire accomplissant l’effort
Qui lui fait regagner, chargé de son trésor,
Les jardins familiers de la rive angevine.

Mais que restera-t-il, dans le jour finissant,
De ce soudain plaisir, de l’espoir languissant
Qui, chaque jour, se veut sa propre récompense ?

Rien, ces deux ou trois mots, cet ouvrage léger
Qui traduit, malhabile, un émoi passager ;
La faible vibration d’une plume qui pense.

Cochonfucius

mardi 3 mars 2015

Le voyage alchimique 4 - Rocamadour

Astronomie approximative

Composition de l'auteur  

Par un soir printanier, les astres se dévoilent ; 
Leur parcours entamé depuis la nuit des temps, 
Porteur d’étonnements, et régulier pourtant, 
Semble un curieux dessin sur une sombre toile.  

La lune et le soleil, et des milliards d’étoiles, 
Comme un champs de bataille aux brillants combattants, 
Un échiquier magique aux reflets éclatants, 
Un océan splendide aux lumineuses voiles.  

Rimbaud voulait tisser, avec des chaînes d’or, 
Un grand réseau cosmique allant de port en port ; 
J’ai, plus modestement, chanté cette matière  

Dont se parent les cieux, ce précieux ornement 
Qui, sous nos yeux ravis, défile au firmament : 
C’est la nuit qu’il est beau d’observer la lumière.

Randonnée

Composition de l'auteur

Le chemin longe un mur couleur de cendre
Qui par endroits est d’inscriptions couvert
(Mais, semble-t-il, ce ne sont point des vers).
Des escaliers, pour monter ou descendre.

Quelques jardins se parent de vert tendre ;
Pour la plupart, c’est encore l’hiver,
Et du soleil, maître de l’univers,
Ici la loi ne se fait guère entendre.

Mais, tels qu’ils sont, me conviennent ces lieux
Et les décors que contemplent mes yeux,
Usines, tours, monuments et chapelles,

Arbres des parcs, reflets sur les trottoirs,
Villes que j’ai toujours plaisir à voir,
Car la banlieue, à sa manière, est belle.

lundi 2 mars 2015

Espérance


Chaque nouvelle journée porte en elle son espérance ; 
Une belle rencontre ou un heureux dénouement ; 
La sortie du tunnel ou l'issue d'une errance ; 
Le courage d'une rupture, la joie d'un renouement ; 

Peut-être plus simplement un jour ordinaire ; 
Juste une accalmie dans une vie mouvementée ; 
Se retrouver un peu sur son île solitaire ; 
Souder les morceaux de notre être fragmenté. 

Quelque part, nous rêvons tous d'une vie idéale 
Qui nous sortirait de la condition banale ; 
Pour les uns, c'est satisfaire le moindre désir ; 

Pour les autres, avoir de la reconnaissance ; 
Pour quelques rares, développer la connaissance 
De soi-même ; pour tous, dans le fond, ne plus souffrir.

ML, Les nuits de Chelsea 

Ange rebelle

Toile de Juan Medina  

On dit : - Qui augmente sa science accroît sa souffrance ; 
Je préfère pourtant cette lumière aux ténèbres ; 
Qu'en est-il d'un bonheur fondé sur l'ignorance ? 
Jouissances animales et destinées funèbres !  

Il n'est de réel plaisir que dans la pleine conscience 
Qui agit en soi comme le ferait un levain : 
La volupté monte, atteint toute sa luxuriance ; 
C'est en cette sphère que l'âme frôle les espaces divins.  

L'Ami, je sais que boire à la coupe du savoir 
Ouvre à la sagesse ou mène à la déchéance, 
Que la foi pure peut chuter dans la mécréance.  

Il faut peu à des ailes blanches pour virer au noir ; 
Souvenons-nous du Porteur de Lumière, l'ange rebelle ; 
Comme notre siècle de fer lui fait la part belle ! 

ML, Les nuits de Chelsea

Mon bonheur...


