Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa quatrième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 35 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

jeudi 2 juillet 2015

Vicki Genfan - Blow Out That Flame

Liberté

Toile de Karol Bak

Ne crois surtout pas que je me prenne pour quelqu'un
Ni même que je me pique d'une quelconque importance ;
Je ne suis qu'une pauvre mortelle, comme un chacun ;
J'essaie de traverser au mieux mon existence

Sans sacrifier au Veau d'or ni à ses idoles
Annexes qui ont toutes le masque de la vanité ;
Je ne fais pas semblant de donner mon obole
Pour duper ma conscience prompte à la fatuité.

Je ne fais pas non plus mes prières rituelles
Pour faire plaisir à quelque dieu dominateur.
Pratiquer c'est mener une vie spirituelle

Dans la vie elle-même, en tous ses instants uniques ;
Observer les gens est plutôt révélateur :
Rares ceux qui sont libérés de l'instinct clanique.

Le spectre à trois faces
Sur le chemin des étoiles

Serenity

Painting by Karol Bak

Between night and day,
Time stops its blind race,
Solitude wins.

Sea, ground and sky are still,
A hidden world is revealed.

Esther Ling

Amazon

 

This world does notcare
It is blind, deaf and tongue-tied.
Recklessness reigns.

You, Messiah, you are asleep
But the amazons don’t give up.

Esther Ling

Vicki Genfan - Jamanolo

video
Painting by Bec Winnel

mercredi 1 juillet 2015

Considérations religieuses

Toile d'Anita Arbidane

Des sept religions qui ont cours en Héraldie,
Laquelle correspond le mieux à mon caractère ?
Mon cœur penche plutôt pour le jardin de féerie
Où l'on célèbre la rose qui est la fleur-mère.

Pourtant, point ne me déplaît d'aller voir ailleurs
Si l'herbe, comme tu le dis l'Ami, n'est pas plus verte ;
Mais je crains d'être un élément torpilleur
Ou du moins de tenir les dévots en alerte.

Chacun façonne son dieu à son bonne convenance ;
L'essentiel est qu'il y ait le moins de dissonance
Entre ce que dit la bouche et ce que fait la main ;

Et c'est bien là, trois fois hélas, que ça se gâte !
Lors, tout bien pesé - inutile que je me tâte -
Je demeure en celle dont je sais les lendemains.

Le spectre à trois faces
qui ne croit que s'il croît.

Solitude d'une sirène

Toile de Victor Bauer (né en 1969)

Ô sirène, combien de temps restes-tu assise
Ainsi sur le même rocher battu par les flots ?
Guettes-tu le retour de celui dont tu t'es éprise,
Un beau jour où tu le rencontras en ces eaux ?

À moins que tu n'attendes un marin de passage,
Navigateur solitaire qui sera la proie
De ton amour que l'on prétend anthropophage ?
Comment toi, si belle, pourrais-tu jeter l'effroi ?

Longs sont les jours d'attente ! Ô cruelle solitude !
Toi, dont le chant est si beau ; quelle ingratitude !
Ton âme est triste et tes larmes se mêlent à l'océan.

Je me reconnais bien en toi, gentille sirène,
Car moi aussi j'ai souventefois le cœur en peine ;
La vie n'est-elle donc qu'un voyage vers le néant ?

ML, Les nuits de Chelsea

Confrérie de gueules

Composition de l'auteur

Dans l’air nous suivons la voie lumineuse,
Comme Dupanloup volant en ballon ;
Planant bien plus haut que l’herbage blond,
Faisant moins de bruit qu’une moissonneuse.

Passant par-dessus montagne et vallon
En la compagnie de l’oie ricaneuse,
Sans daigner ouïr le chant des glaneuses
Que nous n’aimons point, car il est trop long.

D’un de nos pareils, quand survient la chute,
On se réunit, puis on en discute ;
On le fait soigner dans un vieux manoir.

Une fois guéri, que de tintamarre !
Les gens du château en ont vite marre,
Nous déguerpissons, sous leur regard noir.

Cochonfucius

Rêveur de mondes

Composition de l'auteur

Dans le sable des nuits rêvait le Bouddha d’or.
Il voyait un coq d’or, un démon pris dans l’ambre,
Un séraphin d’avril, une nef de novembre,
Un vieux dragon d’argent parlant un jargon mort.

