Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa troisième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique et à la mémoire de l'École Lacordaire, dans le 15e arrondissement de Paris. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 20 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

"The whole of heraldry and of chivalry is in courtesy." – Ralph Waldo Emerson

lundi 1 septembre 2014

Paris, un regard au-dessus

L'appareil photo a beau être muni d'un objectif, il n'en est pas objectif pour autant. Il n'est que le prolongement du regard que le photographe porte sur les choses. Et ce regard est toujours sélectif. Une photo n'est jamais qu'un point de vue à un moment donné, selon une intention précise ou un état d'âme particulier. Ce jour-là, je m'étais simplement donné pour critère « Paris, un regard au-dessus », sans thème particulier. Je repensais alors au poème de Guillevic « Regarder » et j'étais comme lui, ne sachant pas ce mon regard allait choisir dans cette masse de choses, ce qu'il allait retenir. Je l'ai donc laissé faire...

La rentrée

La rentrée ! Phénomène social, historique, elle a, de tout temps, été diversement appréciée. Si atroce que soit l'événement, nous nous devons d'en parler, au nom de l'actualité, par l'entremise de Guy Hempay (pour les textes) et de Roger Bussemey (pour le dessin) qui, pour ce faire, se sont placés sur l'Olympe sereine de l'objectivité, nous livrant les réactions variées, parfois opposées, que la rentrée a pu, et peut encore, provoquer chez les individus qui sont directement intéressés par elle...

dimanche 31 août 2014

Lettrines et entrelacs : l'alphabet celtique

Les entrelacs sont des ornements évoquant des cordes sans extrémités et enchevêtrées, en général symétriques ou se répétant le long d'une frise, avec des croisements visibles qui permettent de suivre chaque corde le long de son tracé. Dans la théorie des nœuds, la notion d'entrelacs généralise celle de nœud : c'est un plongement topologique de plusieurs cercles disjoints dans l'espace, à déformation près. Une lettrine est une lettre initiale majuscule décorée placée en tête d'un texte et occupant une hauteur supérieure à la ligne courante. Les autres lettres du premier mot sont généralement en petites capitales. 

Les Poteries de la Reine

 En écho au billet de Marie-Louise A Cup of Tea (19 mars 2014), voici une petite histoire... Un jour, Josuah Wegdwood fut reçu à la Cour d'Angleterre. Cela se passa sous le règne de George III. La reine Charlotte lui accorda sa protection et fit de ses ateliers une manufacture royale : « Les Poteries de la Reine ». Rien pourtant n'avait préparé Josuah, le fils du potier de la petite bourgade de Burslem, à une si grande faveur. Né dans une famille pauvre, il semblait promis à un destin tout à fait ordinaire. Pourtant très jeune, malgré une santé précaire, Josuah se promit de faire de grandes choses et d'échapper à la misère. Il avait le goût du dessin et beaucoup d'imagination. Très tôt, il se mit au travail. Son père lui apprit le maniement du tour et, avec ses douze frères et sœurs, Josuah fit ses débuts dans la poterie familiale. Son courage, sa ténacité, la foi qu'il mettait en son art, allaient bien vite l'arracher à la petite fabrique paternelle et le conduire à la gloire...

Tyrosémiophilie ornithologique

Tyrosémiophilie ornithologique... Les mots savants ont un côté à la fois pompeux et drôle. Pour le non initié, il est quasi impossible de lier le premier mot à l'activité de collectionner les étiquettes de fromage et le deuxième à l'étude des oiseaux. Il y a encore mieux : les microtyrosémiophiles ou microtyrosémiophilistes collectionnent les étiquettes des petits emballages de fromage, telles que celles du fromage en portion. C'est là que l'étymologie s'en vient à la rescousse : scientifiquement parlé, une étiquette est un tyrosème, du grec ancien tyro (fromage), sémio (sens de l'image) et phile (amateur de). Idem pour l'ornithologie : du grec ancien ornis (oiseau) et logos (connaissance). Il s'agit donc d'une branche de la zoologie portant sur l'étude de la gent emplumée. La tyrosémiophilie a ceci de commun avec l'héraldique : il n'est rien qui lui soit étranger. La thématique est ouverte à tous les domaines.

samedi 30 août 2014

Les oiseaux par l'image

En complément de l'article de Pierrette sur les oiseaux en héraldique et dans la poésie, voici une série de belles planches éditées par les Imageries d’Épinal. Un lien direct renvoie à la page de Wikipédia consacrée aux espèces illustrées.