Je n'y arrive plus, j'ai beau essayer mais, non, c'est fini, je dépose les armes, je ne veux plus me battre, je n'en ai plus la force. Je ne veux plus me battre dans un monde où elle n'est plus présente. C'était ma drogue, j'étais devenue dépendante d'elle, il me la fallait et j'ai eu la chance de l'avoir. Elle était ma meilleure amie, ma vie, mon bonheur, mon ange, elle était celle qui m'avait remise sur le droit chemin, le seule qui réussissait à me faire sourire quand ça n'allait pas, celle qui voyait la souffrance derrière mon sourire. Elle était mienne. J'étais la fille la plus heureuse du monde. Je connaissais enfin le bonheur... J'ai été naïve, bête. On m'avait prévenue que le bonheur partait aussi vite qu'il arrivait mais je ne voulais pas y croire, je me suis trompée. Il est réellement parti, mon bonheur est parti... il est parti beaucoup trop tôt mais je lui ai promis que l'on se retrouverait bientôt...

Pour éviter le chausse-trappe final 2




Certes, la démocratie est aussi le système le plus participatif et donc le plus imprévisible mais dont les effets pervers sont largement neutralisés par le contrôle monopolistique des grands outils de l'information et donc le pouvoir de manipuler les individus et les masses. Sylvain Timsit dresse l'éventail de cette manipulation en dix stratégies, un texte qui par ailleurs circule très largement sur la Toile (9) :






Armorique ancestrale

Composition de l'auteur

Les paysans bretons fredonnent un cantique
En contemplant le ciel rougeâtre du Ponant.
Les rochers autour d’eux, un décor étonnant,
La mer dans les lointains, telle une mer antique.

Non loin de leur taverne, on trouve un cimetière
Dont les murs sont de roche, et non pas de béton :
Les noms que l’on y voit sont presque tous bretons,
La mousse vénérable a recouvert les pierres.

Prévert leur offre un ours et un charmant poème !
Pour le coup, c’est la fête, et le vin coule à flots.
Chantons une chanson, mes braves matelots,
Une chanson celtique, ainsi que je les aime.

Le nouveau blason de Ianis D.

Tiercé en bande de France, le 2 au logo du Paris-Saint-Germain.

Orla Fallon - Cad e sin don te sin

video

Animaux des champs

       Deux corbeaux dans l’air dessinent
       Un labyrinthe épatant
       Pour amuser un instant
       La grenouille, leur voisine.

       Au ciel, trois lunes d’hermine
       D’une seule voix chantant,
       Dont ma charrue s’illumine :
       Il va faire du beau temps.

       J’ai chanté cette comptine
       Pour amuser les passants,
       Car la journée se termine ;
                                                           Les soleils vont déclinant.


Les ânes rient


Deux ânes, détachés de leurs lourdes charrettes,
Sous l’arbre verdoyant prennent un bref repos ;
Le plus vaillant des deux, encore assez dispos,
Disait : Ça fait du bien, vois-tu, quand ça s’arrête.

Je les vois, bavardant, grignotant de la mousse,
Se racontant aussi des blagues d’autrefois,
Ou même se moquant, ânes de peu de foi,
Du curé du village à la rouge frimousse.

J’aimerais être un âne aux charmantes oreilles,
Arpentant les jardins comme un lièvre géant,
Ne disant rien, jamais, sur l’être et le néant,
Mais bien sur le persil, et sur la tendre oseille.

D'or à un griffon de gueules

Composition de l'auteur

L’air est d’or. Le griffon de gueules se promène
En proposant son cœur aux ondines des puits.
Celle qui en voudrait, fût-ce pour une nuit,
Serait sur cette terre une vraie souveraine.

Or, son offre n’attire ondine ni sirène ;
L’une, même, se moque en l’appelant « Trop cuit »,
Une autre a beaucoup ri, une troisième a fui.
Le griffon va, portant son grand cœur, et sa peine.

Ce n’est pas aujourd’hui que, pleine de tendresse,
Une amante viendra l’instruire de caresses ;
Dans son corps, il devra réinstaller son cœur.

L’ornithorynque rose a rejoint son compère
Et dit « J’ai le remède à cela, je l’espère :
Ce sont quelques flacons d’une douce liqueur. »

dimanche 1 mars 2015

Eau de jouvence

 
Charles Daniel Ward (British,1872-1935), The Progress of Spring, 1905

Je crois bien que la poésie me pénètre
Tout entière, tant elle investit la moindre plage
De temps libre, quand je n'ai pas à paraître
Dans ce plat monde dont j'ai déjà tourné la page.