Au-devant d’une auberge, un cheval taciturne
Buvait un alcool fort, aux lueurs des flambeaux ;
Le roi des animaux, couché près d’un tombeau,
Écoutait la chanson d’un grand iris nocturne.

Le bouddha d’or songeait, dans le sable des nuits ;
De ce songe divin furent éclos neuf mondes
Et leurs neuf firmaments s’étendant sur les ondes.
Quand il s’est éveillé, tout ce beau monde a fui.

Cochonfucius

A country


Poetry, art, heraldry –
But a funny one.

This is a place to dream,
It is like a schoolyard.

Esther Ling

La Roue des Anges 15 - les Anges de juillet

Selon la tradition cosmogonique occidentale et la Kabbale du Judaïsme, les 72 anges se relaient et partagent leur influence selon une période de 5 jours (pour l'ange physique), journalier (pour l'ange émotionnel) et horaire, par tranches de 20 minutes (pour l'ange spirituel). 

L'ange physique : c'est l'ange de nos réalisations sur le plan terrestre. 

L'ange émotionnel : c'est celui qui tente de nous aider sur le plan relationnel, à gérer nos pensées, nos actes, nos humeurs. 

L'Ange horaire : c'est celui qui a en charge notre spiritualité, voire notre karma, c'est-à-dire le contenu de notre parcours terrestre et donc aussi notre destinée. 

Quand leur nom se termine en el, cela indique un attribut intérieur masculin et en ah, un attribut intérieur féminin. L'orthographe peut varier : ainsi, par exemple, Jéliel s'écrit parfois Yeliel ou Ieliel. (Ci-contre à gauche, toile de Daniel Gerhartz)

mardi 30 juin 2015

Aigle prêcheur

Composition de l'auteur

Un grand aigle prêcheur, qui nul mal ne tolère,
Dit qu’à faire du bien, l’homme est avantagé ;
Qu’il faut laisser le temps éteindre la colère,
Et savoir écouter, et savoir partager.

Au bélier du jardin, il dit de ménager
L’art du cultivateur, qui lui vaut son salaire ;
Au blaireau du sous-bois, de ne point s’enrager,
Même contre un goupil, qui a tout pour déplaire.

Bientôt, les animaux, cessant d’être rivaux,
S’en vont vers le succès, unis dans leurs travaux,
Satisfaisant ainsi du prêcheur la requête.

Mais notre beau parleur, de son succès jaloux,
Sermonne d’autant plus, pour enfoncer le clou :
Un vain orgueil a fait de son cœur la conquête.

Cochonfucius

Dolmen du troll des cerises

Composition de l'auteur

Quand le troll biscornu quitte la vague fière,
Il tire de la mer de grands blocs minéraux ;
C’est alors, rassemblant ses forces de héros,
Qu’il assemble un dolmen, presque un palais de pierre.

Pour la nef des humains, c’est un point de repère :
Ils visent le dolmen par beau temps, par temps gros,
Et se trouvent au port aussitôt, sans accroc ;
Et tous disent au troll : Merci à toi, compère !

Cochonfucius

Le vieil homme et la peinture

 Toile de Rafael Zabaleta Fuentes (1907-1960)

