Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa troisième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 30 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

mercredi 1 avril 2015

Cette ombre, que je pensais ne jamais revoir

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L'Ami, ce soir je suis bien triste, sans trop savoir   
Pourquoi ; mon cœur me dit que quelque chose se passe...   
Cette ombre, que je pensais ne jamais revoir...   
Rien n'a de goût, mon thé refroidit dans sa tasse...   

Ne me viennent que ces mots, qui me semblent bien vains ;   
Ne me tiennent que mes maux ; je suis bien malheureuse !   
Pourquoi l'écrire ? Que ne puis-je retenir ma main   
Qui tremble et les larmes de mon âme miséreuse ?   

Hier encore, je chantais le printemps, l'aube du monde ;   
Le jour d'après, les sombres nuages abondent...   
La nuit épaisse m'enveloppe et il se fait bien tard ;   

L'on me taquine et me traite souvent de duchesse ;   
Mais moi je sais bien que je ne suis qu'une pauvresse,   
Égarée dans ce monde, au milieu de nulle part...   

ML, Les nuits de Chelsea

mardi 31 mars 2015

Mais les mots ne suffisent pas

Toile de Bente Schlick

Je dis 
Qu'il faut affiler son esprit, 
Non pas pour se la ramener, 
La dignité en serait le prix, 
Mais pour n'être pas mené. 

Je dis 
Qu'il faut n'avoir pas la langue de bois, 
Ce serait sinon plaire aux imbéciles 
Par qui la liberté est aux abois 
Et dont l'âme sèche boit les mots stériles. 

Je dis
Qu'il faut recracher toutes les chaînes,
Couper les fils des marionnettistes
Qui par eux nous font danser sans peine
La danse des pantins apathéistes. 

Je le dis pour moi essentiellement ; 
Le matin, en sortant dans le monde ; 
La résistance se fait verbalement ; 
Entre-eux, les mots se fécondent.

Mais les mots ne suffisent pas...

Trolls bouddhistes


C’est le bouddha de sable, un être de lumière,
Qui tourne obstinément sa face vers le mur ;
Mais le bouddha de pourpre et le bouddha d’azur
Échangent avec lui des vérités premières.

De gueules, ce bouddha dit la loi coutumière :
Garder la tête froide et garder le cœur pur,
C’est un enseignement qui n’est jamais bien dur ;
Il convient au palais ainsi qu’à la chaumière.

Le bouddha d’or a dit : Cultivez la sagesse ;
Le bouddha d’argent dit : N’ayez pas de richesses,
Ayez juste un bâton, ayez tout juste un bol.

Et puis, je vois sourire, on ne peut plus folâtre,
Le vrai triomphateur de ce monde grisâtre :
Le bouddha de sinople. Il boit avec les trolls.

Cochonfucius



Archerie

Composition de l'auteur

La sirène-amazone a dressé quatre cibles ;
Ce sont quatre guerriers autrefois invincibles
Que sa cruelle main s’amuse à transpercer,
Eux qu’elle avait d’amour et de chansons bercés.

Les guerriers, sous les coups, sont devenus des chantres ;
Leur voix éveille au loin les grottes et les antres,
Ils pourraient émouvoir les monstres dans les cieux,
La sirène, pourtant, chante encore un peu mieux.

De cette relation, qui saura les arcanes ?
La sirène sourit, amazone et sultane,
Mais avec son sourire est aussi un soupir :
Ah, dit-elle, quand donc un plus grand champ de tir ?

Cochonfucius

Aube du monde


L'Ami, voici que se referme la porte de mars  
Et que se rouvre celle des amours qui bourgeonnent :  
Le gai mois d'avril, avec son temps un peu farce ;  
Quand, dans le square, le pigeon courtise la pigeonne  

Et que le merle, sans jamais se répéter,  
Invite au nuptial câlin sa discrète femelle ;  
Le printemps a comme des senteurs d'éternité ;  
C'est un miracle de couleurs ; la vie est belle !  

Quand il fait beau, il me plait de me promener  
Dans Holland Park, de rire du paon qui fanfaronne  
Ou de surprendre l'écureuil, puis de flâner  

Le long des allées, admirer la fleur timide  
Ouvrant sa corolle à tout ce qui papillonne.  
Aube du monde, ô sourire tendre et translucide ! 

ML, Les nuits de Chelsea

lundi 30 mars 2015

Sheol

Painting by Tomasz Alen Kopera

The gates of Sheol
Are our destination
The harbor of rest.