Je laisse derrière moi les puériles ambitions
Qui ont consumé mes années impétueuses ;
De ces rêves illusoires j'ai payé l'addition ;
Je n'ai pas même le regret des heures fastueuses.

Mon âme se réjouit de fêtes bien plus somptueuses ;
Elles se donnent en des jardins où les nymphes des bois
Et les fées des fleurs mènent la vie voluptueuse

Des êtres libérés des triviales contingences ;
C'est à cette source-là que désormais je bois ;
J'y ai trouvé la plus pure des eaux de jouvence.

ML, Les nuits de Chelsea

L'ombre passe

 Toile de Walter Crane - The Roll of Fate 

Faire bien toute chose le plus sérieusement du monde, 
Sans pour autant se prendre soi-même au sérieux ; 
La vanité guette, les occasions abondent ; 
Y a-t-il quelque chose de nouveau sous les cieux ? 

L'homme, qui pourrait avoir six mille ans d'expérience 
Qui lui eussent permis d'élever les sphères du destin, 
Retombe à chaque génération en prime enfance ; 
Toute mode se retrouve dépassée un beau matin. 

On change l'étiquette, le contenu reste le même ; 
On ne récolte jamais que ce que l'on sème ; 
On satisfait mille désirs, le vide reste béant ; 

Combien de vies qui ne furent vécues qu'en lisière ? 
L'ombre passe ; bientôt le vent disperse la poussière ; 
L'eau coule sous les ponts, s'en retourne à l'océan ; 

ML, Les nuits de Chelsea

Wind



Alone in the park 
I talk with the wind about 
My olive trees.  

It gives me some news of them 
It brings them the flute song. 

 
Esther Ling

Mon île

Toile de Michael Cheval   

Je suis encore au fond de la nuit à écrire   
Des lignes que demain, sans doute, j'effacerai ;   
Parfois aussi, il m'arrive de vouloir transcrire   
En langue diurne certains mots que je garderai   

Pour les fondre dans d'autres sonnets en attente ;   
Tout s’emmêle car le jour estompe le ressenti   
D'une longue veille où l'âme, tout entière à la détente,   
Touche ces choses qu'elle a si justement pressenties ;   

Les matins, bien souvent, sont d'hostile densité ;   
La vie sociale et mondaine arase les espaces   
Vallonnés des terres intérieures et même efface   

Le contour des rêves qui sont venus me visiter.   
Le soir, j'ai tant hâte d'aller retrouver mon île
 Qui vogue tel un vaisseau au-dessus de la ville.   

ML, Les nuits de Chelsea

Fumer pour vivre... puis vivre


                        "Vous fumez pour le plaisir, moi je fume pour mourir..."
                        - Qui es-tu Alaska, John Green 
                        Elle allumait sa première cigarette, 
                        Jugée par le regard des autres. 
                        Peu confiante et tremblante, 
                        Elle glissa l'objet, mortel 
                        Mais pourtant si convoité, entre ses doigts fins, 
                        Vernis d'une belle couleur bordeaux 
                        Elle ferma les yeux et inspira. 

Lunes

Composition de l'auteur

Les lunes du passé dormant dans les ténèbres,
Ayant ainsi perdu l’étreinte du soleil,
Ne refléteront plus son éclat nonpareil ;
Bien froid est leur silence, au fond des cieux funèbres.

Lunes de l’avenir, qui pourrait vous décrire ?
Vous avez pour couleur l’invisibilité,
Nul ne vous voit planer par-dessus nos cités,
Lunes de l’avenir, nous n’en pouvons rien dire. 

La lune du présent suffit à mon bonheur.
Sa discrétion du jour et sa splendeur nocturne,
Son lever, son coucher, sa danse avec Saturne
Me font aimer beaucoup cet astre promeneur.