C'était un très, très vieil homme et une très, très belle peinture. 
Lui, bien que n'ayant que ses souvenirs et ses pots, ne savait plus d'où elle venait. Aussi loin qu'il pouvait regarder, elle avait toujours été là, sur l'étagère en bois. Près des fleurs. 
Mais jamais il ne l'avait utilisée. A cause de la vie, tu sais. 
Or aujourd'hui était différent. Aujourd'hui, il allait peindre. 
Il se leva et attrapa tous pinceaux, couleurs et palettes que ses dix doigts lui permirent. A défaut d'une toile, il avait quatre murs, un sol et un plafond. 
Alors il commença. 
Au-dessus de sa tête, il déchira le plâtre qui entraîna dans sa chute quelques étoiles. 
Il peignit le ciel autour de ces dernières, déroulant au passage quelques nuages crémeux pour leur tenir chaud. Il saupoudra les nuances de la lavande sur son lit et fit voler les oreillers en éclat, libérant leurs plumes en oiseaux dorés. 
Il ouvrit une porte nouvelle, peignit tout ce qu'il y avait derrière, ferma les yeux et fit le vœu d'un jour s'y promener. 
Il créa un monde que seul le temps craquelle. 
Il était roi, maître de cette terre figée. 
Mais son cœur courait plus vite que son esprit, et bien vite, le rattrapa. 
L'évidence le frappa : il ne savait peindre l'amour !
Il essaya d'un pâle rose, de beige et d'un profond rouge. Mais ce n'était ni chair, ni peau, ni sang qui le fixait aveuglement. Elle était assise sur un fauteuil, poupée immobile.
Lorsque le blanc lui offrit des dents et que le parme étira ses lèvres, elle sourit à perpétuité.
Mais le rire. Jamais elle ne riait.
Jamais elle ne pleurait.
Jamais elle n'allait mourir car jamais elle n'allait vivre.
Non, il n'a jamais su peindre l'amour.

Cueilleuses d'étoiles


Où qu'elle aille, je la suivrai ; et quoi qu'elle fasse,
Je le ferai ; je marcherai sur son chemin ;
Je ne suis pas son ombre car point ne m'efface ;
Fortes ou faibles, nous nous tenons toujours la main.

Si elle tombe, je la relève ; quand c'est moi, c'est elle ;
Ses désirs sont les miens ; est-ce folie ou raison ?
Peu m'importe dès lors que ma vie s'en trouve plus belle !
J'en remercie le Ciel et lui fait mon oraison.

Ensemble, nous pansons les maux qui nous désarment,
Comme ensemble nous pensons les mots qui nous arment ;
La poésie est la langue de l'âme et du cœur.

Chacune est tour à tour le pinceau ou la toile
J'irai avec elle, là-haut, cueillir les étoiles
Et boire la sève d'amour qui est divine liqueur.

lundi 29 juin 2015

Dolorosa


Quelle est cette obscure angoisse qui parfois étreint
Mon cœur, certains soirs, quand je suis en ma demeure ?
Quel est ce feu ardent qui jamais ne s'éteint
Et me consume ? Ce cri étouffé : je me meurs !

Cela vient si subitement, sans s'annoncer ;
Ce quelque chose en moi qui monte et qui m'emporte ;
J'ai alors beau respirer et me semoncer,
Rien n'y fait, cela me dévore, me laisse comme morte !

Mon Dieu ! Quelle est cette infinie tristesse en moi ?
Je pleure, l'âme déchirée, écrasée d'impuissance ;
Je tombe à genoux ; bientôt, je perds connaissance ;

Mon amie accourt, affolée, tout en émoi ;
J'ouvre les yeux et lit dans les siens la détresse ;
Les mots qu'alors elle me murmure sont douces caresses.

ML, Les nuits de Chelsea

Freedom


The song of the wind
Tells me that freedom is not
A gift but a fight.

Obscurantism is the
Foe wherever it comes from.

Esther Ling

De la trahison d'Einstein au théâtre de Marivaux

Ce soir-là, ils avaient normalement prévu d'assister à une représentation de la Trahison d'Einstein, alors à l'affiche au Théâtre Rive Gauche. La pièce, écrite par Éric-Emmanuel Schmitt, met en scène deux personnages excentriques qui se sont rencontrés sur les rives d'un lac du New Jersey. L'un est Albert Einstein lui-même, le physicien de génie, interprété par Francis Huster ; l'autre est un vagabond en rupture avec la société, interprété par Jean-Claude Dreyfus, un acteur qu'ils aimaient bien. Cette comédie, que beaucoup de critiques avisés s'accordaient à trouver intelligente, grave et parfois drôle, imagine le conflit moral et le déchirement de celui dont les théories permirent de fabriquer la machine à détruire toutes les machines et le monde avec : la bombe atomique. À travers des conversations passionnées et parfois bouffonnes, sombres et chimériques que mènent les deux hommes, c'est toute l'aventure scientifique et l'histoire politique du 20e siècle qui revivent. C'est surtout cet aspect qui avait donné envie à Héloïse d'aller voir la pièce. Il y avait là une synthèse intéressante à découvrir, une vue synoptique originale qui ne manquerait pas d'être éclairante. 