Les oiseaux tombés du ciel

Les oiseaux : leur langue, poésie et héraldique...

Au royaume de Flore

Au royaume de Flore, Scarabée est le messager des amours florales. On apprend aussi que Sauterelle est secrètement amoureuse de Rose et que les Bourdons aiment le bon vin, tandis que Grenouille-Verte fait sentinelle... Six petits poèmes pour les petits et peut-être même pour les grands. Un peu de douceur dans un monde de brutes.

vendredi 29 août 2014

Les plantes emblématiques

Le cyprès est l'emblème de la force, du deuil mais aussi de la vie éternelle ; l'iris devint la fleur de lys, l'emblème royal ; le laurier protège contre les forces surnaturelles ; dans l'hindouisme, le lotus symbolise la naissance divine ; l'olivier symbolise la miséricorde divine ; la palme du palmier est l'emblème du triomphe...

Plantes singulières : les cactus

La famille des cactées, qui compte environ 900 espèces, est originaire du continent américain. Elle se rencontre des deux côtés de l'équateur : au sud jusqu'au Chili et au nord jusqu'au Canada, mais tout particulièrement au Mexique où l'on trouve les fameux cactus-cierges géants. Quelques espèces, comme par exemple le figuier de Barbarie, se sont naturalisés dans le midi de l'Europe, en Asie et en Afrique. Ce sont des plantes géantes, pleines de suc, vivaces, munies de bosses, d'épines, de piquants ou de soies ; pour la plupart, elles portent de grandes fleurs de couleurs superbes et de parfum agréable.

jeudi 28 août 2014

La fête des fleurs - Floralia, Rosalias et Veneralia

Dans toutes les cultures et à toutes les époques, les fleurs ont toujours fait l'objet de célébrations particulières. Ces manifestations publiques perdurent un peu partout et nombreuses sont les villes qui honorent la déesse Flora.

Octave Mirbeau (1848-1917) : Le concombre fugitif

Je vous dirai que j'aime les fleurs d'une passion presque monomaniaque. Les fleurs me sont des amies "silencieuses et violentes", et fidèles. Et toute joie me vient d'elles. Mais je n'aime pas les fleurs bêtes car, si blasphématoire que cela paraisse, il y a des fleurs bêtes, ou plutôt des fleurs, des pauvres fleurs à qui les horticulteurs ont communiqué leur bêtise contagieuse. Tels les bégonias, dont on fait, dans les jardins, aujourd'hui, un si douloureux étalage. Au point que toute autre fleur en est exilée, et que toute la flore semble se restreindre à cette stupide plante dont on dirait que les pétales sont découpés à l'emporte-pièce, dans quelque indigeste navet. Pulpe grossière, artificielle couleur, formes rigides, sans une grâce, sans une fantaisie, tiges molles et gauches, sans une jolie flexion dans la brise, nul parfum ne monte d'elle, et son âme est pareille à celle des poupées : je veux dire qu'elle n'a pas d'âme, ce qui est à peine croyable. Au Mexique, où il pousse librement, on assure que le bégonia est charmant. Que ne l'a-t-on laissé là-bas !