We will slowly fade away
Vanish into nothingness.

Esther Ling

Bullico ergo sum ou fétu de paille & bulle de savon

Toile de Michael Cheval

Jamais en défaut de vogue, elle était l’engouement faite personne, pourvu que ce fût tendance, pourvu qu’on en parlât. Elle eût été capable de se mettre à fumer pour bien marquer la journée sans tabac ou d’abuser de la voiture, la veille de la journée sans, pour mieux ne pas s’en servir le lendemain. La journée de la musique, elle s’éparpillait aux quatre coins de la capitale et s’étourdissait de décibels martelés ; au Paris-Plage, elle campait sur sa serviette de bain avec des airs de contempler le grand large ; à la Nuit Blanche de Paris, elle ne se couchait qu’à l’aube pointée. Il lui eût fallu plus de journées encore : une de la peinture à l'eau, une autre de la cuisine des voisins, une pour ceci, une autre contre cela. Elle eût même admis une journée de la journée sans journée ! Enfin, elle courait toutes les expositions courues, traversait tous les salons qui faisaient date, participait à toutes les philanthropies médiatisées, lisait tous les prix littéraires, regardait les films qui défonçaient le box office, ne manquait aucune émission applaudimétrique, n’était jamais en retard d’une mode vestimentaire, jamais à côté de ce qu’il fallait penser, sentir et dire. Toujours en phase avec son temps, toujours à chevaucher le vent. Fétu de paille & bulle de savon ou bullico ergo sum. (Je bouge donc je suis.)

Citation de Max Jacob (1876-1944)

"Le poète cache sous l'expression de la joie 
le désespoir de n'en avoir pas trouvé la réalité."



Max Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper, mort le 5 mars 1944, alors qu'il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis).

BEALU François, portrait de Max Jacob

Nef de mars

Composition de l'auteur

Comment marche la nef qui n’a point de mâture ?
En se laissant porter par les courants sereins,
Elle glisse au hasard sous les astres d’airain ;
Son équipage est fait de trois trolls immatures

Ne sachant point parler (sauf en alexandrins).
Ils sont partis, lassés des herbeuses pâtures ;
Tant pis si l’Océan devient leur sépulture,
Autant vaut cette eau-là que les bords méandrins.

Ils voient, de loin, danser la licorne des dunes
Sous la blanche lumière émanant de la lune ;
Au rivage ne va leur improbable nef.

Si leur navigation, quelque peu hasardeuse,
Ramène à son départ leur coque baladeuse,
Vers le plus lointain cap ils iront, derechef. 

Forever


Love and desire,
You tell that you will love me
Ever and ever.

But it is such a long time…
A kiss is eternity.

Esther Ling 
 
 
 
Painting by Marie Spartali Stillman (1844-1927)

dimanche 29 mars 2015

Et mon cœur qui aime

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Toile de James Sant (1820-1916)  
Musique du Mahavishnu Orchestra, de l'album Apocalypse 

L'Ami, tu dis que si un seul grain de sable  
N'a pas de sens, c'est tout l'univers qui menace  
De n'en avoir aucun ; il n'est si belle fable  
Qui ne contiennent une vérité, du moins la trace  

D'une connaissance oubliée, mais qui continue,  
Ce depuis la nuit des temps, à être transmise  
Par les mythes anciens qui nous sont parvenus  
Et dont les enseignements sont toujours de mise.  

Il me plait de partager cette quête avec toi ;  
Certains jours, j'ai l'impression de toucher du doigt  
Le point de basculement ; il est si infime  

Qu'il échappe à la raison raisonnante ; Pourtant,  
Je sais en mon âme que je le frôle chaque instant ;  
Et mon cœur qui aime en est la plus parfaite rime.  

ML, Les nuits de Chelsea

Scripta manent, verba volant


L'Amie, il restera de nous quelques écrits  
Qui diront les hommes et les femmes qu'alors nous fûmes  
Et qui s'entendront, derrière le temps, comme des cris...  
Les mots voyagent bien plus loin qu'on le présume.  
 
Ce n'est pas tant celui qui écrit qui importe  
(A dire vrai, il ne fait que passer le relais)  
Que ce que sa propre vision du monde apporte ;  
Tout grand fleuve commence d'abord par un ruisselet ;   
 
Les paroles passent, les écrits restent, dit le dicton ;  
Même si notre époque pose des dalles de béton  
Sur l'âme des choses, celle-ci ira vers la lumière  
 
Toujours ; c'est dans sa nature et sa destinée ;  
La filiation avec les étoiles est innée ;  
L'être humain reste le même, aujourd'hui comme hier.
 