Ange-hibou

Composition de l'auteur

Un hibou magicien traverse le ciel clair ;
Je vois qu’il est porteur d’une lance de frêne
Dont il a terrassé, plus vif que les éclairs,
Un vieux démon-cheval dont le cœur est en peine.

Si nombreux autrefois, les monstres, les sirènes,
Où sont-ils, désormais ? Les verts bois sont déserts
Où régnait le roi Pan qui jamais n’eut de reine ;
Sa flûte ne joue plus, dans le calme des airs.

Même, des petits trolls, les incessants murmures
Ne se font guère entendre au travers des ramures,
Ce monde est refroidi, perdu, désenchanté.

Au loin, sur la colline, un Bouddha solitaire
Contemple le ciel vide, et s’entraîne à se taire,
Puisque les lendemains ont fini de chanter.

Cochonfucius

Monde d'argent et d'or

Composition de l'auteur

C’est, loin de tout le reste, un monde sans chemins,
Où des dieux de sinople au rire s’abandonnent ;
Les rares habitants ne font rien de leurs mains,
Admirant, tout le jour, un jardin sans automne.

Leur plus belle musique est le cri des oiseaux
Qui, beau fruit enchanté, tombe du haut des arbres ;
On y entend aussi la chanteuse des eaux
Qui vient s’asseoir, très tard, sur les perrons de marbre.

L’hexapode est rêveur, dans cet air radouci,
Le roi des animaux médite dans la brume ;
Tous deux vont saluant les petits dieux assis
Dont le regard rieur bannit toute amertume.

Cochonfucius

dimanche 28 juin 2015

Prière

Toile de Sophie Wilkins

Il est deux personnes que j'aime plus que tout au monde ;
Sans elles, ma vie ne vaudrait plus d'être vécue ;
Le ciel ne serait plus bleu et la terre plus ronde ;
Je serais défaite, définitivement vaincue.

Et dans mon cœur qui point ne partage, elles sont une
Seule, même si la vie, hélas, nous sépare souvent ;
L'une est Soleil et l'autre Terre ; je suis leur Lune ;
Elles sont mon aube du monde et mon matin levant.

La première m'invite à monter vers la lumière
Et la seconde à m'incarner dans la matière ;
J'ai réussi à trouver la paix dans mon cœur.

Univers, garde-nous, jamais ne nous sépare !
Veille bien sur nous et sois notre plus sûr rempart !
Qu'à jamais l'amour des siens soit le vrai vainqueur !

Les sept églises

Composition de l'auteur

De sept églises d’or notre pays s’honore ;
Plus belles n’en sont point, autre part, sous les cieux.
Nous les voyons briller, un régal pour nos yeux,
Ainsi que pour nos cœurs que la piété dévore.

Aussi, nous entendons nos sept clochers sonores,
Aux beaux accords desquels vibrent jeunes et vieux,
Comme jadis vibraient nos louables aïeux,
Comme nos descendants en frémiront encore.

Nous avons d’autres dieux, d’étranges animaux
Qui jamais n’ont daigné vivre dans un enclos ;
Nous devons respecter leur liberté divine.

Mais lequel pourra mieux remettre nos péchés,
Ou le temple brillant, ou l’animal caché ?
Telle est, dans ce pays, la question qu’on rumine.

Cochonfucius

Bœufs de sable

Composition de l'auteur

Nous suivons la route sûre,
Longeant vallons et coteaux ;
Entre des murs de verdure
Va notre vaillant troupeau.

Le coq d’or franchit l’abîme
En se montrant courageux ;
Le transporte un roi sublime
Dans un azur orageux.

Nous suivons la voie certaine
Sans trouver le chemin long ;
Vers une étable lointaine,
Parmi coteaux et vallons.

Nous sommes la troupe errante
Des grands bœufs silencieux ;
Notre route est transparente,
Comme les routes des cieux.

Considérations patachonnes

Toile de Sophie Wilkins 

Si je me bouche les oreilles, c'est pour bien filtrer
Les lourdes fadaises que la jean-foutrerie ambiante
Déverse dans les cerveaux que l'on cherche à châtrer,
Sinon à noyer dans les paroles poudroyantes.