Floralies

Femme-fleur, femme-papillon... Les chromolithographies de la Belle Époque la mettent à l'honneur sous tous les angles. Elle est l'instrument par excellence de la personnification, l'icône dont la fonction est d'accrocher le regard, la porte d'entrée vers tous les domaines, un fait que nos billets précédents illustrent largement. L'Art Nouveau trouvait là un terrain d'expression très étendu. Mais nous sommes aussi aux sources de la femme-objet de la publicité, investie d'une mission basique : jouer, ni plus ni moins, le rôle de la carotte pour faire avancer les ânes bâtés de la consommation, en un grossier jeu (qui se veut pourtant subtil) de sous-entendus sexuels ou de modélisations d'un type de beauté indissociable d'un type de produit. Et ça marche ! Est-ce à dire que les cerveaux auxquels s'adressent les messages subliminaux auraient leur siège ailleurs ? Tout le laisse à penser...

George Sand : Ce que disent les fleurs (1875)

 
Quand j'étais enfant, ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique m'assurait qu'elles ne disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien du tout.

mercredi 27 août 2014

L'origine géographique des fleurs

Anémone, campanule, capucine, myrthe, pivoine, pervenche... Tous ces noms de fleurs sont chantants. Les mots eux-mêmes ont l'air parfumés. L'aubépine vient de Grèce et la balsamine d'Inde. La rose est originaire de Perse et le nénuphar du Danemark. La violette est pyrénéenne et le volubilis anglais ; la tulipe est forcément hollandaise et le cactus nous provient d'Algérie...

mardi 26 août 2014

Émile Zola : En relisant Balzac (1872)

C’est l’âge d’or. Le soleil est chaud, les vendanges mûrissent, Versailles dort, la France joue aux jeux innocents. (...) Moi, je me suis mis dans l’ombre, et je relis Balzac. (...) C’est une lecture forte. Elle n’est pas bonne pour les poltrons de la vie. Elle a une senteur humaine qui fait aimer les forces actives de l’homme. C’est un monde louche et terrifiant, mais c’est un monde. La machine est si puissante, elle fonctionne avec un si large mouvement qu’on oublie les mauvais labeurs, les chairs mordues par les engrenages, pour ne voir que le colossal travail de l’ensemble.

Une curiosité héraldique : le diapré

Le diapré est un effet de style, consistant à orner d'arabesques décoratives, pour le meubler visuellement, un grand espace de champ sans meubles ni figures. Il se distingue des ombres en ce que l'entrelacs n'évoque pas manifestement la bordure d'une figure identifiable, et se distingue du paillé (qui se blasonne) par l'absence d'anneaux ou de silhouettes de figures. Le diapré n'est pas un émail, mais un enrichissement de style destiné à meubler et valoriser les à-plats. Il ne se blasonne pas. Il se définit comme un attribut.

Le tonneau en héraldique

Le cintrage du bois à chaud est connu très tôt des Celtes, des Phéniciens et des Égyptiens, notamment dans la fabrication des bateaux. La substitution progressive du tonneau (plus léger, roulable et plus facilement transportable à dos d'animal) aux amphores (lourdes, fragiles, peu empilables) se répand dans la partie septentrionale de l'Empire romain à partir du IIe siècle où il est principalement utilisé pour la conservation et le transport du vin qui se faisaient jusqu'alors dans des amphores grecques.

L'amphore en héraldique

L'amphore est un récipient de création méditerranéenne qui servait pour la conservation des produits et à leur transport pour le commerce. Les premières amphores ont été trouvées en Phénicie ; elles datent du 18ème siècle avant notre ère. Les Phéniciens, commerçants et navigateurs, ont sans conteste contribué à répandre l'usage de l'amphore dans le monde méditerranéen.

lundi 25 août 2014

La cruche et le pichet en héraldique

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse... Alors ne sois pas cruche et arrête de t'exposer... On trouve des traces de ce proverbe dans Le Roman de Renart, ce qui, en vieux français, donne : tant va pot à l’eve que brise". Au XIIIe siècle, le moine et trouvère Gautier de Coincy l’utilise dans l’un de ses textes. Le sens de ce proverbe est qu'à force de s'exposer au danger on y succombera. En héraldique, la cruche et son cousin le pichet sont plutôt des meubles rares quand on songe à la quantité de vin produit en France (45 millions de hectolitres en 2013) et bu par les Français (31 millions de hectolitres en 2011)...