En réponse au sonnet de Marie-Louise Que restera-t-il de nous un jour ?  
du 27/03/2015

Sagesse d'un aubergiste

Composition de l'auteur

– S’il vient un cavalier, j’apporterai un seau
D’eau fraîche que j’aurai tirée de la rivière
Pour sa fière monture ayant, de la poussière
Des arides chemins, subi les durs assauts.

– Aubergiste, attention, des fous remplacent l’eau
Du seau par des boissons plus fortes que la bière,
Donnant à leur cheval de curieuses manières
Et d’étranges façons d’avancer au galop.

– S’il passait par ici ce genre de client,
J’aurais soin, ce jour-là, de me montrer liant ;
J’aurais bien du plaisir à lui offrir un verre.

– C’est gentil de ta part de vouloir l’inviter,
Mais il te répondra qu’il ne peut accepter :
Sobriété en route est sa règle sévère.

Cochonfucius

Navigation dominicale

Composition de l'auteur

J’ai rêvé que j’errais, seul dans un grand bateau
Qui lui-même réglait ses innombrables voiles ;
Il savait naviguer par-dessus les étoiles
Et se passait fort bien d’avoir des matelots.

Après un bien long temps passé à voyager,
Le navire descend vers un astre tranquille
Dont le frais océan est tout parsemé d’îles
Où sont mis à l’honneur les plaisirs passagers.

Car le dimanche est fait pour ces amusements,
Pour échanger des mots qui semblent des caresses,
Pour passer un moment au Pays de Tendresse :
Merci à toi, Robert, pour cet enseignement.

Cochonfucius

Métro, boulot, décibels

Toile de Michael Cheval

Éreintés, fourbus, vidés, l’âme loqueteuse à l’issue d’une journée de travail alimentaire qui à Paris, plus qu’ailleurs, compte double, les passagers du wagon se laissèrent aller au soulagement salutaire qui succède aux tensions et aux contractions. Certains reprenaient leur livre à la page marquée du matin ; quelques uns égrainaient les touches de leur portable tel un chapelet et d’autres s’abandonnaient à une douce somnolence, bercés par les cahots du métro qui avalait sa ration de rails et de stations. Quand soudain, une trompette au son discordant et éraillé, à vous râper les nerfs, se mit à massacrer un air immémorial, accablant les uns et crispant les autres. Il n’y eut de réel concert que la résignation de tous et la commune hâte de retrouver le logis.

Appellor ergo sum

Toile de Michael Cheval 

Elle avait l’art de sortir son portable comme on dégaine un pistolet et de le brandir tel un fétiche que son imagination plaçait au centre d’un monde dont elle n’avait, du reste, qu’une vision cathodique et une expérience très locale. Le geste ostentatoire se refermait sur un allô flasque déclamé de façon à ne laisser aucun doute sur la nature de la sollicitation dont elle faisait l’objet. De fait, tous les passagers du bus eurent droit à l’étalage de ses plates pensées bullées d’illusions vertes. Et sitôt le monologue coupé, d’autres appels le relançaient et l’enfonçaient dans l'insignifiance partagée. Appellor ergo sum. (Je suis appelée donc je suis.)

Le quartier

Il y a l’épicerie et sa galerie de cageots remplis de fruits calibrés et sans le moindre défaut*, le bar-tabac du coin et son buraliste qu’on se fait parfois l’effet d’importuner, la boulangerie et sa belle boulangère au sourire croustillant (et peut-être même croustilleur), l’inévitable agence immobilière où le mètre carré s’affiche à prix d’or, le restaurant exotique tarabiscoté, avoisinant la restauration rapide où l’on peut se barbouiller le ventre pour pas cher ; enfin, la classique ribambelle de petites boutiques ouvertes à tous les budgets, à tous les besoins, à tous les goûts et même aux coups de cœur. Tout cela confère au quartier une quasi autarcie pour qui veut s’y cantonner. L’on y peut vivre ainsi qu’au fond d’une ville de province, la mentalité en sus. L’on y prise le ragot autant qu’on y distille la rumeur. De fait, il est courant qu’on s’y fasse une montagne de rien et s’y montre à l’affût de tout, sous couvert d’anonymat. Mais personne n’est vraiment dupe de ce jeu de clocher. Quand tout le monde est déguisé, plus personne n’est masqué.