Quelques roses

 Toile de John William Waterhouse

Tandis qu'après une longue journée tu te reposes 
Et laisses ton corps retrouver sa légèreté, 
Je sors en ville nous prendre quelques roses ; 
Des rouges pour l'ardeur, des blanches pour la pureté 

Et puis celles que tu appelles joliment marquises, 
De couleur rose pastel, que tu aimes à poser 
Sur la table ronde où tu es toujours assise, 
Quand la muse Érato te pousse à composer. 

J'aime te voir ainsi écrire, des soirées entières ; 
Souvent tu sembles regarder dans le lointain ; 
Mon cœur alors sait que ton âme aventurière 

Voyage parmi les étoiles et tutoie les anges ; 
Et cette lumière en toi qui jamais ne s'éteint 
Ravive la mienne que ma secrète langueur effrange.

samedi 28 février 2015

Enigma - Callas Went Away

En certains bars, sur le tard

Toile de Juan Perez

L'Amie, pardonne ma langue cavalière, 

(Tu sais que je n'ai pas l'âme grossière) 
Mais elle sied pour conter la vie triviale 
De ceux que mène la chose hormonale, 
Se donnant des airs de ne pas en avoir l'air 
Mais toujours en chasse et se croyant du flair. 

En certains bars, sur le tard, 
Où bien souvent traîne la tare, 
Il arrive qu'une femme se fasse aborder 
Par un nounours en basse bordée. 
Ce soir-là, bien qu'ayant bombé le torse, 
Il était tombé sur un os. 

Sagesse de Marc-Aurèle


Toile de Wojtek Siudmak, L'instant immobile 

L'Ami, l'on ne peut offrir le moindre instant
Car nul ne saurait donner ce qu'il ne possède
Pas lui-même ; il en est ainsi de notre temps :
Il n'est rien qu'il n'emporte, personne qui ne lui cède.

Marc Aurèle, l'empereur philosophe, comme tu sais,
A longuement médité sur l'impermanence ;
Hier soir encore, de ses Pensées, je relisais
Certains passages qui ont toujours ma préférence ; 

Le présent, puisque c'est la seule chose qu'on possède,
Est bien la seule dont on ne peut être privé ; 
Ce sont là sages paroles qu'un sens profond précède.

Lors, ce que l'on peut offrir, c'est sa pleine présence ;
C'est ce que mon esprit s'applique à cultiver ;
Car l'instant lui-même nous mande à cette inhérence.

ML, Les nuits de Chelsea

Basilique de Piaf-Tonnerre

Composition de l'auteur

Sur un nuage blanc, plus haut que toute cime,
Est un clair sanctuaire, au modeste extérieur :
On n’y voit point d’abbé, ni même de prieur,
Mais parfois un farceur qui joue avec des rimes.

Le maître du nuage, ange sérénissime,
A loué Piaf-Tonnerre, excellent ingénieur,
De sa construction faite aux niveaux supérieurs :
Car un tel édifice est, c’est vrai, rarissime.

Le visitent surtout les animaux volants,
Rattrapant le nuage au parcours indolent ;
On leur sert un godet d’une liqueur sublime.

Tantôt les vents du sud et tantôt ceux du nord
Poussent l’installation dans le jour qui s’endort,
En survolant parfois les confins maritimes.
 

vendredi 27 février 2015

Quand Vénus côtoie la Lune

Toile de James Sant (1820-1916), The moonlit beauty  

Certaines nuits d'étoiles, quand Vénus côtoie la Lune,  
Je demeure longtemps assise à les contempler,  
Leur parlant en moi-même et demandant à l'une :  
- Déesse de l'Amour, dis-moi, saurais-tu combler  

Mon cœur qu'une langueur secrète plonge dans la tristesse ?  
Mais ne suis-je pas bien ingrate d'ainsi ressentir,  
Quand mes bons amis m'entourent de toute la tendresse  
Du monde, eux toujours prompts à tout me consentir ?  

À l'autre : - Ô déesse des troubles émotions,  
Tu éclaires mes arcanes qui alors m'apparaissent  
Comme un dédale de couloirs au fond desquels naissent  

Les sentiments obscurs qui nourrissent mes passions ;  
Je les veux regarder en face, quoi qu'il m'en coûte,  
Et aimer en toute conscience, sans le moindre doute.  
ML, Les nuits de Chelsea