Le vase, l'aiguière et le calice en héraldique

Par sa forme, la grâce de ses courbes et sa fonction de réceptacle, le vase est un symbole féminin. Son creux évoque celui de l'utérus, le  féminin, contenant les fluides vitaux. Dans l'art et les rites funéraires, le vase apparaît parfois comme l'emblème de la vie éternelle. Le symbolisme de la coupe (le calice) est, quant à lui, liée à deux connotations opposées : l'une positive, signe d'un destin favorable (dont elle préfigure les agapes, donc la joie et le plaisir) ; l'autre défavorable, en ce qu'elle évoque un destin funeste. Souvent, pour exprimer l'idée de châtiment, de jugement divin contre l'ennemi, on utilise l’expression « boire la coupe », ou même « boire la coupe de la colère de Dieu ».

Grandes figures féminines de l'Antiquité

Sapho de Lesbos, Salammbô de Carthage, Sémiramis de Babylone, Cléopâtre d’Égypte, Thusnelda la Chérusque, Agrippine de Rome... autant de femmes qui ont marqué leur époque et l'Histoire.

dimanche 24 août 2014

American Duchess ou l'esprit baroque retrouvé

http://americanduchess.blogspot.fr/
Mesdames, si vous aimez la belle chaussure, mais vraiment belle, distinguée et de qualité, et plus particulièrement l'escarpin, sans vous ruiner ; si vous ne craignez pas d'être décalée de notre époque (qui est elle-même décalée de tout), alors faites un tour du côté d'American Duchess. On y reconstitue avec bonheur les souliers de nos aïeules - qui avaient du goût - et les costumes d'époque, avec une prédilection pour le XVIIIe siècle.

Expressions pittoresques de la langue française 3

Si vous avez toujours soif, peut-être êtes-vous altéré comme un carillonneur. Si vous êtes bâti comme un Hercule et fort comme un Turc, pensez tout de même à vous muscler un neurone de temps à autre...

Jean-Charles Contel : Pages du vieux Paris (1921)

En regardant les dessins de Jean-Charles Contel, on pense à ces vieilles malles mystérieuses que l'on découvrait dans le grenier de grand-mère et qui, ouvertes par des jeunes mains curieuses, étalaient des trésors surprenants : des crinolines, des uniformes de la garde nationale, de minuscules ombrelles, parfois un bonnet d'ourson, un hausse-col en cuivre et des boîtes éventrées d'où glissait tout un peuple de photographies mangées par la lumière des anciens jours.
Pierre Mac Orlan (1921)

Honoré de Balzac : Ce qui disparaît de Paris (1845)

Déjà de son temps, Balzac regrettait la transformation de Paris et ce qui disparaissait irrémédiablement. Déjà il déplorait la hausse des prix et la surenchère des loyers parisiens. De ce côté-là, les choses ont plutôt empiré, au point d'en être indécentes... Que dirait Balzac ? Ce texte de l'écrivain, peu connu, est extrait d'un ouvrage collectif paru en 1857. 

Encore quelques jours, et les piliers des Halles auront disparu, le vieux Paris n'existera plus que dans les ouvrages des romanciers assez courageux pour décrire fidèlement les derniers vestiges de l'architecture de nos pères ; car, de ces choses, l'historien grave tient peu de compte.

Rose Harel, servante-poète (1826-1885)

Rose Harel, née le 8 avril 1826 de père inconnu et d'une mère fileuse et journalière, fut tisserande à Vimoutiers, puis servante à Pont-l’Évêque et à Lisieux. Elle a appris à lire presque seule vers sa treizième année en découvrant dans un grenier le Télémaque de Fénelon. Plus tard, une amie lui a donné des leçons d’écriture le soir. Cette «illettrée qui faisait des vers et brûlait ses sauces» s’est alors mise à étudier à l’âge de trente ans l’histoire, l’antiquité grecque et romaine, la littérature européenne, la philosophie.
Marie de Besneray l'a arrachée à sa condition et recueillie. Rose Harel a laissé deux volumes, tous deux édités par souscriptions, avant de mourir, le 4 juillet 1885, d’une maladie de poitrine contractée dans les lieux malsains où elle avait passé sa jeunesse à travailler. Deux autres textes font suite à celui de Marie de Besneray, signé, l'un, par Raoul Jacquemin et l'autre, par Raymond Bazin, tous deux parus en 1902.