* une pomme est traitée en moyenne avec 35 pesticides différents (voir le site ConsoGlobe)
Toile d'Eugène Caillebotte (1848-1894) Balcon sur rue (Paris)

Intoxicated

Art by Alphonse Mucha (1860-1939)

You say you love me,
Your words are sparkling like a
Glass of Champagne.

You intoxicate my heart
With your sweetness and your love.

Esther Ling

Dérive narcissico-égotique

 Toile de Mahmood Al Khaja

L'Ami, je ne te l'apprends pas : les gens sont fous ; 
Mais comme c'est la norme, ils ne s'en rendent pas même compte ! 
La plupart sont si pénétrés d'eux-mêmes surtout, 
Qu'ils se prennent très au sérieux et se la racontent ; 

Une telle semble parler toute seule sur le trottoir, 
Étalant sa plate conversation à la ronde ; 
Telle autre, sapée comme un mannequin de foire, 
Parade dans la rue avec des airs de grand monde. 

Comme tu le dis, nous vivons une époque épique ; 
De paraître quelque chose, tout le monde se pique ; 
Mais personne n'est vraiment dupe de cette comédie ; 

Cela inquiète de plus en plus car elle perdure 
Et même s'aggrave, vu qu'elle prend maintenant l'allure 
D'une folle dérive qui finira en tragédie. 

ML, Les nuits de Chelsea

samedi 28 mars 2015

Sagesse aquatique

 Composition de l'auteur

Je suis le vieil ondin de la source qui chante ;
Aux jours se succédant, mon cœur fait bon accueil,
Que ce soit un beau ciel dont la clarté m’enchante,
Ou des temps nuageux semblant porter un deuil.

Les ondines d’ici ne sont guère méchantes ;
On les voit, deux à deux, papotant sur leur seuil,
Parfois se racontant des histoires touchantes,
Bien souvent un reflet de malice dans l’œil.

D’être un esprit des eaux, c’est douce destinée ;
Baigner dans la fraîcheur, au long de la journée,
Entendre les propos silencieux des poissons,

Admirer la lumière où, d’un bleu brillant, vole
Maître martin-pêcheur, acrobate frivole…
C’est à lui que je dois l’air de cette chanson.

Cochonfucius

Résidence inframondaine

Composition de l'auteur

Le démon de sinople a pris pour locataires
Dans son antre secret, deux joyeux vagabonds ;
C’est un appartement qu’ils trouvent bel et bon,
Loin du tumulte urbain, dans le creux de la terre.

Ici, nul vent ne souffle et nulle pluie ne tombe :
On y passe le temps en lisant des sonnets,
Tantôt des inédits, tantôt ceux qu’on connaît ;
Caveau préfigurant la fraîcheur de la tombe.

Cochonfucius

Magma - Epok IV - Otis

L'Alphabet de Grasset : les lettres V, W, X, Y et Z


Suite et fin de l'Alphabet de Grasset, des illustrations en noir et blanc et grand format dans le style Art Nouveau parues dans le dictionnaire Larousse pour tous de 1910 comme images d'en-tête. Ces quatre lettres mettent en scène la Médecine, la Chirurgie, la Physique, la Chimie, la Mécanique, l'Astronomie, la Navigation, le Commerce, la Télégraphie et la Téléphonie...


Traité des songes et des visions nocturnes...

... avec leurs significations, selon la doctrine des Anciens, 
expliquées par ordre alphabétique.

Dans le sac du colporteur de jadis, outre la panoplie habituelle composée, souvent, des choses les plus improbables et autres élixirs de longue vie, on trouvait l'almanach qui renseignait sur les lunaisons et les travaux des champs, agrémenté de proverbes qui suivaient sagement la succession des saints sur le calendrier et parfois complété par des traités pour éclairer sur les sujets les plus divers et les plus utiles, dont Le Traité des songes et des visions nocturnes

Laissez-moi...

... vous apprendre le monde, monsieur.

Rising sun



The dawn is coming,
All is quiet in the garden.
The wind softly sings.

The orchids dance the new day.
The flute greets the rising sun.

Esther Ling

vendredi 27 mars 2015

Que restera-t-il de nous un jour ?