Si dans ma main est posée une fleur de lotus,
C'est pour signifier la valeur spirituelle
Que je donne à mes actes ; je réserve le cactus
Pour piquer l'hypocrite mollesse consensuelle.

Mon doigt sur la bouche dit que le silence est d'or,
De même qu'il ne faut pas jeter ses perles aux porcs ;
Je n'ai pas l'âme à servir la soupe aux cochons.

Je suis le spectre à trois faces qui dit et pense
À rebrousse-poil, dans un monde qui emplit sa panse
De déchets et qui mène une vie de patachon.

Le spectre à trois faces
Ils peuvent toujours courir !

Semailles

Toile de Karen Noles (Native American), Wind Whispers

Mes mots sont des graines sur lesquelles souffle mon âme ;
Ils contiennent le germe de ce que j'ai de meilleur ;
Ils disent, mes amis, combien je me sens femme ;
Car l'amitié m'est douce, vous en êtes les veilleurs.

Que nos mots soient tel le pollen de la fine fleur
De nos pensées afin que celles-ci se fécondent
Entre elles et portent au loin de l'amour la chaleur
Autant que la lumière ; là où le cœur abonde,

L'esprit surabonde ; car l'honneur rendu au corps
Doit de même se marquer à l'être, sans discord.
La noblesse, c'est se tenir debout dans l'instant

Car sans cette justesse-là, il n'est point de justice ;
C'est par la pleine présence que nous sommes les prémices
D'un monde partagé car c'est en nous qu'il attend.

ML, Le chemin des étoiles

Love Wins

Be proud to be who you are ! #LoveWins

Couleurs

video
 Musique : Modern Tradition

L'Ami, si je peins mon corps de certaines couleurs
C'est parce que j'aime qu'il soit à l'image de mon âme
Et de mon cœur, envers et contre la pâleur
De ce monde terne qui se maintient par la réclame

Que les camelots disjonctés de la pacotille
Martèlent à longueur de temps sur les plats écrans ;
Qu'ai-je à faire de leurs fades sourires d'âmes en guenilles ?
Je me fiche de ces fats qui ne sont d'aucun rang !

Ils te vendent la pensée en boîte avec de belles
Étiquettes, avec des options pour les rebelles
Qui s'imaginent qu'une posture leur donne un état.

Leur psychologie à la noix pour ménagère
Aplanit les sentiers de la future rombière ;
C'est dire que j'ai la nausée de leurs excrétas.

samedi 27 juin 2015

Francis Jammes : le poète et l'inspiration

Toile de Léon Girardet (1857-1895), Le poète

Le poète est ce pèlerin que Dieu envoie sur la terre pour qu'il y découvre des vestiges du Paradis perdu et du Ciel retrouvé.

Le poète est ce pauvre assis à midi sur le perron du vieux jardin où le premier homme et la première femme furent si beaux. Il tient dans sa main sa sébile, et, son chien à ses pieds, il demande aux passants distraits, et à Dieu même, l'aumône de la beauté qui fut, qui est et qui sera.

Mais les passants ne daignent point jeter les yeux sur lui, ils ne voient pas la douleur de ce regard. La seule créature qui ait compassion en silence est le chien immobile. . . . . Mais Dieu laisse choir dans la sébile du pauvre poète l'azur du ciel tout entier.

Ici Londres ! Des Terriens parlent aux terrés

Toile de Sarah Joncas

Ici Radio Londres ;
Des Terriens parlent aux terrés ;
On peut désormais confondre
Les verbes s'affairer et errer.

Essayez voir, braves gens
De retirer trop d'argent...
Les valeurs s'affaissent,
Serrez bien vos fesses !

Si hier vous fûtes tous Charlie,
Demain ce sera un délit.
Les gouverneux nous la racontent
Mais ils n'en ont aucune honte

Car sans fin est le nombre des imbéciles
Qui vivent et pensent comme des débiles.
Chaque jour, lavez-vous bien le cerveau ;
C'est à l'abattoir que finissent les veaux.

À Madison : bientôt au Kensington Square ;
As usual, it will be sitting on a lawn chair.
Long est le chemin du retour.
Le fleuve ne change pas son cours.

Over.