Le signe de la Vierge

Le signe astrologique de la Vierge, qui concerne les personnes nées entre le 24 août et le 23 septembre, est lié à l’élément classique de la Terre, qu'il partage avec le Taureau et le Capricorne. Trois mots-clef synthétisent le signe de la Vierge : Analyse, Critique et Raison. Le signe de la vierge est réputé très observateur, efficace et utile mais il peut être parfois inflexible et têtu. Une Vierge se reconnaît à cette expression récurrente : « Oui, mais... » La mythologie grecque l’identifie à la déesse de la Justice, Thémis ou Astrée (fusionnant avec sa demi-soeur Artémis), qui aurait quitté la Terre par dégoût de la grossièreté des hommes (on la comprend...). Depuis lors, la Vierge est traditionnellement représentée portant la Balance, ainsi qu’un épi de blé. 

samedi 23 août 2014

Paris, certains jours

Les nuages bien cotonneux, tels des morceaux d'ouate, flottaient benoîtement dans l'azur en un cortège bien ordonné. On eût dit des blancs en neige dans une crème anglaise bleue. L'air était certes un peu frais pour la saison mais l'atmosphère avait cette légèreté de certains matins d'avril, quand le printemps s'installe sans hâte, dans un bourgeonnement tranquille en mille nuances de vert. Ainsi les derniers jours de ce mois d'août semblaient vouloir se gorger d'un été finissant et adouci, jouir de sa maturité irradiante, enveloppante, presque tendre. Même les rues, pourtant pleines de monde, respiraient cette tranquillité rentière et le rythme des choses était comme apaisé. Il faisait bon marcher le long des façades endormies et des boutiques assoupies. Paris redevenait cette enfilade de villages cossus et de rues pittoresques que les touristes arpentent avec étonnement et bonheur. C'était un peu comme si la reine des cités avait pris des airs de duchesse de province affranchie de l'étiquette de la Cour ; comme si la grande ville, altière et inaccessible, avait laissé là son affectation pour se laisser aborder, sentir, toucher... Respirer Paris, cela conserve l'âme, écrivait Victor Hugo. Il faut du temps pour le comprendre. Paris ne s'offre pas au premier venu. Jamais.

Expressions pittoresques de la langue française 2

L'usage de la métaphore est vieux comme le monde... Les mules se font rares mais on est toujours aussi entêté. Il n'y a plus de sorcières -croit-on - mais la méchanceté fait des progrès chaque jour. De même, l'usage des bonnets de nuit s'est perdu mais la tristesse ne s'est jamais si bien portée.

vendredi 22 août 2014

Histoire et histoires de la mode : le blog de Cameline

http://www.cameline.org/
Un blog aux petits soins pour la peau, aux petits soins pour soi. Un blog sur les femmes et la féminité, sur leur beauté et leur histoire ... Des histoires, des articles et des documents sur la mode, depuis la Préhistoire jusqu'à nos jours. Euh... mais pas l'ombre d'un blason...

Maria d'Anspach - La modiste (1841)

Il est dix heures : Paris s’éveille, les magasins sont ouverts. Quelques promeneurs longent le boulevard pour respirer l’air du matin et secouer l’engourdissement du sommeil ; des commis se rendent à leurs bureaux ; des femmes d’extérieur modeste, des jeunes gens en habit du matin vont au bain ou en reviennent ; de diligents célibataires entrent dans les cafés pour déjeuner et lire leurs journaux. Si, parmi tous ces individus d’aspect différent, vous voyez passer une jeune fille à la tournure dégagée et libre, qui marche vite, est mise avec plus de coquetterie que de bon goût, jette un coup d’œil curieux sur tout ce qui l’entoure, et prête, chemin faisant, l’oreille aux galants propos des jeunes gens qui la suivent ou s’arrêtent sur son passage ; – c’est la modiste. Suivez-la vous-même un instant, et vous la verrez se rendre à un magasin où les demoiselles de vente l’ont déjà devancée pour faire leur brillant étalage.