Que restera-t-il de nous un jour ? Peu importe !  
N'est-ce pas la peur viscérale de disparaître  
Qui nous fait tant redouter de franchir cette porte  
Qui nous dévoilera le mystère de notre être,  
 
Nous illuminant comme une clarté d'évidence ?  
C'est ce en quoi nous plaçons tout notre espoir  
Les uns, en s'en remettant à la providence,  
Suivant les sages préceptes, afin de ne pas choir ;  
 
Les autres, en essayant de donner du sens,  
Sinon de la signification à leurs actes ;  
Quelques uns vont jusqu'à signer une sorte de pacte  
 
Avec des forces cryptiques qui contre telle alliance  
Leur miroitent une place en ce monde et dans l'Olympe ;  
Chacun tient pour bonne l'échelle sur laquelle il grimpe. 
 
ML, Les nuits de Chelsea

Deux univers

Composition de l'auteur

En pleine nuit, le loup d’argent compose
Un chant sonore aux couplets animés ;
Une sirène, en l’entendant rimer,
Attend qu’en prince il se métamorphose.

Chanter voudrait le lapin, mais il n’ose :
Il craint, du loup, le gosier affamé.
Il veut quitter ce sable mal famé
Pour l’argent pur, où le canard se pose.

Hurle, grand loup, de toute ton haleine :
Tu prendras bien ainsi une baleine
Si jusqu’ici elle vient en nageant.

Deux univers, sans porte qui débouche
De l’un vers l’autre, on ne sait s’ils se touchent,
Argent sur sable et sable sur argent.

Cochonfucius

Bouffon du temps révolu

Composition de l'auteur

Le vieux farceur à la face lunaire
Est invité dans le château d’azur ;
On a fixé des tentures aux murs
Pour accueillir ce seigneur débonnaire.

Au ciel d’argent montent les cerfs de gueules,
Dans le cellier mûrit le vin nouveau ;
Faites rôtir à la broche les veaux,
Vous donnerez aux valets ce qu’ils veulent.

Rieurs, mangeurs, à la lueur des flammes,
Autour du pitre assemblés pour un soir :
Ne dites point que l’homme est sans espoir,
Quelques bons mots font la joie de son âme.

Cochonfucius

Démarquage

Toile de Michael Cheval 

J'ai cessé de me plaindre du temps rude  
Et de rêver de latitudes ensoleillées ;  
Je ne fais pas plus ma délicate que ma prude  
Et me moque d'avoir des idées dépareillées ;  

Les îles cocotières ne m'attirent pas davantage  
Et les laisse bien volontiers à tous les coureurs  
De paradis de pacotille et de parquage ;  
Foin de ce tourisme de masse dévorateur  

De la planète ravalée au rang de center !  
Foin des marchands d'illusions et de rêves incubes !  
Tout cela me fait l'air d'un immense parc à cubes  

Pour des sédentaires blasés qui errent sur cette terre,  
Sans donner d'autre sens à leur brève existence  
Que la poursuite d'une insatiable appétence. 
 
ML, Les nuits de Chelsea 

jeudi 26 mars 2015

Le rat, un conte de Louis Delattre (1870-1938)

La servante ayant, l’autre jour, tendu la souricière pour un rat qui l’empêchait de dormir, écoutait s’il mordait à la couenne de l’appât. Elle entendit tout à coup le piège se détendre, et y courut joyeusement, en deux temps, trois mouvements.

Charms

Painting by Tomasz Alen Kopera

The world of confusion
Takes us far from our roots,
It destroys the soul.

Seduction, temptation, dream
Of afterlife are its charms.

Esther Ling

Le blason de Paul D. de la 4e1


De sable à l'épée haute d'or accostée de deux écus d'azur bordés d'argent chargés d'une clef posée en pal d'or et d'argent aussi.

Temple vide

Composition de l'auteur

Voici un temple orné de cent statues d’ivoire,
Et chacune possède un pouvoir qui guérit
Soit un trouble du corps, soit un mal de l’esprit ;
Celui qui les sculpta mériterait la gloire,

Ou qu’au moins on louât ces cent belles victoires,
Mais le roi l’exila, son destin fut flétri,
Son nom fut effacé des documents écrits,
Sans qu’on sache pourquoi lui advint ce déboire.

Voici sa pauvre tombe auprès d’un peuplier,
Sans la moindre inscription. Son nom est oublié,
Nul rhapsode n’ira l’illustrer de sa lyre.

Fêtes et jours normaux, le temple reste ouvert,
Mentionné seulement dans ces quatorze vers
Qui trouvent rarement un regard pour les lire.

Cochonfucius