Henri Coupin : les plantes qui tuent

Dernier volet d'une série consacrée aux plantes, du botaniste Henri Coupin (1868-1937) qui fut, en son temps, préparateur de botanique à la Sorbonne, auteur de manuels scientifiques et vulgarisateur de talent.

Faites-moi un peu d'air, je vous prie

Bon, la météo actuelle n'appelle guère à s'éventer. On serait même plutôt tenté de se donner du souffleur thermique. L'arrière-saison est déjà bien marquée en cette fin du mois d'août. De ce fait, les petits vendeurs d'éventaux vont devoir s'avancer sur les marrons chauds. Qu'à cela ne tienne et ne nous empêche pas de consacrer un petit billet à cet accessoire estival dont l'usage est attesté dès l'Antiquité.

Industries manuelles pour doigts de fées

Dentelle, broderie, portrait miniature, peinture sur porcelaine, fabrication de fleurs artificielles et marquage-poinçonnage sur cuir sont des arts décoratifs manufacturiers mais également des activités de loisir dont certaines connaissent un regain d'intérêt. Tandis que d'un côté, on se laisse aller au consumérisme effréné, de plus en plus de personnes redécouvrent les vertus et la fierté du fait-main. 

Les grandes activités humaines

L'agriculture, l'industrie, le commerce, les sciences, les arts et la navigation vus à travers l'imagerie du 19ème siècle.

mercredi 20 août 2014

La pensée du jour : Charles Péguy (1873-1914)

Côte à côte nous montions cette route. Il faisait un temps de chien. Vous étiez enveloppé d'un grand manteau brun. Une sorte de bure. Moi aussi je crois. Nous nous taisions. Heureux ceux, heureux deux amis qui s'aiment assez, qui veulent assez se plaire, qui se connaissent assez, qui s'entendent assez, qui sont assez parents, qui pensent et sentent assez de même, assez ensemble en dedans chacun séparément, assez les mêmes chacun côte à côte, qui éprouvent, qui goûtent le plaisir de se taire ensemble, de se taire côte à côte, de marcher longtemps, longtemps, d'aller, de marcher silencieusement le long des silencieuses routes. Heureux deux amis qui s'aiment assez pour (savoir) se taire ensemble. Dans un pays qui sait se taire. Nous nous taisions. Nous montions. Depuis longtemps nous nous taisions.

mardi 19 août 2014

Les grands seigneurs féodaux d'Angleterre

Au sein du royaume d'Angleterre, la féodalité n'a été introduite qu'avec la conquête normande. Elle a eu beaucoup de mal à s'implanter, et a pris fin avec la dynastie des Tudors et la Renaissance anglaise (XVIe siècle). Toutefois elle a subsisté en Écosse jusqu'en 2001 et resta en vigueur sur l'île de Sercq jusqu'au 4 octobre 2006.

François Coquille - La fruitière (1840)

Quand on s’est promené dans Paris, et que l’on a passé en revue ces boutiques étincelantes de dorure, aux marbres précieux, aux glaces richement encadrées, véritables salons où le chaland confus n’ose pas entrer, et dont il s’éloigne avec son argent, on s’arrête avec plaisir devant le modeste étalage de la fruitière. Rien n’est plus frais, et ne repose plus agréablement les yeux et la pensée.

Henri Coupin : les plantes qui guérissent

Henri Coupin (1868-1937) inventorie 34 plantes essentielles, sinon guérisseuses, du moins soigneuses. Les textes de ce botaniste de renom, qui se lisent comme des histoires, sont encore une référence puisque son ouvrage, paru en 1904, est toujours en librairie, la dernière édition remontant à 2013.